Mot clé : Irlande
Dimanche soir à 20h30 heure locale, le Premier ministre irlandais (le "Taoiseach") Brian Cowen, accompagné de son ministre des Finances Brian Lenihan, se sont présentés devant les médias pour annoncer le recours au plan d'aide européenne. La "twittosphère" irlandaise était en ébullition. Une aubaine pour des Irlandais à l'étranger pour suivre les événements en direct. Donc avec twitter d'un côté et la télévision nationale RTE via le web de l'autre, on était presque transporté à Government Buildings (le Matignon irlandais) à Dublin pour l'annonce historique et tant attendue.
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Et si le Président était une Présidente…
Il semblerait que la candidature de Mary Robinson ait la cote à
Bruxelles. L'ancienne Présidente d'Irlande pourrait obtenir le soutien
des 27 et décrocher le nouveau poste de président du Conseil européen
créé par le traité de Lisbonne.
Parcours européen exigé
L'espace politique,
occupé jusqu'à présent par Tony Blair, se libère pour Mme Robinson. Les
chances de l'ancien Premier ministre du Royaume-Uni de devenir le futur
"EU president" sont en effet en train de s'envoler. Malgré le soutien
affiché de Nicolas Sarkozy et de Silvio Berlusconi, il est peu probable
qu'un homme politique britannique puisse prétendre à ce poste. La place
"ambiguë" du Royaume Uni dans l'Union – hors zone euro, hors espace
Schengen et hors Charte des droits fondamentaux – joue en sa défaveur.
Dès lors, l'idée de voir un Britannique personnifier pour la première
fois l'Union européenne sur la scène internationale passe très mal dans
certains Etats membres.
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Passées les premières réactions au non irlandais, qui vont du coup de gueule (contre les dirigeants européens, contre les Irlandais, contre les "nonistes" de gauche) au coup de pompe, les militants de la cause européenne se remobilisent pour proposer des solutions à la nouvelle crise institutionnelle qui frappe l'Union européenne.
Comme en 2005, des voix s'élèvent en faveur de l'organisation d'un référendum européen. Ainsi, Jean-Pierre Bobichon de Sauvons l'Europe propose d'envisager à terme "un référendum unique au sein des Etats membres de l'Union le même jour, sur la même question en se mettant d'accord politiquement sur un seuil assez élevé de double majorité entre le nombre d'Etats membres et le nombre de citoyennes et citoyens qui se seraient exprimés et qui permettrait la validité de la consultation populaire."
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Sur le web, les opposants à la Constitution européenne, qui estimaient les Français floués par l'absence de référendum sur le nouveau traité, saluent unanimement le résultat du vote irlandais. Tous en savent gré aux Irlandais d'avoir voté "par procuration" (comme l'écrit le député Nicolas Dupont-Aignan) à la place de ceux qui n'en avaient pas la possibilité. Mais, à l'image de ce qui s'était passé en 2005, ils ne tirent pas forcément les mêmes enseignements de ce résultat.
Chez les tenants du "non de gauche", on salue une victoire du "peuple", le mot qui revient le plus souvent dans les principales déclarations. Pour Yves Salesse, de la Fondation Copernic, "il est temps de comprendre que l’Union européenne menée sans l’avis des peuples ou contre l’avis des peuples est une impasse". Même son de cloche chez ATTAC : "Quand le peuple est consulté, il répond. Écoutons-le !"
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Référendum irlandais : un air de déjà-vu…
"Nous voilà comme au 28 mai 2005. Avec un peu plus d’espoir, avec autant d’amertume, avec toujours la même question", écrit Koz. "En Irlande comme en France en 2005, des partisans du non se réfugient dans les arguments les plus fous, les plus stupides, les plus mensongers. Et ils n’en assumeront aucune conséquence".
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Le quotidien Irish Times publie aujourd'hui un sondage réalisé par TNS mrbi qui donne le "non" au traité de Lisbonne gagnant à 35 %, contre 30 % au "oui". Le nombre d'indécis est à nouveau en hausse, avec 28 % des personnes interrogées (le 25 mai il était de 26 %). Autre information : 7 % des électeurs pourraient ne pas participer au vote. La principale raison qui motive le choix des anti-Lisbonne est la méconnaissance du traité. Jean Quatremer s'agace : "si l'on ne comprend pas, on s'abstient, on ne vote ni oui, ni non. Surtout si on risque de bloquer l'ensemble du système: 2 millions d'Irlandais paralysent une Union de 27 Etats".
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En Irlande, la campagne officielle sur le traité de Lisbonne a débuté le 12 mai. Deux des derniers sondages parus sur les intentions de vote lors du référendum sont plutôt optimistes sur les chances de victoire du "oui". Le taux d'indécis reste élevé mais diminue (64 % au mois de janvier, 34 % le 11 mai et 26 % le 25 mai ). Un certain nombre d’électeurs se demande encore si le traité de Lisbonne est bon ou pas pour l’Irlande. Malgré ces résultats plutôt encourageants pour le camp du "oui", aucun n'atteint les prévisions faites à la veille du référendum sur le traité de Nice en 2001, selon lesquelles 52 % des électeurs avaient l’intention de voter pour. Des analystes espèrent que les sondages moins favorables cette fois ci motiveront les électeurs en faveur du traité.
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Pro et anti Lisbonne s'affichent en Irlande
En Irlande, la campagne autour du référendum sur le traité de Lisbonne, prévu le 12 juin prochain, bat son plein. Voici une sélection d'affiches qui jalonnent les rues irlandaises (trouvées sur le forum politics.ie) :

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Après la ratification par la France du Traité de Lisbonne, les sites qui avaient tenté de ranimer sur le Net le souffle de la campagne de 2005 contre le TCE, continuent de manifester leur profond désaccord devant la procédure employée. Les espoirs de certains "nonistes" semblent désormais se porter sur le référendum irlandais qui aura lieu au printemps.
Pour ATTAC, "l’Irlande, seul pays à organiser un référendum, peut encore mettre un grain de sable dans le mécanisme". Bellaciao, site carrefour des "nonistes de gauche", publie le témoignage d'une militante de retour d'Irlande, où elle a participé à un meeting d'opposition au nouveau traité européen : "J'ai insisté sur notre espoir, en tant que français, de voir, à travers leur expression démocratique, s’exprimer tous les autres peuples brutalisés par les procédures de ratification parlementaires. Ils en ont conscience." Une autre militante suggère de se rendre dans les pubs irlandais pour tenter de convaincre les électeurs potentiels de rejeter ce texte.
Dans un commentaire posté sur le blog de Jean Quatremer,"noncnon" poursuit : "La presse locale semble plus critique là-bas et les sondages montrent pour l'instant que 25 % des gens ont l'intention de voter oui, 10% non et le reste ne sait pas. Tous les espoirs sont donc permis". Sur le même billet, "orsio" abonde dans son sens : "Le seul espoir pour sauver l'Europe de la dictature bruxelloise est que les irlandais votent non à ce pseudo-traité"
Circule également sur la Toile le témoignage du journaliste irlandais Vincent Browne, qui relate dans un article du Sunday Business Post sa difficulté à se procurer un exemplaire du traité de Lisbonne. Une information reprise notamment par l'Observatoire de l'Europe après le non, proche du groupe souverainiste Indépendance et Démocratie, et le Collectif du 29 mai, site classé à gauche.
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