Knut, Paul, Heidi et tous les autres

Après Knut l’ours polaire et le Paul poulpe, voici venir Heidi l’opossum loucheur! Une fois de plus nos voisins d’outre-Rhin se passionnent pour le destin singulier d’un animal. Une étrange habitude qui ne colle pas avec le cliché de l’allemand rationnel.

Knut est mort. Difficile de passer à côté de l’information, même dans les journaux français qui ne tarissent pas de détails sur les circonstances exactes de son décès. Déformation cérébrale, crise d’épilepsie ou noyade, toutes les hypothèses sont évoquées. Mais pourquoi donc les Allemands se prennent-ils de passion pour leurs animaux ?

Car le cas n’est pas isolé : la mort de Paul le poulpe, mollusque célèbre pour avoir prédit les résultats de nombreux matchs lors de la dernière Coupe du monde de football avait déjà mis le pays en émoi. Il a depuis un mémorial au musée d’Oberhausen, où il est représenté surplombant un ballon à l’intérieur duquel se trouve une urne dorée contenant ses cendres. Knut fait encore mieux : non seulement il aura son mémorial – pour lequel le zoo a lancé un appel aux dons – mais on parle aussi d’un empaillage imminent. Le tout pour qu’il continue à « vivre dans le cœur de nombreux visiteurs », dixit le président de l’association des Amis du zoo qui insiste sur « le caractère unique de cette personnalité animale ».

Cet engouement peut surprendre dans un pays réputé pour sa rationalité héritée du protestantisme. Il semble pourtant bien y avoir un syndrome Knut, et à peine dix jours après la disparition brutale de l’ours polaire, le pays a déjà sa nouvelle coqueluche : Heidi l’opossum qui louche. Le petit animal, qui souffre d’embonpoint, semble suivre la voie tracée par son collègue Paul le poulpe en prédisant les gagnants des oscars, à une exception près. Mais sa carrière ne fait que commencer, puisqu’elle sera la star d’un épisode d’une série vétérinaire de la chaîne ARD où elle jouera le rôle d’un … opossum qui louche. Son personnage subira une opération à haut risque pour corriger son défaut visuel.

Espérons que cette notoriété soudaine ne montera pas à la tête de l’animal, comme ce fut le cas pour Knut d’après Jürgen Ortman, militant pour les droits des animaux. « On a élevé un psychopathe qui aurait souffert toute sa vie. Il cherchait l’amour. Il a retourné son agressivité contre lui … Il imitait les humains. La somme de ces facteurs a pu mener à des modifications dans son cerveau ».

A en croire l’un des gardiens du zoo de Leipzig, lieu de résidence d’Heidi, aucun risque pour l’opossum loucheur : « c’est une artiste dans l’âme mais elle ne quitte jamais son enclos donc elle gardera bien les pieds sur terre ».

1 Commentaire

  1. Car comme disait Stéphanie de Monaco, « les animaux sont des êtres humains comme les autres! »

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