89% des Européens tiennent à la coopération pour le développement

Les Objectifs du Millénaire pour le Développement arrivent à échéance en 2015. A l’occasion d’un sommet de l’Organisation des Nations Unies (ONU) qui se tiendra fin septembre, le dernier Eurobaromètre revient sur la perception qu’ont les Européens de l’aide au développement. Une vision plutôt positive de l’action de l’Europe.

Le dernier Eurobaromètre publié en septembre 2010 analyse l’opinion publique européenne en matière de politique de développement en général, et, plus spécifiquemen, le rôle de l’UE en qualité de bailleur de fonds. Plus de 26 500 personnes dans l’UE ont été interrogées en juin 2010. A cette époque, les économies européennes étaient dans une forte instabilité, déclenchée par la crise de la dette publique en Grèce et les plans d’austérité adoptés par les gouvernements des Etats membres de l’UE en réponse à cette crise.

L’intérêt de cette étude est qu’elle donne l’état de l’opinion alors même que la Commission européenne se prépare à sortir un Livre vert sur « l’avenir de la politique de développement ». Un Sommet de l’ONU sur les Objectifs du Millénaire pour le Développement aura lieu du 20 au 22 septembre 2010, à seulement cinq ans de l’échéance de 2015, date à laquelle ces Objectifs du Millénaire pour le Développement devront être réalisés.

Les huit Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) ont été fixés par les chefs d’Etat du monde entier en 2000. Malheureusement, à 5 ans de l’échéance, la réalisation des OMD semble compromise. L’OMD 5, intitulée « Réduire de trois-quarts le taux de mortalité maternelle », est très loin d’être réalisée puisque 1 500 femmes meurent chaque jour de complications pendant leur grossesse et lors de l’accouchement. 95% de ces décès sont enregistrés en Afrique ou en Asie. D’autres OMD semblent sur une meilleure voie, notamment la réduction de l’extrême pauvreté et de la faim ainsi que le fait d’assurer une éducation primaire pour tous.

Des Européens prêts à donner aux pays en voie de développement

Pour différentes raisons historiques ou philosophiques, 89% des Européens accordent beaucoup de valeur à la coopération pour le développement. 45% la considèrent comme très importante, soit six points de plus que la précédente étude réalisée en 2009. Cette aide par la coopération est jugée comme une valeur ajoutée pour les pays en voie de développement (76%).

On remarquera que si une proportion significative de la population contribue personnellement à l’aide (26% par un don et 4% par du volontariat), la plus grande partie reste dans une position passive par rapport aux besoins de ces pays. Ainsi, 42% soutiennent ces objectifs mais ne se sentent pas impliqués personnellement. Pour nuancer, il n’y a que 21% des personnes interrogées qui sont indifférentes à l’égard de la coopération pour le développement.

La majorité des Européens (64%) soutient donc l’idée que l’aide devrait être augmentée, conformément à l’objectif fixé par l’UE en 2000. Ils sont même 14% parmi eux à penser qu’il faudrait aller au-delà. On constate cependant une baisse de huit points par rapport à 2009. La crise est passée par là.

L’Union européenne sur le podium des acteurs les mieux placés pour ce type d’aide

Pour les Européens, l’Union européenne arrive en troisième position des acteurs les mieux placés pour aider les pays en voie de développement. Derrière l’ONU et la Banque Mondiale. A problème mondial, réponse mondiale.

Il est à noter que les réponses ne sont pas forcément homogènes dans toute l’Union européenne. La moyenne  européenne se situe à 17% pour faire de l’UE l’acteur le mieux placé pour ce type d’aide. Mais il y a de vrais écarts. Ainsi, 31% des Chypriotes et 30% des Roumains interrogés mettent l’UE en avant. Ils sont suivis à plus de 20% par les Bulgares, les Lituaniens, les Danois, les Portugais, les Grecs, les Polonais et les Luxembourgeois.

Cinq pays sont en dessous des 15% : Finlande, Irlande, Espagne, Hongrie et Royaume-Uni. D’ailleurs les citoyens de sa Gracieuse Majesté ne sont que 9% à voir dans l’Union européenne un acteur légitime, préférant les Nations-Unis (31%) et les Etats-Unis (21%).

Globalement, les jeunes Européens (15-24ans) mettent également les Etats-Unis devant l’Europe (21% contre 18%), ce qui n’est pas le cas des ouvriers qui positionnent l’Union européenne devant les Etats-Unis (17% contre 15%). Quoiqu’il en soit, la taille de l’acteur semble être un élément pris en compte par les personnes interrogées : seulement 2% des sondés voient dans leur pays un acteur bien placé pour répondre aux besoins de l’aide au développement.

En savoir plus:

téléchargez le rapport de cet Eurobaromètre
site des Nations-Unis pour le sommet sur les Objectifs du Millénaire

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