L’UMP aborde les Européennes en ordre dispersé

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Contrairement aux apparences et à ce qu’indiquent les sondages, l’UMP ne se trouve pas nécessairement en position de force à l’approche du scrutin européen. Si le principal parti d’opposition veut faire de cette élection le troisième tour des Municipales, le fait est qu’il se présente en ordre dispersé. De nombreuses voix, aussi virulentes que contradictoires, rendent impossible l’émergence d’une position commune.

A l’heure actuelle, l’UMP se trouve au coude à coude avec le Front national au sommet des intentions de votes pour les élections européennes. Le Parti est gratifié d’environ 25 % des suffrages. Toutefois, ce score important ne lui garantit pas de battre le parti de Marine Le Pen et encore moins de conserver l’ensemble de ses sièges au Parlement européen, les choses allant de pair. Largement battu en 2009, le FN va connaître une forte poussée cette année, réduisant mécaniquement le nombre d’eurodéputés de l’UMP. Globalement, le Parti populaire européen, duquel l’UMP est membre, devrait se contracter avec la montée des parti eurosceptiques et d’extrême droite.

Reste désormais à savoir quelle sera l’ampleur de cette réduction des effectifs. Et force est de constater que le déroulement du début de campagne n’incite pas nécessairement à l’optimiste. Premièrement parce que le choix des têtes de listes a quelque fois fait grincer. Nadine Morano, Michèle Alliot-Marie et Renaud Muselier ont tous les trois été repêchés après leur défaite lors des dernières Législatives, rétrogradant au second rang des eurodéputés, certes moins connus, mais dont l’implication à Bruxelles et Strasbourg n’a jamais été mise en doute. Comme souvent, les Européennes servent donc de variable d’ajustement et d’élection de secours pour des personnalités en quête de mandat.

Deuxièmement, le parti souffre fortement de ses dissensions internes. Jean-François Copé, actuel président de l’UMP, essaie tant bien que mal de maintenir l’unité, mais son autorité a plusieurs fois été mise à mal. Laurent Wauquiez n’a ainsi pas hésité à proposer la sortie de l’espace Schengen ou, plus fort, le retour à une Europe à 6, mais tout de même sans le Luxembourg en raison de sa politique bancaire et fiscale. Une sortie à laquelle le franc-tireur Joseph Daul, actuel président des députés conservateurs au Parlement européen, non-candidat à un nouveau mandat, n’a que peu goûté. Celui pour qui l’accès aux films pornographiques est l’un des bienfaits de l’Europe a en effet qualifié les propos de Laurent Wauquiez de « conneries » (sic). Quant à Henri Guaino, aux positions souverainistes assumées, il a assuré qu’il ne pourrait voter en faveur d’Alain Lamassoure, chef de file de l’UMP en Ile-de-France en raison de ses positions trop europhiles. L’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy jugeant même que M. Lamassoure passait trop de temps à Bruxelles pour être en phase avec la philosophie de sa famille politique.

Une philosophie apparemment à géométrie variables tant les déclarations contradictoires se succèdent. Les partisans de François Fillon, Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin ou encore Valérie Pécresse, sont nombreux à ne pas avoir peur du mot « fédéralisme ». Tandis que les soutiens de Jean-François Copé se montrent résolument hostiles à l’Europe. Rachida Dati, 2e de liste en Ile-de-France s’est ainsi déclarée flattée suite aux appels du pied de Nicolas Dupont-Aignan, patron de Debout la République, parti conservateur farouchement opposé à l’Europe. Visiblement, la guerre des courants est loin d’être terminée.

Alors d’ici 25 mai, la technique de Renaud Muselier, candidat dans le Sud-est risque de prévaloir. « Comme les gens s’en fichent de l’Europe, moi je ne m’embête pas : je fais campagne sur le rejet de Hollande ». C’est effectivement plus commode.

 

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