#nogov : la grève du sexe en Belgique … en attendant la fin de la grève des solutions politiques

La crise belge dure maintenant depuis tellement longtemps que les solutions proposées deviennent de plus en plus originales ! Marleen Temmerman, sénatrice socialiste belge et gynécologue de formation, a proposé aux femmes de son pays de « garder les jambes fermées » tant qu’aucun gouvernement ne voit le jour. Une manière un peu bizarre de vouloir faire pression sur la classe politique du Plat Pays.

La sénatrice belge a en fait pris en exemple les femmes du Kenya qui avaient pris pour mot d’ordre « No Government, No Sex » afin de régler la crise politique qui faisait rage dans leur pays. Cette grève du sexe a semble-t-il fonctionné en 2009 puisque la crise avait trouvé sa solution un mois plus tard. Mais comparaison n’est pas raison.

Déjà des voix s’élèvent dans la classe politique belge face à ce mot d’ordre. Pour Catherine Fonck, chef de groupe CdH à la Chambre, qui a réagi sur Bel RTL, « les politiques ne sont pas là pour faire grève, au contraire, les politiques sont là pour s’activer ». L’auteure de cet appel tente elle-même de ce justifier : « mon appel était évidemment sur le ton de la plaisanterie. Mais il s’inscrit dans la lignée des mots d’ordre lancés aux citoyens afin d’exprimer leur colère comme celui de Benoît Poelvoorde, qui appelle les hommes à se laisser pousser la barbe et les manifestations Shame dans les rues de Bruxelles ».

Or, loin de se mettre au diapason des citoyens (voir ce qu’ils disent dans le Belgomaton), la classe politique belge se décrédibilise un peu plus. La plupart des réactions des éditorialistes et des auditeurs à la radio est négative. Les citoyens n’attendent pas des personnalités politiques qu’ils parlent comme eux, mais qui trouvent une solution. Avec un certain désabusement, des internautes appellent à réaliser une grande fête populaire à Gand si la Belgique bat le record du monde du pays sans gouvernement. Il reste en effet un peu plus de quarante jours aux Belges pour battre l’Irak.

Lorsque la crise politique belge sera terminée, les commentateurs se feront sûrement une joie de trouver un surnom à cet épisode rocambolesque. Que retiendront les livres d’Histoire ? Aurons-nous la crise de la Barbe, la crise « Shame » (du nom de la manifestation du 23 janvier) ou la crise du sexe politique ? Après la révolution de Jasmin en Tunisie, la révolution Orange en Ukraine ou la révolution des Œillets au Portugal, aurons-nous la « deuxième » révolution belge (après celle de 1830) ? Ou tout simplement « #nogov », du nom du hashtag sur le réseau social Twitter qui permet de contextualiser les messages concernant la crise politique en Belgique ?

Les responsables politiques souhaitant la sortie de la crise doivent se méfier. Il se peut très bien que la fin de la Belgique en tant qu’Etat devienne la seule alternative crédible à l’imbroglio actuel. L’Etat fédéral ne fonctionne pas mais les entités fédérées continuent normalement leur travail. Après tout, il n’y a pas eu de révolution en Slovaquie ou en République Tchèque.

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