Revue de blogs : Tunisie et Union européenne

Alors que le dictateur Ben Ali est tombé et que le peuple tunisien tente d’installer une vraie démocratie à son pays, les réactions en France et sur le net sont nombreuses. Polémiques sur le soutien ou non du gouvernement français à Ben Ali, réaction au formidable souffle de liberté venu du Sud ou demande à l’Union européenne d’agir pour soutenir la mise en place d’un régime démocratique, les eurodéputés ne sont pas en reste. Touteleurope.eu vous propose un petit tour des blogs des eurodéputés et de la blogosphère sur ce sujet.


Beaucoup d’eurodéputés ont réagi dès les premières manifestations pour soutenir le combat pour la démocratie du peuple tunisien. Ainsi l’eurodéputée néerlandaise (ADLE) Marietje Schaake explique : « J’ai appris le soulèvement des citoyens en Tunisie par le biais d’Internet où les témoignages ont été téléchargés, mais il a fallu environ un mois de lutte, avant que les grands médias et les dirigeants politiques se réveillent face à la réalité des rues de la Tunisie ». Le groupe S&D condamnait à cette époque « fermement les tirs à balles réelles contre les manifestants en Tunisie ». Marie-Christine Vergiat (GUE) regrette qu’il ait fallu « attendre plus de 50 morts pour que l’Union européenne ose un timide communiqué dans lequel elle appelait à la retenue dans l’usage de la force sans mettre en cause en quoi que ce soit le sacro saint partenariat de l’UE avec la Tunisie ». L’intervention de Mme Ashton, la Haute Représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, est considérée comme « tiède » par l’eurodéputée verte Malika Benarab-Attou. Pour elle, demander simplement « plus d’efforts au niveau des droits de l’homme et des libertés fondamentales, c’est beaucoup trop faible! C’est faire la belle part au clan Ben Ali! »

Depuis, le président Ben Ali a fui son pays pour se réfugier en Arabie Saoudite. Et les leçons tirées par les parlementaires européens ne sont pas forcément les mêmes. Pour Jean-Luc Mélenchon (GUE), la situation tunisienne est « exemplaire et nullement exclusivement tunisienne. […] La revendication sociale devient une revendication de démocratie, c’est-à-dire de souveraineté populaire. C’est la révolution citoyenne ». Marietje Schaake estime quant à elle que « la leçon à tirer de ce soulèvement populaire en Tunisie, ainsi que des préoccupations internes à l’UE sur la loi controversée sur les médias hongrois, est qu’il y a une nécessité pour l’UE à défendre le droit fondamental de la liberté d’expression – non seulement en ce qui concerne les médias traditionnels, mais aussi en ce qui concerne Internet ».

Hélène Flautre, qui préside le groupe des Verts français pense que « l’UE doit tirer les conséquences des relations qu’elle entretient avec un tel régime ». Le porte-parole pour les affaires étrangères du groupe PPE, José Ignacio Salafranca, va dans le même sens puisqu’il appelle la Commission européenne à réfléchir sur le cadre de sa politique de voisinage. « Nous devons nous demander si le fait d’aider à maintenir le statu quo politique dans certains pays autour de nous qui ne sont pas pourtant pas des démocraties contribue à notre stabilité » justifie le député espagnol.

Une demande de nouveaux rapports avec l’Europe dans la blogosphère

Dans la blogosphère, on retient surtout le vent de liberté qui souffle de Tunisie. Le Taurillon, magazine des Jeunes Européens – France, titre « L’Espoir » à propos des évènements tunisiens. « Si l’avancée démocratique se confirme en Tunisie, pourquoi ne pas encourager cette évolution grâce à notre toute jeune diplomatie européenne ? Renforcer nos liens avec ce pays, proposer une coopération encore plus renforcée et ainsi instituer une prime à la démocratie pour envoyer un signal fort à tous nos voisins ? » écrivent les auteurs de cette tribune, Benoît Pélerin et Nessim Znaïen.

PressEurop rapporte une tribune parue dans le journal allemand, Frankfurter Allgemeine Zeitung, où Adreas Ross explique que « les Tunisiens ont fait seuls ce que l’Europe n’osait rêver ». Dans le EUobserver, Barah Mikail écrit que « en contribuant à l’amélioration du niveau de vie dans le pays, l’UE satisferait à la fois certains besoins des citoyens et préparerait le terrain pour jouer un plus grand rôle politique sur le long terme ».

Jean Quatremer de son côté critique sèchement l’attitude du groupe socialiste pour le vote au Parlement européen sur une résolution pour soutenir la démocratie en Tunisie. « Les socialistes européens ne semblent vraiment plus savoir ce que sont les valeurs européennes qui fondent l’Union et doivent être défendues tant à l’intérieur qu’à l’extérieur » tonne le journaliste de Libération sur son blog. Il diffuse d’ailleurs dans ce sens la vidéo de l’intervention dans l’hémicycle du patron des Verts, Daniel Cohn-Bendit. La verve du député francilien fait encore le ramdam sur la toile avec plus de 40.000 vues.

Nicolas Vanbremeersch souligne sur son blog les réactions à cette vidéo, consacrant au passage Daniel Cohn-Bendit avec le titre de « catalyseur de l’opinion publique ». « J’adore ces commentaires lus en ligne, qui disent en si peu de mots tant de choses : le discrédit politique, qui, de fait, les rend responsables des malheurs du monde ; la naïveté et la foi de l’union des bonnes volontés, en même temps ; l’envie, en creux, de figures identitaires positives ».

1 Commentaire

  1. Madame Ashton,

    la réaction lente de l’UE envers les personnes de l’afrique du nord est purement scandaleuse.
    Des Libyens luttant pour la démocratie sont bombardés par un petit Hitler et sur la une de votre site on parle de tout sauf de cela.
    Quel piètre image nous, pays de démocratie et des droit de l’homme, donnons. Des pays qui vendent des armes aux bourreaux, des pays qui n’arrivent pas à pousser une zone de survol interdit avec une « ministre de l’extérieur » qu’on n’entends même pas.
    Si vous n’avez pas de pouvoir politique, vous devriez avoir le pouvoir de la parole!

    J’ai honte pour notre Europe que j’aime tant, mais peut être il faut aussi un soulèment chez nous contre une classe politique nombriliste.

    Lutz Keller

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