L’Union européenne, une solution pour le Kosovo et la Serbie ?

La dernière décision de la Cour de Justice Internationale (CIJ) a remis sur le devant de la scène européenne les tensions entre le Kosovo et la Serbie. Conflit quasi impossible à régler tant les deux communautés se sentent dans leur bon droit à réclamer ce territoire. Mais justement, la construction européenne n’a-t-elle pas pour projet d’apaiser ce type de tensions en plaçant les belligérants d’hier en partenaires de demain ?

Alors que l’Union européenne envisage de s’élargir aux Balkans, la question de la reconnaissance du Kosovo risque d’être un point important de la future adhésion de la Serbie. Or, le président serbe Boris Tadic a clairement signifié que « la Serbie, bien entendu, ne reconnaîtra jamais l’indépendance du Kosovo ». Le conflit territorial n’est pas prêt de se régler. Il nourrit d’ailleurs à chaque élection les tendances politiques les plus nationalistes en Serbie depuis longtemps. La meilleure des solutions serait d’arriver à une relation apaisée entre les deux pays, où les Serbes et les Kosovars pourraient aller et venir sur chacun de leurs territoires en étant considérés comme égaux entre eux.

Ce rêve, c’est justement ce qui est porté par une partie du projet européen. Les jeunes générations peuvent considérer comme « normal » de se déplacer en Europe avec une simple carte d’identité ou de s’installer pendant un an dans un pays pour y apprendre la langue sans trop de tracasseries administratives. Nous avons tendance à l’oublier aujourd’hui mais la France et l’Allemagne sortaient pourtant à l’époque de trois guerres fratricides avec des millions de morts en moins d’un siècle.

Bien sûr, tout ne se fera pas du jour au lendemain mais quelle meilleure perspective pour la Serbie et le Kosovo que de voir dans une adhésion à l’Union européenne la solution à un conflit où chacun s’estime plus légitime que l’autre ?

Une Europe risquant la balkanisation

On le voit en Belgique aujourd’hui, en Catalogne récemment, en Slovaquie il y a peu, la balkanisation de l’Europe guette sur fond de conservatisme avancé. Les Etats membres voient apparaître de plus en plus de revendications nationalistes ou régionalistes qui risquent d’aboutir à un éclatement en plusieurs morceaux de territoires jusque-là unis. Avec derrière, le risque d’une plus grande incapacité encore à prendre des décisions dans l’organe le plus intergouvernemental de l’Union européenne, le Conseil européen.

Si ces revendications séparatistes peuvent être tenues pour légitimes par certains, on perd de vue le projet européen. Le retour sur soi est actuellement à l’œuvre et l’Union européenne n’est plus un moteur qui pousse à trouver des solutions pour dépasser les conflits d’hier. Il ne s’agit plus de diversité lorsque chacun se réfugie derrière ses propres frontières pour en exclure l’autre.

L’Union européenne, une solution pour dépasser le cadre yougoslave

Dans le cas de l’ex-Yougoslavie, il y a une différence notable avec cette balkanisation du Vieux Continent. L’adhésion à un ensemble comme l’Union européenne peut être conçue comme un progrès. Les différents peuples composant l’ancienne république yougoslave ne seront plus simplement égaux entre eux, mais participeront à un projet qui les transcende. Et cela ne sera plus limité à un projet entre anciens territoires de la Yougoslavie. Chaque citoyen pourra se déplacer chez l’autre non pas parce qu’il estime qu’il s’agit de son territoire mais parce qu’il veut y faire sa vie avec les autres citoyens européens présents.

L’adhésion du Kosovo et de la Serbie sont à souhaiter : cela permettra aux peuples qui aujourd’hui se détestent de vivre ensemble pour un projet qui les rapproche et qui les lie. Pour avoir un regard sur le futur plutôt que sur le passé.

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