Le dernier Conseil européen vu sur le web

Le Conseil européen des 28 et 29 octobre 2010 a été largement commenté sur le web par les différents acteurs de l’eurosphère. Beaucoup des commentateurs reprochent aux dirigeants européens de rouvrir le dossier institutionnel.

Eric Maurice pour PressEurop estime que la remise sur l’établi du traité de Lisbonne n’est peut-être pas l’idéal mais représente « la moins pire des solutions ». Christophe Bouillaud, professeur agrégé de Science politique à l’institut d’études politiques de Grenoble, est beaucoup plus sceptique : « la ligne choisie par le Conseil européen semble être d’atterrer encore plus les économistes atterrés dont je parlais tantôt, de les enterrer vivants si j’ose dire, ainsi que toute autre personne croyant encore à la fable d’une Europe sociale, d’une Europe-puissance ou d’une Europe ayant un ‘intérêt général européen’. »

Sur cette ligne, la révision des traités rend « l’Europe de plus en plus illisible pour gh_eu de EU Weekly. Plus direct, Daniel Vigneron sur MyEurope et Rue89 titre « A Bruxelles, c’est l’Europe économique qu’on assassine ». Le Journal du Marché intérieur revient sur la possible procédure simplifiée de révision pour éviter une nouvelle série de ratifications.

Un bilan contrasté

Les éditorialistes sont plutôt sceptiques sur les résultats. Ainsi l’ancien eurodéputé socialiste Gilles Savary pointe chez les Euros du Village que « le dispositif de prévention et de sanction des crises budgétaires des Etats membres pourrait être interprété comme un accès subit de Communautarisation supra nationale, sauf qu’il est placé sous le contrôle du Conseil et qu’en outre, ce dernier a décidé dans le même temps de limiter le budget propre de l’Union Européenne, déjà notoirement insuffisant… La Commission et le Parlement Européen en sortent évidemment amputés ».

Le blog du FT rappelle que « la lutte sur la révision du traité à l’intérieur de la salle sommet a été déchirante ». C’est bien le duo Sarkozy-Merkel qui a été au centre de tous les débats. Avant le sommet, Benoît Berthelot rappelait que « avec l’accord de Deauville, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont récolté dix jours de tempête ». D’ailleurs sur le blog de Charlemagne, c’est la Chancelière qui sortirait renforcée de ce sommet. Alors, « tout le monde a-t-il réellement gagné à Bruxelles ? » demande Gulf Stream Blues ?

Pour le député communiste Patrick Le Hyaric, avec les résultats de ce Conseil européen, « c’est la finance qui pavoise », alors que Jean Quatremer rapportait qu’ « après le compromis de Bruxelles, les marchés prennent peurs ». Noëlle Lenoir approuve quant à elle pour le Cercle des Européens et souligne qu’il y a « sept ans à peine, le couple franco-allemand faisait tout pour retirer au Pacte de Stabilité et de Croissance (PSC) tout caractère contraignant, aujourd’hui, l’Allemagne appuyée par la France veut au contraire lui redonner vie. Il était temps ! » Cependant Benoît Berthelot faisait déjà le bilan du sommet de Deauville quelques jours auparavant constatant à quel point le duo Sarkozy-Merkel agace l’Europe.

Jon Worth retient que le volontarisme de Cameron pour éviter toute hausse de cotisations budgétaires a été salué dans les journaux britanniques. Stéphanie Carion sur le blog de La Libre, « Trans Europe Express« , rappelle tout de même que cette attitude du premier ministre de sa Gracieuse Majesté n’a pas plus au dirigeant blge Yves Leterme…

Comment parler du Conseil européen ?

C’est la question à laquelle se sont attelés Jean-Sébastien Lefebvre et Michael Malherbe. Le premier a raconté le Conseil européen du point de vue journalistique, faisant un compte-rendu très complet de la difficulté pour un journaliste à couvrir un Conseil européen. Du côté de Cafébabel, le blog bruxellois du magazine souligne lui aussi l’anecdote quant au tweet-wall en salle de presse qui permettait de suivre le flux twitter consacré au sommet grâce au hashtag #euco.

L’auteur du blog « Se former à la communication européenne » analyse que « du point de vue des acteurs européens, la couverture médiatique d’un Conseil européen repose sur leur capacité à concentrer leurs propositions en amont et leurs interprétations en aval sur un enjeu susceptible de créer une unanimité éditoriale sur la manière dont il doit être perçu et rendu auprès du public ».

Il est vrai que les négociations diplomatiques, et donc sources de rumeurs ou de bruits de couloirs, sont très difficiles à suivre pour les citoyens européens.

6 commentaires

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