Eurovision : Ouvrez grand vos oreilles… ou pas

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Chaque année, c’est le même folklore. Le (ou la) candidat(e) française au concours Eurovision de la chanson fait le tour des plateaux TV et des studios de radios pour faire la promotion de son titre et se voit répéter la même sempiternelle question : « Est-ce que cette fois-ci, c’est la bonne ? ». Evidemment non !

En 2013, le folklore et le kitsch sont à la fête

Comment rivaliser avec un violoniste fou (Alexander Rybak, vainqueur surprise de l’édition 2009), un groupe sataniste de hard rock finlandais (Lordi, désormais célèbre en France pour le lynchage en direct exercé à leur encontre par Michel Drucker, alors commentateur de l’événement) ou encore un duo irlandais tout droit issu du meilleur, ou du pire c’est selon, des boys-band des années 90.

Et cette année, la concurrence sera encore rude pour Amandine Bourgeois. La gagnante de la Nouvelle Star 2008, qui peut se targuer de passer en première position samedi soir, précédera une palette d’artistes plus improbables et extravagants les uns que les autres. Se succèderont ainsi sur la scène de Malmö, en Suède, un chanteur d’opéra roumain reconverti en Dracula électro-pop et un géant nommé Igor, qui se chargera de porter toute en délicatesse la candidate ukrainienne, Zlata Ognevich.

Si vous êtes attentifs, vous pourrez en revanche apercevoir quelques artistes connus. L’Allemagne sera représenté par la chanteuse pop Cascada, tandis que le Royaume-Uni a mis toutes ses chances de son côté en débauchant l’immense star Bonnie Tyler, qui devrait sensiblement augmenter l’âge moyen des candidats. Le pays attend toujours un successeur à Katrina and the Waves, qui avait remporté le concours en 1997.

Mais cette année, la grande favorite est Emmelie De Forest. La jeune candidate danoise a fait forte impression lors des demi-finales de la compétition, avec « Only Teardrops ». Combinant tambours, flûtes et pop « mainstream » en fond musical, sa chanson est pour l’instant en tête chez les bookmakers. Mais l’Eurovision est une machine si complexe et si imprévue qu’il est quasi-impossible de trouver à l’avance le vainqueur du concours.

« Italia, ten points »

Durant cette soirée exceptionnelle, plus de 125 millions d’Européens devraient supporter leur pays respectif et être prêts à voter pour leur candidat favori, à l’exception de celui qui représente leur pays de résidence. Tout comme la première partie du show, consacrée au défilé successif des vingt-cinq finalistes, le décompte interminable des votes fait partie du « charme » de l’événement. Et, comme chaque année, des théories d’explication du scrutin plus ou moins justifiées fleuriront certainement sur le web. « Les pays de l’Est se soutiennent mutuellement », « les pays nordiques échangent leurs votes », « Chypre donnera douze points à la Grèce »…

Il est vrai que les enjeux géopolitiques et les ancrages culturels affectent et influencent le jugement de nombreux spectateurs-jurys. Le site Euronews a ainsi publié l’année dernière une étude sur les tendances « électorales » dans chaque pays participant. Il en ressort effectivement une alliance très forte entre la Grèce et l’île de Chypre (9,5 points donnés en moyenne par les Grecs au candidat chypriote, et 10,5 dans l’autre sens), ainsi qu’une forme de « cartel du froid » : Norvège-Suède-Finlande-Estonie-Lettonie-Lituanie-Islande-Danemark. Le « bloc des Balkans » est également très fort, tout comme celui liant les anciens pays du « bloc communiste ». En revanche, le Royaume-Uni donne souvent de nombreux points à l’Irlande, sans en recevoir en retour.
Les diasporas ont aussi une influence très importante sur le résultat final. Les Turcs installés en Allemagne, en France et aux Pays-Bas votent chaque année en nombre pour le candidat de la Turquie, tout comme les Albanais et les Bosniaques, pour des raisons historiques et religieuses.

Mais ces explications statistiques n’expliquent pas toujours pourquoi tel ou tel candidat a remporté le concours. Il en va ainsi de la candidate allemande en 2010, qui a remporté le concours avec 246 points. Elle avait notamment obtenu 12 points (le maximum) de la part de la Suède, de l’Espagne ou encore de la Lettonie. Alors, Amandine Bourgeois a-t-elle une chance ? Réponse demain soir.

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