WikiLeaks: entre mandat d’arrêt européen, cyber-attaques et nouvelles révélations

Alors que de nouvelles révélations se font jour après la publication par le site WikiLeaks de 250.000 télégrammes diplomatiques américains, le fondateur du site Julian Assange est poursuivi sur internet… mais aussi par Interpol après qu’a été formé contre lui un mandat d’arrêt européen par des juges suédois pour une sombre histoire de viol.

Mardi 30 novembre 2010, un mandat d’arrêt international a été diffusé par Interpol contre de Julian Assange. Le fondateur du site WikiLeaks est accusé de viol et agression sexuelle pour des faits commis en août dernier en Suède. Son avocat, Bjorn Hurtig, a expliqué au journalistes qu’il ferait appel du mandat d’arrêt européen déclenché contre son client.

Le mandat d’arrêt européen remplace le système de l’extradition en imposant à chaque autorité judiciaire nationale (autorité judiciaire d’exécution) de reconnaître, ipso facto, et moyennant des contrôles minimums, la demande de remise d’une personne formulée par l’autorité judiciaire d’un autre État membre (autorité judiciaire d’émission). Récemment, ce mandat d’arrêt européen avait été utilisé aux Pays-Bas contre Klaas Faber, un des criminels nazis les plus recherchés au monde. Julian Assange est au centre de toutes les attentions. L’Equateur avait proposé de lui offrir l’asile. Mais avec le tollé diplomatique suite à la diffusion des télégrammes diplomatiques américains le président Rafael Correa est revenu sur cette proposition et a même accusé le site d’infraction à la loi.

Côté français, Michèle Alliot-Marie, le Ministre des Affaires étrangères et européennes, a estimé que « ce qui s’est passé est totalement irresponsable » mercredi 1er décembre sur Europe 1. « C’est une atteinte à la souveraineté des Etats. C’est également une atteinte à la confidentialité nécessaire de certains échanges. Et ça fragilise à la fois les relations internationales. Et qui plus est, cela peut mettre en danger un certain nombre de personnes », a-t-elle expliqué.

WikiLeaks victime de cyber-attaque

Ce n’est pas que dans les chancelleries du monde entier que les réprobations sont montées. Sur internet, les révélations du site WikiLeaks a provoqué la colère des hackers les plus nationalistes aux Etats-Unis. L’un d’entre eux s’appelle Jester et a revendiqué la panne subie par le site récemment sur Twitter, en disant : « Wikileaks met en danger la vie de nos soldats ». Pour faire face aux attaques, Wikileaks a changé d’hébergeur. Interrogé par l’AFP, Mikko Hypponen de la société de sécurité sur internet F-Secure a jugé possible que le pirate informatique ait pu être l’auteur de l’attaque contre WikiLeaks : »Il a déjà démontré qu’il était capable de lancer efficacement des attaques par déni de service, et il a revendiqué celle-ci aussi. Il en a les capacités et la motivation ».

Pour rappel, Wikileaks est une organisation créée en 2006 par l’Australien Julian Assange, dans le but de rendre publics sur Internet des documents officiels qui n’étaient pas destinés à le devenir. Pour ce faire, elle correspond avec des protocoles Internet différents (comme Tor) afin de garantir un total anonymat aux sources leur fournissant ces documents explosifs.

Les dernières révélations

Après la première vague de révélations, d’autres se font jour. Ainsi, le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a été obligé de démentir ce mercredi le fait d’avoir des comptes bancaires en Suisse après la parution d’une note diplomatique : « je n’ai pas un sou dans les banques suisses, donc je n’ai rien à prouver », a-t-il dit devant la presse à Ankara.

Côté français, ce sont les notes sur le président de la République qui font les choux gras de la presse. Nicolas Sarkozy serait notamment classé par la diplomatie de Washington comme étant « pro-américain » d’après Le Monde. C’est L’Express qui tire l’une des anecdotes les plus savoureuses racontée par l’ambassadeur des Etats-Unis en France: alors que Nicolas Sarkozy voulait lui présenter son fils : « Louis est apparu à l’entrée avec un petit chien à ses pieds et un gros lapin dans les bras. Pour serrer la main de l’ambassadeur, Louis a posé à terre le lapin, que le chien a commencé à courser depuis l’antichambre jusque dans le bureau de Sarkozy, ce qui conduisit au spectacle mémorable de Sarkozy courant, penché, pour attraper le chien, lequel courait après le lapin, pendant que Louis riait aux éclats dans le bureau. »

Mais tout n’est pas négatif, une chroniqueuse suisse du Temps s’émerveille (et se moque) ainsi du degré de détail contenu dans les fameux mémos diplomatiques. Celui-ci écrivait dans un des fameux télégrammes que sa commune est un « modèle » avec « des flèches [qui] viennent d’être peintes sur une chaussée pour confirmer aux automobilistes qu’ils peuvent aller à gauche, à droite ou en face comme ils le font depuis toujours », écrit-elle…

Wikileaks

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