Revue de Web : le Terminator fait parler (de) l’Europe

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On se plaint que l’Europe n’apparaisse jamais en Une de l’information. Mais avec la possible candidature d’Arnold Schwarzenegger à la présidence du Conseil européen, l’Union européenne était présente sur toute la toile européenne. Les commentaires font la part belle à l’effacement d’Herman Van Rompuy dans les médias et à l’aspect fantaisiste de la candidature de l’ancien Terminator.
Dès le 20 avril, Toute l’Europe vous en parlait : le conseiller d’Arnold Schwarzenegger laissait entendre que l’ancien gouverneur de l’Etat de Californie serait tenté par l’idée de se présenter à la présidence du Conseil européen. La majorité des articles sur les sites de presse se sont contentés de reprendre la dépêche AFP. Celle-ci faisait en effet écho aux déclarations de l’ancien directeur de cabinet d’Arnold Schwarzenegger, Terry Tamminen, dans le grand hebdomadaire Newsweek. La nouvelle s’est répandue comme une trainée de poudre…des sites habituels de l’information politique à ceux plus habitués à la chasse à l’info people : Entrevue, Voici, For Men Only, Allo Ciné, Don’t Miss, Star News, Buzz Raider, le blog de Jean-Marc Morandini

Pour sortir du lot, les différents sites ont du jouer sur les mots, puisant ainsi dans un large réservoir de sobriquets. Depuis son rôle dans Terminator, Schwarzenegger avait été surnommé « Governator » en Californie ; dans le contexte d’une présidence de l’Union, cela a donné des présidentor, unionator, européator, terminator de l’Europe, euroliquidator, présidator ou tout simplement « Schwarzi ».

Les réactions politiques rapportées sont plutôt du ressort de l’amusement. Guy Verhofstadt déplore une vision très américaine qui « témoigne d’une méconnaissance totale de l’Europe ».Laurent Wauquiez se demande si « c’est une forme d’humour autrichien » avant de déclarer : « je suis très amateur de Terminator I, pas du II. Évitons-lui une fin de carrière pénible ! ». L’ancienne eurodéputée verte Marie-Hélène Aubert pensait quant à elle qu’il s’agissait « d’une blague ». D’après 7sur7, le rapprochement de « Conan le barbare » et d' »Haiku Herman » suscite des sourires dans les institutions européennes.

Des blogueurs plutôt incrédules au départ…

La déclaration de candidature d’Arnold Schwarzenegger est plutôt bien accueillie dans la blogosphère. Beaucoup disent leur incrédulité au moment de la découverte de la nouvelle, à l’instar du journaliste de Libération Jean Quatremer. Pour Reviewer, il s’agit d’une candidature « pour le moins loufoque ». D’autres n’y croient tout simplement pas. Grégory Albert pour Street Génération écrit qu’il « va falloir plus que du hasard pour [voir Schwarzenegger] réellement prendre la présidence de l’Union Européenne ». SurExcessif.com, on compare la potentielle réussite de cette démarche à « une transformation du niveau d’Arturo Brachetti ».

Sceptique, Delphine Dard dans Le Quotidien se demande si l’Europe est « à ce point à l’agonie qu’il lui faudrait faire appel au ‘Terminator’ pour faire taire les voix obscures des partis nationalistes européens qui ont aujourd’hui le vent en poupe en surfant sur la vague des malheurs du Vieux Continent »… Encore plus négatif, le belge Philippe Hanchir estime que « ceci révèle le lent processus de désintégration européenne ».

… qui critiquent le manque de visibilité des chefs de l’Europe

Mais la comparaison avec l’effacement médiatique d’Herman Van Rompuy est la principale grille de lecture de cette annonce. Un ministre européen, en faisant jurer de ne pas le citer, a confié à l’AFP que « l’Union européenne [était] un répondeur avec un message pré-enregistré : si vous voulez connaître sa position sur tel ou tel évènement, tapez 1 pour la France, 2 pour l’Allemagne, 3 pour le Royaume-Uni ».

Ce manque de visibilité des institutions européennes, et plus particulièrement du président du Conseil européen actuel, est ce qui a le plus fait réagir dans la blogosphère. « Face à Conan le Barbare, [Herman Van Rompuy] n’a aucune chance » estime le grenoblois Gilles Johnson. « Que cela serve d’avertissement à Herman Van Rompuy qui se représentera pour un nouveau mandat » rappelle le Brussel’s blog du Financial Times. On estime sur Atlanticoque « le gentil Herman ne fait guère le poids devant Arnold le Governator ».

Cécile Vrain résume bien ce qui est sous-jacent à tous ces billets : « qu’on aime ou pas, les valeurs d’aujourd’hui sont basées sur la célébrité et le marketing et dans ce rôle nul ne peut nier qu’Arnold Schwarzenegger est un spécialiste et qu’à côté de lui, Herman van Rompuy fait pâle figure. »

Sur Le Post, les photographies bodybuildées de Schwarzenegger sont sur-titrées d’un « l’Europe aurait certainement de la gueule ». Cependant, les plus réalistes repoussent cette idée : dans The Independant, John Rentoul classe cette possibilité « dans la série de questions dont la réponse est Non ». Ce que traduit parfaitement Dahlia sur Schizodoxe en remettant au goût du jour cette fameuse scène du film ‘Demolition Man’ où Sylvester Stalone apprend qu’Arnold Schwarzenegger est devenu président des USA :

Le blogueur européen « jamais content » qu’est Cédric Puisney rappelle qu’on « n’attend pas d’un leader qu’il pose benoîtement devant des statues recouvertes d’un drap, mais qu’il incarne nos valeurs européennes d’une voix forte ». Voilà le défi auquel doit répondre l’Europe car il s’agit d’une forte attente exprimée partout sur la blogosphère.

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