Clash Sarkozy – Barroso: une volonté d’apaisement après un sommet agité

Le président français Nicolas Sarkozy et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso ont eu un vif échange jeudi 16 septembre 2010 à Bruxelles à l’occasion d’un Conseil européen. Malgré cet « éclat de voix », les déclarations réalisées à la fin du Conseil ont été marquées par une volonté d’apaisement pour clore la crise politique qui secoue l’Union européenne au sujet des Roms.

La conférence de presse la plus attendue était celle du président français. Il n’a pas hésité à se montrer offensif en rappelant que « tous les chefs d’Etat et de gouvernements ont indiqué qu’il était profondément choquant qu’on s’adresse comme ceci avec des raccourcis historiques qui ont profondément blessé l’ensemble de mes compatriotes. […] Naturellement, je ne confonds pas une Commissaire européenne venant du Luxembourg et les représentants du Luxembourg. […] Je dois dire pour être parfaitement honnête que le président Barroso s’est totalement désolidarisé de la violence du propos assimilant la politique de la France à ce qui avait été mis en oeuvre de sinistre mémoire durant la Seconde Guerre Mondiale. On ne parle pas comme ça entre partenaires européens. Ces propos étaient profondément blessants et mon rôle de chef de l’Etat était de défendre la France. […] Mme Reding s’est excusée, j’en prends acte. La Commission comme c’est son rôle nous a posé un certain nombre de questions. Dans mon esprit, les questions ne peuvent pas être des injures. Les questions sont naturelles, les injures inacceptables. »

De son côté, la conférence de presse avec Herman Van Rompuy, président du Conseil européen, et José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, s’est déroulée dans un climat moins tendu. Après une présentation des résultats du Conseil européen en anglais, le président de la Commission a répondu à une question sur l’entretien qu’il a eu au déjeuner avec Nicolas Sarkozy. Voici sa réponse : « La Commission remplit son rôle de gardienne des traités. Toute sorte de discrimination est inacceptable en Europe en terme de minorité ethnique. Le respect de la dignité humaine est sacré pour l’Union européenne. Il est vrai que dans la passion des débats, nous avons entendu des commentaires exagérés. La Vice-Présidente de la Commission l’a reconnu elle-même hier. D’autres devraient penser à faire de même. La Commission pourrait aussi se plaindre d’une certaine rhétorique mais laissons ceci de côté, il y a des dossiers importants, ne nous laissons pas distraire des vrais problèmes.  La Commission va remplir son rôle de gardienne des traités dans le respect du droit communautaire où nous avons ce mandat que nous avons reçu non seulement du traité mais aussi des Etats membres. »

Herman Van Rompuy a d’ailleurs marqué « qu’il n’y a pas de divergence de vues quant au fond des choses » entre les différents protagonistes de ce Conseil européen.

Fin de la crise ?

Pas forcément. En effet, vu l’ampleur du débat au sujet des Roms dans l’Europe entière, un sommet européen sera organisé spécialement sur ce sujet dans les prochains mois. D’ici-là, le sujet risque de reprendre de la vigueur. En effet, lors de sa conférence de presse, Nicolas Sarkozy a expliqué avoir reçu le soutien d’Angela Merkel, la chancelière allemande, qui « allait également procéder dans les prochaines semaines à des évacuations de camps illégaux ». Ces propos ont été démentis le soir-même par le porte-parole du gouvernement fédéral à Berlin. Les médias d’outre-Rhin posent d’ailleurs la question ce matin sans prendre position. Par exemple, le quotidien Die Zeit titre son article par un « Merkel vs Sarkozy: parole contre parole« …

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