A l’arrivée du printemps, les Européens simulent…

C’est avec vigueur et allégresse que quelque 80 étudiants de Paris se sont retrouvés la semaine dernière au milieu des bottes de foin et des étables. C’est à travers plusieurs activités et épreuves champêtres que ces jeunes femmes et hommes ont pu briser la glace et mieux se connaître. Mais derrière la bonne humeur apparente commençaient à se nouer les alliances et se tramer les intrigues, autour d’un seul objectif : élire le ou la meilleur-e d’entre eux.


Nouvelle édition de « La Ferme célébrités »® ? Formule inédite de « l’Amour est dans le pré »® ? Vous n’y êtes pas ! Si simulation il y a bien, il s’agit cette fois… du Conseil européen. Après le succès rencontré l’année dernière autour de l’énergie (l’événement avait fait l’objet d’un reportage, non sur TF1 ou sur M6 mais sur le site d’Arte.tv), le think tank Nouvelle Europe, avec les associations étudiantes du Master Affaires européennes de Sciences Po (AMAE), du Master Etudes européennes de Paris III – Sorbonne Nouvelle (Franchement Europe) et de l’ESSEC (Europa-ESSEC), réitèrent l’expérience de la S(t)imulation, cette fois sur le thème de la Politique agricole commune.

Du 9 février au 5 mars, 80 élèves des écoles précédemment citées (ainsi que des futurs journalistes issus de l’IFP-Paris II) se mettent ainsi dans la peau de représentants nationaux et de la Commission, de reporters ou de lobbyistes afin de négocier ensemble les contours de la future agriculture européenne. Après avoir élu son Président le 19 février, le « Conseil européen » devra alors se mettre d’accord sur une proposition de réforme législative de la PAC prévue d’ici à 2013, en fonction des « intérêts » de chacun. C’est pour mieux appréhender ses enjeux qu’ils ont ainsi visité une exploitation agricole céréalière et animalière en compagnie de son propriétaire et d’experts du sujet.

S(t)imulations et Jeux d(e)rôles

Le principe du « jeu de rôle », qui permet à ses participants de mieux appréhender le fonctionnement de l’Union européenne ou ses enjeux sur un thème précis, rencontre actuellement un certain engouement.

Outre sa dimension ludique, cette mise en situation permet aux étudiants de différentes écoles et d’universités de se rencontrer et d’agrandir leurs réseaux, et de combler les lacunes des cursus d’études européennes où les sujets centraux (tels la PAC, l’énergie, la gouvernance économique) ne font que rarement l’objet de séminaires particuliers. A l’instar de la simulation de Nouvelle Europe, des acteurs européens réels (ambassades, lobbyistes, représentation des institutions…) et des experts (professeurs) épaulent les participants.

Dès lors, de plus en plus de Masters s’y mettent, tels le Master de Politiques Européennes de Sciences Po Rennes, qui en novembre dernier a réalisé par visio-conférence une simulation de négociation internationale entre l’Union Européenne et la Turquie (avec le Collège d’Europe du campus de Natolin), ou le Master d’études européennes de Sienne en Italie, qui chaque année met ses étudiants dans la peau de députés européens. L’association des Jeunes européens organise également désormais de telles rencontres, comme par exemple l’année dernière à Fécamp.

A plus grande échelle, la « SPECQUE » (pour « Simulation du Parlement européen Canada-Québec-Europe »), initiée en 1999 par des étudiants de l’Université de Laval (Québec), invite cette année les parlementaires européens fictifs à débattre de quatre propositions, concernant la promotion du commerce maritime intra-européen, la lutte contre le terrorisme, le projet de taxe européenne et la politique européenne de l’Arctique. Son atout principal ? Elle est ouverte à tous, se déroule à Luxembourg, et sa date limite de dépôt des candidatures est fixée au 25 février…

Enfin, depuis maintenant plus 20 ans les lycéens aussi sont conviés à de telles initiatives partout en Europe, via le Parlement européen des jeunes. Après la session nationale au printemps (en France, date limite de candidature aujourd’hui !), la session internationale regroupera en juillet à Grenoble des délégations de chaque pays pour débattre autour d’un sujet commun.

En savoir plus

Le site de Nouvelle Europe

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