WikiLeaks et Belgique : « une place clé en Europe » en 2009 face au couple franco-allemand

Dans un des nombreux télégrammes diplomatiques américains révélés par WikiLeaks, 852 documents concernent la Belgique. L’un d’entre eux est une note préparatoire envoyée par l’ambassade américaine à Bruxelles avant un voyage d’Hillary Clinton au Plat-pays. On y découvre que la Belgique est considérée comme une « place clé en Europe » en 2009, du fait de la nomination d’Herman Van Rompuy.

Pour préparer la venue de la nouvelle Secrétaire d’Etat des Etats-Unis, Hillary Clinton, l’ambassadeur américain en poste à Bruxelles, Howard Gutman, tente d’expliquer les tenants et les aboutissants de la crise belge qui secouait (déjà) la Belgique à l’époque. On peut lire dans le document que « votre visite se passe alors que la Belgique va occuper une place clé en Europe puisque Herman Van Rompuy vient d’être désigné président du Conseil européen. Vous aurez des entretiens avec le prochain Premier ministre Yves Leterme et avec le prochain ministre des Affaires étrangères, qui sera plus que probablement Steven Vanackere. Herman Van Rompuy, bien que Flamand, est l’un des politiciens qui semblait capable de gagner la confiance des Belges francophones et des Belges flamands. Son successeur le plus probable, Yves Leterme, est plus identifié comme Flamand et ne bénéficie pas de la même réputation. »

Voici la présentation du problème belge par Howard Gutman: « Avec trois Régions, trois Communautés linguistiques, sept Parlements et une myriade de partis politiques, la politique belge et la répartition des pouvoirs requiert une série de compromis délicats et compliqués. Un problème difficile est Bruxelles-Hal-Vilvorde, ou BHV, qui symbolise et porte une puissance émotionnelle inhabituelle en Belgique. Essentiellement, il s’agit de savoir si les résidents de la périphérie bruxelloise devraient vivre et voter sous le contrôle flamand ou avoir un régime spécial de droits sociaux et politiques francophones. Cette question a empêché la formation d’un gouvernement après les élections de 2007 et n’a toujours pas été réglée depuis lors. »

Si le travail d’analyse est bon de la part de l’ambassadeur, il sentait aussi que la situation politique pouvait ne pas se régler avant longtemps. Voici ce que disait ce câble daté du 24 novembre 2009 : « un effort particulier devrait être tenté pour essayer d’arracher un compromis final avant mars 2010. Et si les négociateurs échouent à parvenir à un accord, cela pourrait menacer la coalition de Leterme dans la première partie de l’année. Les politiciens belges veulent à tout prix éviter les ennuis durant la présidence de l’Union européenne, [ce qui devrait] les motiver à effectuer les compromis nécessaires, mais il n’y a pas de garantie qu’ils y parviendront. »

Finalement, la Belgique aura réussi a mené sa présidence du Conseil de l’Union européenne sans gouvernement officiel grâce à son administration rompue à l’exercice…

La Belgique pour contrer le couple franco-allemand ?

Dans un câble daté du 11 novembre 2009, on apprend que « au cours des derniers mois, l’ambassade (américaine) à Bruxelles a travaillé à un changement dans la perception que la Belgique a d’elle-même d’un pays petit et humble, vivant dans l’ombre de la France et de l’Allemagne, pour la transformer en un pays qui puisse faire preuve de leadership en Europe. Il s’agit de convaincre la Belgique que non seulement elle a un intérêt à jouer un rôle plus assertif, mais qu’elle a une personnalité inspirant une confiance unique qui lui permet d’être efficace » est-il écrit.

Il est ainsi clair que les Américains souhaitent ne pas voir un pôle franco-allemand trop fort dans l’Union européenne. Ils appliquent ainsi la fameuse maxime « diviser pour mieux régner »…

Wikileaks

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