WikiLeaks et Suède : quand la Russie était menacée d’exclusion du Conseil de l’Europe

Selon un télégramme diplomatique américain révélé par WikiLeaks, on apprend que la Suède a tenté de faire pression sur la Russie dans le cadre du conflit qui l’opposait à la Géorgie en août 2008. Soutenue dans sa démarche par les Etats-Unis, la Suède souhaitait influencer MM. Poutine et Medvedev par le biais du Conseil de l’Europe, dont elle avait la présidence à ce moment-là, pour mettre un terme au conflit entre Moscou et Tbilissi.

« La Suède, en tant que présidente du Conseil de l’Europe, va chercher le soutien d’autres membres du Conseil contre la Russie et tenter dans les prochains mois d’exclure la Russie par vote », indique une note de l’ambassade américaine à Stockholm. « Cela en est encore au stade initial, mais c’est l’objectif actuel du ministre des Affaires étrangères Carl Bildt » est-il expliqué. La stratégie est claire: « l’idée est d’utiliser la présidence suédoise du Conseil de l’Europe (jusqu’en novembre 2008) pour mobiliser les soutiens et exclure la Russie du Conseil de l’Europe ».

Selon cette même note, la Suède, suivie par la Grande-Bretagne, la Belgique, le Danemark, les pays Baltes, la Slovénie, la Slovaquie et la Bulgarie, souhaitaient adopter une position dure avec « une réaction forte » de l’Union européenne contre la Russie. De leur côté, la France, l’Allemagne, l’Irlande, les Pays-Bas ainsi que Malte et Chypre jugeaient que l’essentiel était le respect du cessez-le-feu. C’est cette dernière stratégie qui a fini par l’emporter.

Les autres fuites

L’une des affaires révélées par les quotidiens suédois concerne l’avion de chasse suédois, le Jas Gripen 39. La Suède essayait de vendre son avion à ses voisins norvégiens dans le cadre d’une recherche d’économie globale des frais militaires par les pays scandinaves. Or pour ce faire, elle avait besoin d’acheter la licence américaine d’un radar équipant les Jas Gripen 39. L’obtention de cette licence était nécessaire pour permettre à cet avion de rentrer dans les critères minimaux de l’OTAN. Mais le télégramme diplomatique révèle que les Américains ont intentionnellement retardé leur réponse sur l’achat par les Suédois de la licence du radar. Cela a eu pour effet de forcer les Norvégiens à se tourner vers une autre offre (américaine évidemment avec les F35) pour pouvoir équiper leur armée d’avions respectant les normes de l’OTAN. Le gouvernement suédois fait face à la polémique actuellement en bottant en touche.

L’autre fuite importante révélée par WikiLeaks touche à des renseignements discrètement donnés par des fonctionnaires suédois aux services de renseignements américains dans le cadre de la lutte anti-terroriste à propos des voyageurs souhaitant se rendre aux Etats-Unis … mais sans que le Parlement suédois n’en ait été informé comme cela est pourtant inscrit dans la loi. Or, les câble diplomatiques précisent bien que les fonctionnaires ont souhaité que les échanges d’informations restent « informels » car la question de la surveillance des citoyens est très sensible en Suède. Depuis, le gouvernement tente de minimiser la portée des informations données.

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