Message de la Norvège aux Britanniques : « Ne partez pas, vous le regretterez ! »

Erna Solberg at the podium (c) European Commission
Le Premier ministre norvégien Erna Solberg (c) Commission européenne, 2016

Dans les débats qui animent la campagne sur le référendum du 23 juin, la Norvège est régulièrement citée par les partisans du Brexit. Tout comme la Suisse, le pays constituerait un modèle pour les relations du Royaume-Uni – nouvellement « indépendant » – avec l’Union européenne. Un argument récemment contesté par la Première ministre norvégienne elle-même sur le site Politico.

Dans un article du 15 juin, la Première ministre norvégienne Erna Solberg préfère prévenir les citoyens britanniques tentés par une sortie de l’Union européenne : « vous le regretterez », déclare-t-elle. Partisane de l’adhésion de son propre pays – qui ne compte d’après les sondages que 18% d’opinions favorables à une telle option – elle explique ainsi que le type de relation qu’a établi la Norvège avec l’UE « va être difficile pour la Grande-Bretagne, parce qu’ensuite Bruxelles décidera sans que les Britanniques soient invités à participer à cette prise de décision ».

Membre de l’Espace économique européen (EEE), de l’Association européenne de libre-échange (AELE) mais pas de l’Union européenne, la Norvège est liée à l’Union par de nombreux accords, notamment commerciaux (abolition des tarifs douaniers…). Sa participation au marché unique implique de mettre en oeuvre près des trois quarts des lois européennes. Une relation qui contraint Oslo à agir à Bruxelles comme « un lobby », estime la Première ministre. Par ailleurs, le pays doit verser à l’UE le même montant par habitant que le Royaume-Uni, selon le think tank OpenEurope cité par Politico.

Le site précise que la Norvège a également ses propres raisons de préférer un maintien du Royaume-Uni dans l’UE. Elle s’appuie depuis longtemps sur le zèle libre-échangiste de Londres pour faire obstacle aux instincts interventionnistes et régulateurs de l’Union. En cause également : le nombre excessif de normes et règles qui émanent de Bruxelles… un argument ici avancé, une fois n’est pas coutume, pour montrer que faire partie de l’Union européenne reste préférable à en être exclu !

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1 Commentaire

  1. C’est parti. L’intoxication visant à revenir sur le vote d’un peuple a commencée. Comme en 2005. Les Britanniques doivent assurer. Et les autres pays n’ont pas à tenter d’encourager des tractations qui seront opaques. Ce serait perçu une fois de plus par les citoyens comme un déni de démocratie. L’Europe a assez perdu de sa crédibilité pour continuer sur le chemin sur lequel elle s’est perdue.

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