L’anglais, langue la plus utilisée en Europe sur Internet… loin devant le Français, l’Allemand et les autres

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Dans un Flash Eurobaromètre publié en mai (et en anglais !), la Commission européenne nous donne plusieurs chiffres intéressants quant à l’utilisation sur Internet d’autres langues que la leur par les internautes européens. Si l’anglais est loin devant les autres langues, les Européens restent ouverts au multilinguisme. Pour autant, la question de la langue demeure un défi majeur pour la construction d’un espace public réellement européen.

Ouverture au multilinguisme

Lorsqu’on les interroge sur l’accessibilité multilingue d’un site, les Européens sont plutôt ouverts. Tout d’abord, si un site n’est pas disponible dans leur langue maternelle, 81% des sondés estiment qu’ils devraient avoir la possibilité de consulter le site dans une autre langue. Dans le même temps, 88% d’entre eux pensent qu’un site produit dans leur pays doit être accessible dans leur langue. Bien entendu, ils sont 90% a préférer consulter un site dans leur langue nationale plutôt que dans une autre.

Mais pourtant, 55% des sondés déclarent utiliser des sites dans une autre langue dans le cadre de leurs recherches sur Internet. Ce taux baisse à 35% quand on passe à la rédaction de commentaires ou de courriels dans une autre langue. Plus précisément, cette majorité d’utilisateurs prête à surfer sur Internet dans une autre langue est surtout présente dans 23 pays sur 27 de l’Union européenne. Les internautes d’Italie et de République tchèque ne sont que 39% à visiter la toile dans une autre langue que celles de Dante et de Jaroslav Hašek. Les moins ouverts aux autres langues sont aussi ceux qui ont le moins besoin d’utiliser une autre langue que l’anglais… Les Britanniques et les Irlandais ne sont respectivement que 15% et 19% à surfer sur des sites non-anglophones.

A contrario, les pays où la navigation dans une autre langue pose le moins de problème sont Malte, Chypre, le Luxembourg, la Slovénie et la Grèce (à plus de 90%). La France se situe juste au-dessus de la moyenne européenne avec 57% des sondés qui disent aller sur des sites qui ne proposent pas de navigation dans la langue de Molière.

La langue la plus utilisée ? English of course !

C’est l’anglais qui est aujourd’hui la langue véhiculaire du web. L’enquête menée par la Commission européenne ne cherche pas les causes de cette domination linguistique, même si cela s’explique tant par la diffusion de l’anglais dans l’enseignement des langues étrangères que par une forte proportion de contenus en anglais. Cet eurobaromètre offre en tous les cas la démonstration que la langue de Shakespeare est celle qui permet de se faire le mieux comprendre dans toute l’Europe pour le moment. Ainsi 48% des sondés utilisant Internet dans une autre langue que la leur affirment le faire en anglais. Les seules langues à résister au rouleau-compresseur d’outre-Manche sont le français (6%), l’allemand (6%) et l’espagnol (4%).

Attention cependant, l’utilisation de l’anglais n’est en réalité qu’une pratique occasionnelle. 61% des personnes qui visitent des sites anglophones le font seulement « occasionnellement ». Ils ne sont que 13% à le faire tout le temps et 26% fréquemment. L’emploi de l’anglais est très présent à Malte et Chypre, mais beaucoup moins en France et en Allemagne où cette utilisation est occasionnelle pour 70% des personnes le pratiquant. Au final, 44% des Européens surfent uniquement dans leur langue maternelle.

Un espace public européen encore très compartimenté sur internet

Cette étude révèle ainsi une Europe encore très compartimentée par langues nationales, révélant des lacunes dans l’enseignement des langues. Le manque de facilité pour accéder à un site qui est dans une autre langue pourrait devenir pour l’Europe une faiblesse à l’heure où des pays-continents sont de plus en plus présents sur la scène internationale.

Faut-il pour autant privilégier une langue au profit des autres ? Le tout-anglais ou le tout-français ne semblent pas être des réponses appropriées pour apporter l’information directement au citoyen. Celui-ci a pour réflexe naturel d’opérer ses recherches sur Internet dans sa propre langue. Nos dirigeants politiques sauront-ils prendre à bras le corps cet enjeu pour l’avenir de l’Europe ?

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