Berlusconi traite l’Europe « d’avocat marron »

Nouvelle berlusconnade ! Le président du Conseil italien a su trouver les mots pour une nouvelle sortie de route. Cette fois, sa victime est l’Europe en général et la Commission européenne en particulier, qui non seulement ne représente pas assez la population mais en plus aurait des pratiques « d’avocat marron ».

A l’occasion d’une interview dans le très sérieux Frankfurter Allgemeine Zeitung, Silvio Berlusconi n’a pas mâché ses mots à l’encontre de la Commission européenne. Au détour d’une question sur l’application du traité de Lisbonne, le président du Conseil s’emporte contre la Commission européenne :

« L’UE est de moins en moins perçue comme la garante de la paix et de la prospérité, mais au contraire comme un avocat marron, qui ne crée que des obstacles et des contraintes. La Commission se doit de mieux représenter les citoyens. Ce qui se passe, c’est que chaque Commissaire ne parle qu’en son nom. Cela manque d’une orientation claire ».

Si Silvio Berlusconi peut légitimement demander une politisation de la Commission européenne, sa méthode laisse pour le moins perplexe. Comment justifier de tels propos de la part d’un des dirigeants européens ? De plus, il est étonnant de constater que ce type de propos passe comme une lettre à la poste. La tension qui règne entre la Commission et les dirigeants européens n’est pas des plus favorables aux futures propositions que le Conseil européen doit adopter concernant la gouvernance économique. Un tel climat de suspicion montre à quel point la position des commissaires est fragilisée : ils n’ont que trop peu de légitimité populaire face aux dirigeants européens ou face aux eurodéputés.

Leur mode de nomination (pas plus d’un commissaire par pays) ne leur permet pas d’avoir une légitimité suffisante dans le débat politique. Soit on leur reproche d’être issu d’un pays (ce fut le cas des Anglais pour Michel Barnier ou de Mme Reding au moment de la polémique sur les Roms), soit comme vient de le faire Silvio Berlusconi de ne représenter qu’eux-mêmes. Une solution pourrait peut-être se trouver dans une politisation de l’institution elle même, avec un lien plus fort avec la majorité au Parlement européen ?

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