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Après s'être fait l'écho de l'appel demandant l'organisation en France d'un référendum sur le nouveau traité, le Collectif du 29 mai rappelle les résultats d'un sondage paru en mars dernier : 81 % des Français étaient alors pour la tenue d'une consultation populaire.

Selon un autre sondagé récent cité par Christophe Beaudouin sur AgoraVox, "63 % des Français veulent être consultés sur la Constitution européenne bis". Pour l'auteur, c'est même une "écrasante majorité d'Européens" qui réclament un référendum. Son article suscite beaucoup de commentaires de lecteurs qui, pour la plupart, jugent scandaleuse la décision de ne pas consulter les Français sur ce texte.


Au Royaume Uni, rappelle CaféBabel, Gordon Brown subit depuis quelque temps déjà des pressions de toutes parts pour l'organisation d'un tel référendum. Ces dernier jours, Publius s'intéresse beaucoup à ce qui se passe dans les autres Etats membres. On apprend ainsi que le gouvernement danois "n'exclut pas" la tenue d'un référendum. Si tel était le cas, le traité réformateur devrait néanmoins être adopté par les Danois. Enfin, en Tchéquie, le Premier ministre est pris à contre-pied par son propre parti qui souhaite voir le traité réformateur examiné par la Cour constitutionnelle, dont la réponse pourrait jouer en faveur des partisans de la tenue d'un référendum.

Sur le site de l'European Council on Foreign Relations, think tank récemment fondé par George Soros, José Ignacio Torreblanca revient sur la question de la ratification mais aussi sur celle de la mise en œuvre du traité réformateur : celui-ci "nous aidera à faire ce que nous voulons faire, mais pas nécessairement à savoir ce que nous voulons faire". L'auteur conclut que le futur Traité de Lisbonne "ne peut pas rencontrer l'hostilité pure et simple dont a souffert le traité réformateur, mais peut à la place souffrir de l'indifférence du public". Il invite donc les Etats membres à réfléchir dès maintenant sur "les meilleurs façons d'utiliser la phase de mise en œuvre pour renouer le dialogue avec le public". Il substitue à la question de "l'union politique" et de la tenue ou pas d'un référendum, la question de "l'unité politique".

Cette analyse rejoint finalement le commentaire de Versac au lendemain de l'accord sur le traité réformateur : "bon … passons à autre chose".

PUBLIÉ SUR VUES SUR L'EUROPE | MOTS CLÉS TRAITÉ DE LISBONNE

3 commentaires

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1. (24-10-2007) unionsbuerger

la France a donné une leçon de démocracie à l Allemagne avec son référendum. Maintenant il faudrait que le référendum soit européen.

Tous les européens devraient avoir les memes droits de choisir le cadre de leur vie européenne.

2. (25-10-2007) charles la rochelle

OI VAI VOI : L'Europe de la raison doit vaincre l'Europe de la bêtise.

Rencontre avec C.d'Alelio,Président du Groupe Politique Européen Progressiste Fédéraliste,Alliance Etats Unis d'Europe.

Ce matin, le soleil qui rayonne sur Bruxelles,le siège des institutions européennes,devrait encourager tous les citoyens à envisager l'avenir de l'Europe avec optimisme,mais le mien s'est dissipé après avoir constaté avec quelle réalisme et lucidité, le Président d'Alelio m'a confié sa préoccupation ,suite au nouveau dérapage dont les chefs des 27 pays de l'Union Européenne ont étés les acteurs hier,19 octobre 2007, au cours de leur réunion à Lisbonne.

LR. Monsieur d'Alelio ,où voyez- vous un dérapage dans
la décision des 27 prise hier à Lisbonne,donnant le feu vert au Traité en version raccourcie du Traité Constitutionnel?

d'A. Pensez-vous que le fait d' avoir annoncé aux citoyens européens,au mois de juin 2007, que le Traité Constitutionnel aurait subi pendant l'été une cure d'amaigrissement ,justifie la décision prise hier à Lisbonne par les 27 chefs d'Etat de l'UE de faire passer le Traité en force dans chaque état ,par le seul vote parlementaire ,en excluant ainsi tout recours à la consultation populaire par voie référendaire (ormis l'Irlande)? Les citoyens européens doivent prendre conscience du travail méticuleux qui a été entrepris par la lobby des radicaux du libéralisme par le biais d'un discours enchanteur véhiculé par la "socialdémocratie"dans plusieurs pays de l'UE.

LR. Le jugement que vous portez sur cette décision n'est-il pas trop sévère,finalement, les chefs d'Etat
de l'UE essaient de se remettre du traumatisme qu'il ont subi avec le NON français et hollandais ?

d'A. Monsieur la Rochelle,je trouve déjà préoccupant le fait que des Chefs d'Etat soient traumatisés par la décision prise démocratiquement par les citoyens de la France et de la Hollande,pays membres fondateur de l'UE,donc, ayant une
maturité civique européenne sans faille.D'autre part, trouvez-
vous normales les scènes d'enthousiasme délirant desquelles les citoyens de l'UE ont été témoins hier au JT , où l'on
voyait des chefs d'Etat se donnant à des embrassades ,coupe de champagne à la main, dignes d'une finale de coupe des champions entre le Liverpool et la Juventus !

LR. En effet, la scène était plutôt grottesque...

d'A. L'enthousiasme de l'Europe passe avant tout par le bien-être des citoyens européens .
Mais comment peut-on parler de bien-être,quand, face à un Traité Constitutionnel très contreversé, au lieu d'ouvrir un vaste débat politique sur le devenir de l'Union Européenne,on a préféré prendre un raccourci qui s'est traduit par un faux semblant de conférence intergouvernementale, pendant l'été 2007 ,lequel a accouché aujourd'hui d'une souris sous forme de Traité simplifié.Le raccourci pris par les chefs des 27 pays de l'UE est très périlleux car, par leur inconscience politique ,ils sont en train de miner les bases mêmes de la démocratie européenne qui a la même valeur que la démocratie athénienne de Socrate ,existant dans la Grèce ancienne. Notre système démocratique est envié dans le monde entier;c'est un système qui a été mis en place ,il y a soissante ans,par des hommes comme: Monnet,Schuman,De Gasperi,Spaak et Adenauer.
Des hommes qui ,par amour pour l'humanité, ont permis
aux peuples européens d'aboutir à une paix solide que l'Europe n'avait jamais su réaliser en vingt siècles d'histoire.

LR. monsieur d'Alelio,en tant que Président d'un jeune groupe politique qui, avec les verts européens, est le seul groupe organisé d'une manière transnationale dans l'Union Européenne,que proposez-vous,car la critique est toujours plus facile à exercer quand on n'est pas au pouvoir?

d'A. Notre Groupe n'a aucune intention de s'amuser à faire de
la polémique.Il est nécéssaire, Monsieur La Rochelle, de tirer la sonnette d'alarme quand les fondements mêmes de l'Union Européenne sont en danger.
Quand à faire des propositions dans un contexte politique européen à sens unique,où les chefs de gouvernement de l'UE s'enthousiasment déjà à l'idée de mettre à la tête de l'Union Européenne ,réformée avec le nouveau Traité,comme premier Président de l'histoire de l'Union Européenne, Monsieur Tony Blair, l'associé du Président des USA,Bush, dans l'invasion ,en 2003, de l'Iraq avec les désastres géopolitiques et humanitaires qui s'en sont écoulés,vous devinez aisément ma réponse.
Monsieur La Rochelle,dites-moi, que vont penser de nous les pays du monde entier ,losqu'ils verront que 27 pays d'Europe auront mis à la tête de l'UE un homme (Blair)qui a choisi,sans motif sérieux,les armes au dialogue diplomatique,la mort à la vie,la guerre civile religieuse au dialogue interconfessionnel.Comment parler de proposition,quand nous avons un travail d' alphabétisation du dialogue démocratique à reinsérer dans le monde politique européen et des dirigeants actuels de l'UE?

LR. Quelles initiatives peuvent-elles être prises pour redresser le navire qui chavire?

d'A. Le formidable réseau citoyen français qui avait été mis en place en 2005 pour le référendum du 29 mai,doit être remis en activité.Et cette fois, nous estimons que les allemands seront bien contents de participer à une mouvence citoyenne européenne avec les français, pour contenir cette fuite en avant des dirigeants politiques européens.Mais il faut faire vite!

3. (25-10-2007) Tatard

Lettre d’un grand père allemand à son petit-fils français

LA CONSTITUTION FRANCAISE DE L’EUROPE

Mon cher petit-fils,

J’ai été surpris de voir ton esprit civique à un âge où on se fout pas mal de pareilles billevesées. J’ai été encore plus surpris de m’apercevoir que tu avais déjà l’âge d’aller voter. Tu veux que je lise pour toi cette énorme et confuse élucubration et que je t’en fasse un résumé assorti de conseils judicieux.
Je l’ai relue dans cette optique et je te fais grâce d’explications détaillées.
La présentation est un peu ringarde car, elle ignore superbement la norme AFNOR de numérotation des chapitres, titres et sous-titres. Le repérage est pénible.
C’est donc une constitution française pour l’Europe. On y retrouve la « patte » de l’Ecole Nationale d’Administration, familière à tous les lecteurs du « JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE FRANCAISE ». En l’occurrence, c’est précis comme l’analyse d’un avion renifleur. On y retrouve une forme et une subtilité spirituelle déjà appréciés avec la législation sur l’invention de l’avoir fiscal, sur l’imposition des plus values, et les réglementations catastrophiques sur le « regroupement familial », enfin tout ce qu’un journaliste appelait avec humour « l’autoritarisme mou ».
Comme dans nos lois inapplicables (littoral et SRU 2000, Etc.…), le verbe pouvoir remplace le verbe devoir, ce qui permet aux décideurs une abstention légale et une inefficacité certaine. Là encore, le législateur laisse la décision aux hauts fonctionnaires et aux juges administratifs. Enfin, comme dans toutes les législations françaises, les dérogations abondamment prévues transforment les meilleures intentions en vœux pieux parfaitement inutiles.
Lorsqu’il a fallu abandonner le droit régalien de « battre monnaie », on n’a pas eu besoin de constitution. L’impossibilité de faire tourner la planche à billets, pour boucher les trous du budget par des dévaluations, ne permet plus le déficit budgétaire programmé, ni la gestion sur une hypothétique croissance.
Ignorant superbement cet incontournable postulat, la constitution imaginée par des Inspecteurs des Finances, entérine les mauvaises manières de la quatrième République, ressuscitées par François MITTERAND et poursuivies par les « blancs bonnets » qui ont succédé aux « bonnets blancs ». Les mêmes se retrouvent avec bonheur pour approuver des deux mains ce qui condamne le système.
Que dire de cette phrase de l’article I – 16 (2) qui prévoit la nécessité d’une coopération loyale entre les rouages de cette organisation farfelue. Une coopération loyale ? Cela va sans dire et cela va encore mieux en ne le disant pas. On a vu ce que cela donnait pour accompagner la douteuse intervention américaine en IRAK. Quelle belle et loyale unanimité.
Enfin, cerise suprême sur le gâteau, la procédure de révision semble inspirée par notre code de l’urbanisme au chapitre de la révision du Plan d’Occupation des Sols (le fameux P.O.S amoindri en P.L.U). Puisqu’on peut la réviser, à quoi sert-elle si le suffrage universel n’intervient plus ?
Le rêve d’une Europe centrée sur le fameux « noyau dur de base », se répandant comme une tache d’huile destinée à s’étendre, en intensité, par l’unification des institutions, fiscales, économiques et sociales, ne se traduit pas dans ce verbiage vaseux.
A vouloir tout prévoir, on s’enferme dans un carcan parfaitement irréaliste. Le plus étonnant c’est de voir l’Allemagne avaler de telles couleuvres. Il est vrai qu’engourdie dans une repentance obligatoire des jeunes générations pour les folies de leurs anciens, elle n’ose plus rien dire. En lisant cette débauche de verbiage de la constitution française de l’Europe, on peut se remémorer l’affiche de la propagande allemande de 1938 : Un balai « européen » dépoussiérait devant la porte en expulsant un coq bleu blanc rouge, courroucé, avec des livres et des journaux à la mode française. La légende :
« Dehors le fatras français », est redevenue d’actualité.
Il suffira de remplacer le nom d’un des journaux balayés par celui de « constitution française pour l’Europe », pour rajeunir l’affiche.
Mon cher petit fils, je n’ai pas le droit de choisir pour toi. Je déplore que le vote « blanc » n’ait pas de signification. Il serait si bon qu’il corresponde, non à un refus total, mais à la réclamation d’un organigramme cohérent assurant le succès de l’application. Je vais donc, moi aussi, employer ce fameux verbe pouvoir.

Au OUI des vaincus on peut préférer le NON de la résistance.

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