Après Terminator et Governator, Schwarzy Unionator ?

Arnold Schwarzenegger est passé avec succès du statut d’acteur de Terminator à celui de « Governator » de l’Etat de Californie. Problème : limité à deux mandats, il ne peut pas viser la présidence des Etats-Unis d’Amérique car il n’est pas né sur le continent américain mais en Autriche. Un de ses conseillers a indiqué au magazine américain Newsweek que l’ancien « Monsieur Univers » réfléchrait à son avenir et pourrait très bien chercher à se présenter… à la présidence de l’Union européenne !

Terry Tamminen, l’ancien chef de cabinet de la star américaine est formelle : « dans les prochaines années, l’Union européenne va devoir se trouver un président de grande envergure, quelqu’un capable d’unifier l’Europe ». Dans une vision très concrète des rapports de force au sein de l’UE, il estime que « les Français ne voudront pas d’un Allemand, et les Allemands ne voudront pas d’un Italien. Et s’ils choisissaient plutôt un Européen parti aux Etats-Unis, ressuscitant la vision d’un Washington ou d’un Jefferson d’une Europe nouvelle et unifiée ? ».

Governator vs Herminator Van Rompuy ?

Il faut bien l’avouer, toutes les rédactions ont vérifié leur calendrier pour être sûr qu’il ne s’agissait pas d’un poisson d’avril. Qu’Arnold Schwarzenegger soit prêt à relever tous les défis, on le savait. Qu’une telle star d’Outre-Atlantique souhaite vivre le European Dream, voilà une nouvelle plus surprenante tant l’ancien acteur incarnait jusqu’à présent si bien le rêve américain. En même temps, c’est le genre de rumeur qui donne envie de se projeter dans un monde où tout est possible.

On imagine déjà le face-à-face à la télévision entre Governator, transformé pour l’occasion en Unionator, qui donnerait la réplique à Herminator Van Rompuy ou à José-Manuel Barrosor. Un show à l’américaine qui réunirait toutes les familles européennes au même moment au même endroit et qui engendrerait des conversations sur le même sujet partout en Europe… Voilà une formidable occasion de personnifier l’Union européenne, elle qui a trop de voix aujourd’hui pour se faire entendre dans le concert européen, que cela soit sur les scènes nationales ou internationale.

Une très mauvaise analyse politique…

Cependant, notre esprit cartésien revient tout de suite pour nous rappeler que cela est quasiment impossible. Quel poste vise réellement Arnold Schwarzenegger ? Si c’est celui d’Herman Van Rompuy, il va déchanter rapidement. Lui qui espérait sans doute user de sa popularité auprès du grand public pour se faire élire va devoir se contenter d’espérer que tous les dirigeants européens auront bien vu son calme et son sang-froid dans True Lies, sa détermination dans tous les Terminator, sa sensibilité dans Junior ou Un flic à la maternelle… en espérant qu’ils lui pardonneront la fougue de sa jeunesse dans Conan le Barbare. Admettons qu’il se fasse élire par le Conseil, acceptera-t-il de devoir attendre que les dirigeants européens se soient mis d’accord pour parler ? Aura-t-il le talent pour convaincre des dirigeants nationaux de le suivre sur une politique ambitieuse pour l’Europe ?

Peut-être vise-t-il en réalité le poste de José Manuel Barroso s’il pense que la Commission européenne est un gouvernement de l’Europe responsable devant le Parlement européen. Il espère alors sûrement gagner l’investiture d’un parti politique européen pour ensuite gagner les élections européennes de 2014. Après tout, pourquoi pas, mais il sera sûrement surpris de l’inexistence dans le débat public actuellement de ces questions d’investiture malgré l’importance de la présidence de la Commission.

… montrant la complexité des institutions européennes

Que nous apprend ce ballon d’essai lancé par un proche conseiller de l’ancien gouverneur de la Californie ? Le système institutionnel européen est totalement abscons pour un étranger. La fameuse phrase apocryphe attribuée à Kissinger « L’Europe, quel numéro de téléphone ? » risque de perdurer quelques années encore.

Chance pour l’Europe, tous les outils sont déjà présents avec le traité de Lisbonne. Il manque surtout aujourd’hui un espace public européen fait de stars politiques et de débats au niveau européen qui descendent jusqu’au citoyen. Les élections européennes de 2014 peuvent être l’occasion de sortir le projet politique européen de sa torpeur actuelle.

2 commentaires

  1. Le système institutionnel européen est totalement abscons tout court! Parce qu’on l’a voulu ainsi.

    Maintenant, Schwarzy est toujours Européen, jusqu’à preuve du contraire. S’il sait passer outre les obstacles politico-administratifs, rien ne l’empêche de prendre la place de l’un ou l’autre…

  2. Le système institutionnel européen s’il a le mérite heureux de perdurer depuis qques décennies, est complètement INSIPIDE et ELITISTE….autrement dit sans consistance populaire et enthousiaste.
    La candidature de Schwarzy amènerait un souffle sûrement salvateur dans ce monde un peu trop corseté de la politique unionniste… mais les rouages politico-administratifs ne broieront-ils pas cet évènement de la candidature Schwarzy?

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