Revue de web: l’Irlande à la Une

La crise de l’Euro entre dans un nouveau volet. Cette fois, c’est d’Irlande que viennent les secousses. L’île du trèfle à 3 feuilles a suscité beaucoup de remous dans la presse et les blogs. Tout d’abord, sur les conséquences pour la zone euro et sa monnaie. Ensuite sur le coût que cela va entrainer pour les partenaires européens, notamment en Allemagne. Peu sont les auteurs de billets à proposer des solutions.

La crise irlandaise de l’Euro apparaît dans la presse comme la suite de la crise grecque. L’Irlande avait clairement « besoin d’Eire » [Touteleurope], risquant d’entraîner avec elle le Portugal et l’Espagne [Euractiv].The Economist allait même plus loin en publiant en Une un pastiche du Radeau de la Méduse de Guéricault intitulé « Saving the euro ».

Les partenaires européens attendent clairement des décisions fortes du gouvernement irlandais [blog du FT]. Mais « le sauvetage de l’Irlande laisse un goût amer« . Jean-Dominique Giuliani de la Fondation Robert Schuman a l’impression que l’Irlande « veut le beurre et l’argent du beurre » en maintenant son idéologie économique tout en bénéficiant de l’aide européenne. Les éditorialistes européens d’après PressEurop n’arrivent pas à voir dans les différentes décisions prises pour sauver l’Irlande, et donc l’euro, si nous sommes vraiment sur la voie de la sortie de crise.

Les dirigeants européens essayent quant à eux de rassurer les marchés à coups de grandes déclarations rassurantes. Certains grands acteurs économiques participent à ce processus, tel Nikolaus von Bomhard le grand assureur munichois. Touteleurope.eu a décidé de proposer une infographie pour expliquer « le mécanisme européen de stabilisation » qui va permettre d’aider l’Irlande.

Le coût de l’aide à l’Irlande est chiffré en Allemagne

Le coût du plan d’aide à l’Irlande suscite aussi des réactions négatives. Jean Quatremer, le journaliste-blogueur de Libération, titre ainsi que « les contribuables européens vont payer pour sauver les banques irlandaises ». Dans Focus, magazine allemand, un article explique que l’Allemagne devra payer 30% des 90 milliards que les pays européens vont prêter à l’Irlande. Le Berliner Morgenpost estime ainsi à 17 milliards d’euros la contribution d’Outre-Rhin à cette immense aide financière. On se souvient déjà comment Angela Merkel avait tergiversé devant la fronde de l’opinion publique quant au renflouement de la Grèce… mais cette fois, il ne s’agit pas d’un pays « mal géré ».

L’incapacité européenne à se doter d’une gouvernance économique est d’autant plus criante. Les critiques sur la lenteur de l’Europe à avancer sur ces questions se retournent contre Angela Merkel. Pour Gabor Steingart du quotidien Handelsblatt, la politique européenne de la Chancelière ne sert pas les intérêts de l’Europe, ses décisions étant trop orientées par les intérêts exclusifs de l’Allemagne.

Un gouvernement irlandais pointé du doigt

La crise a entrainé un bouleversement politique majeure en Irlande. Pour Geery Feehily de PressEurop, le pouvoir se trouve désormais dans les mains de « l’équipe composée d’experts de la Commission européenne, de la BCE et du FMI qui a atterri le 18 novembre à Dublin ». Le blog a Fistful of Euros raille la gestion du sauvetage des banques irlandaises en 2008 qui conduit au désastre économique d’aujourd’hui. Neil Evans pointe quant à lui la fuite en avant que représentait une imposition sur les sociétés très basse, érigée comme modèle économique au détriment des autres pays européens. C’est bien le gouvernement irlandais qui est le plus critiqué dans cette crise, comme le souligne The European Citizen. Jason Mahony précise à ses lecteurs britanniques de son blog que ce n’est pas l’euro qui est en cause, les Irlandais ne souhaitant pas du tout « rejoindre le Royaume-Uni et la livre sterling ».

Alors que les grandes entreprises font pression sur le gouvernement irlandais pour qu’il ne change pas sa politique fiscale, les Irlandais semblent perdus sur l’attitude à adopter: le grand quotidien Irish Times titre que les « ministres et les prêtres ne peuvent plus que prier » pour sauver l’Irlande… D’ailleurs, comme le rapporte ce blog de Touteleurope, la conférence de presse du Premier ministre a été très dure pour lui.

Face au marasme, peu de propositions

Dans ce concert de critiques pour le gouvernement irlandais, peu de commentateurs essayent de proposer des solutions. Comme le souligne Bloggingportal, certains blogueurs proposent une réforme du secteur des banques. En Allemagne, Rolf Wenkel propose la possibilité pour les Etats de se mettre en faillite. Bernd Riegert soutient l’idée d’Angela Merkel de faire participer au sauvetage des Etats les acteurs privés qui sont responsables de cette situation. Pour Ursula Weidenfeld, c’est au niveau européen de trouver des solutions alternatives, les Etats étant à court d’idées.

L’eurodéputé Pascal Canfin (Europe Ecologie) fait une proposition simple mais qui semble régler un des dangers du dumping fiscal qu’a mené l’Irlande pendant des années au sein de la zone euro: « obliger les multinationales actives en Europe à payer les impôts là où elles ont une activité économique ».

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