Prix européen du livre 2010 pour Sofi Oksanen et Roberto Saviano

Le jury du prix européen du livre 2010 vient de récompenser dans la catégorie roman, la Finlandaise Sofi Oksanen pour son livre « Purge » et dans la catégorie essai, Roberto Saviano, le journaliste italien pour « La beauté et l’enfer ». Après le prix européen de littérature décerné à Bruxelles le 18 novembre à onze auteurs, voici une nouvelle occasion de découvrir des auteurs européens. Dans la jungle littéraire, la guerre des prix européens fait rage. Au détriment de la clarté pour les lecteurs ?

Le journaliste de Libération Jean Quatremer l’a annoncé sur son blog, le jury auquel il participe a décerné pour la quatrième fois un « prix européen du livre« . Après l’eurodéputée Sylvie Goulard et le Polonais Mariusz Szczygiel en 2009, ce sont une Finlandaise et un journaliste italien qui sont récompensés respectivement dans les catégories roman et essai. Après son best-seller devenu film « Gomorra« , le Roberto Saviano se voit à nouveau primé. Interviewé par 20 Minutes, il explique que « c’était [son] rêve d’être non seulement un écrivain qui parle à son peuple, mais au-delà. Mon public est européen. Le crime organisé doit être la préoccupation de toute l’Europe ».

Salué par l’ensemble de la critique, le livre « Purge » de Sofia Oksanen a déjà reçu le prix du roman de la Fnac. Pourtant, il aborde le sujet très dur des viols subis par les femmes dans le cadre des conflits et leurs difficultés à vivre avec le souvenir de ces violences. Une plongée au cœur de l’histoire des pays baltes et de leurs blessures.

Donner envie d’Europe par la lecture

Le prix européen du livre (doté de 10.000 euros pour les lauréats) existe depuis quatre ans. « A l’heure où se façonnent les identités économiques et institutionnelles, il est du devoir de chacun de rassembler les différences et de souder le sentiment communautaire » est-il indiqué sur le site du prix. Il est parrainé par un comité prestigieux : Jacques Delors (le président), Josep Borrell, Jerzy Buzek, Eva Joly, Jean Daniel, Etienne Davignon, Monica Frassoni, Denis Mac Shane, Pierre Mauroy, Paavo Tapio Lipponen, Jorge Sampaio, Mario Sepi, Guy Verhofstadt et Vaira Vike Freiberga. Le jury de l’édition 2010 était quant à lui présidé par le cinéaste allemand Volker Schlöndorff (« Le tambour »).

Cependant, il ne s’agit pas du seul prix européen concernant la littérature. Jeudi 18 novembre 2010, la commissaire européenne Andrea Vassiliou a remis à onze lauréats le prix européen de littérature. C’est en 2009 que la Commission européenne a décidé de lancer ce prix. Les lauréats se voient accorder une aide financière pour que leur œuvre soit traduite dans tous les pays de l’Union européenne.

A ce prix s’ajoute, celui décerné le 6 novembre à Strasbourg par l’Association Capitale Européenne des Littératures (ACEL) qui est également un « prix européen de littérature ». Ce prix a récompensé l’auteur britannique Tony Harrison pour l’ensemble de son œuvre.


Y a-t-il trop de prix pour des livres européens ?

On pourrait se demander avec cette inflation des prix littéraires si le public ne va pas se perdre au milieu de toutes ces récompenses. D’ailleurs, quand on regarde la couverture presse, peu de tous ces prix ont été mis en avant auprès du grand public. C’est le prix européen du livre qui tire le mieux son épingle du jeu avec différents papiers dans 20 Minutes, Le Figaro, Le Nouvel Obs, Rue 89, EuroNews

On pourrait être tenté de penser qu’une communication unique sur un livre européen serait une bonne chose pour que tous les médias européens parlent en même temps du même livre. Il est vrai que le prix européen de littérature porté par la Commission européenne ne récompense pas non plus un ou deux auteurs à mettre facilement en avant dans les médias, comme c’est le cas du prix européen du livre. Cependant, l’aide à la traduction par la Commission pour les onze lauréats est très importante pour diffuser auprès du grand public des œuvres qui resteraient sinon dans un cadre national.

Il est donc plutôt intéressant d’avoir un foisonnement des prix, surtout si ceux-ci ne récompensent pas de la même manière les auteurs. Au niveau français, personne ne remet ainsi en cause réellement les prix Goncourt, Femina et autres qui rythment et relancent la saison littéraire … et les ventes des auteurs primés.

La dimension culturelle européenne doit de toutes les manières être encouragée pour permettre aux liens unissant aujourd’hui les peuples d’Europe de se resserrer. La construction d’une identité européenne, complémentaire de celles nationale, régionale et locale, passe aussi par les références culturelles.

Europe, livres et prix

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