Angela Merkel de toute façon perdante sur la présidence fédérale

La dernière tendance dans les chroniques sur l’actualité européenne est de pointer le fait que si la présidence fédérale de l’Allemagne allait au candidat SPD, ce serait un terrible camouflet pour Angela Merkel. C’est tout à fait vrai. Mais est-ce qu’à l’inverse, l’élection du candidat de la CDU serait une victoire pour elle ? Un retour en arrière nous permettra de voir que de toutes les manières, Angela Merkel sortira affaiblie de cette élection.

Mercredi 30 juin, l’Assemblée fédérale allemande élit son nouveau président fédéral. Pour le moment, le président par intérim est Jens Börhnsen (SPD), le président du Bundesrat (la Chambre Haute du Parlement) suite à la démission surprise du président en exercice, Horst Köller, le 31 mai 2010. Deux candidats s’affrontent pour le moment dans les médias. Tout d’abord le candidat des Verts et du SPD, Joachim Gauck, ancien dissident de la RDA et ancien Pasteur. Face à lui, le Ministre-Président de Basse-Saxe, Christian Wulff, le candidat de la CDU. Si le favori des médias est Gauck, le président est élu par un collège de grands électeurs, ce qui devrait avantager le candidat de la CDU, qui a su imposer sa candidature à Angela Merkel au sein de son propre parti.

Le candidat de la CDU, pas réellement celui d’Angela Merkel

Christian Wulff a su s’imposer à la Chancelière. En effet, cette dernière voulait présenter un autre candidat. Ou plutôt « une » autre candidate : Ursula Von der Leyen, sa populaire ministre du travail. Malheureusement pour Angela Merkel, celle-ci était rejetée par les partenaires Libéraux de sa coalition gouvernementale. De plus, elle ne pouvait pas se priver de sa plus populaire ministre alors que les enquêtes d’opinions lui sont défavorables.

En plus, depuis la défaite électorale en Rhénanie du Nord Westphalie, les cadres de la CDU ruent dans les brancards. A la pointe de la contestation, Christian Wulff déclarait alors : « Le gouvernement doit prendre en compte les souhaits des électeurs par la consolidation et l’assainissement des questions budgétaires encore plus sérieusement qu’auparavant ». Un tacle glissé qui avait plu à une bonne partie des dirigeants de la CDU.

Tous les scenarii défavorables à Angela Merkel

Angela Merkel sera de toute façon affaiblie quelque soit le résultat de l’élection :

– si Wulff est élu directement, elle aura un adversaire politique à convaincre en plus pour qu’il signe toutes les réformes qui auront été votées au Parlement. Une mini-cohabitation en quelque sorte.
– si Wulff est élu difficilement, elle sera la responsable de cette révolte des grands électeurs alors qu’elle est censée y avoir la majorité absolue. Le coup politique sera rude.
– si Gauck est élu, « Ka-tas-tro-phe ». elle portera l’entière responsabilité. Personne ne viendra rappeler que cette défaite sera liée au manque criant de charisme de Christian Wulff et à la très bonne campagne de Joachim Gauck.

Aucun scénario ne lui est favorable. Seule la reprise économique lui permettra de repartir de l’avant. Surtout qu’après avoir joué la carte internationale pour redorer son blason, les avancées poussives des derniers Conseils européens et le surplace du G20 ne lui permettent plus de contre-balancer son bilan jugé comme négatif sur le plan intérieur.

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2 commentaires

  1. Le Chancelier est l’équivalent du 1er ministre en France. Pour le président, on peut comparer son rôle à celui du Roi au Royaume-Uni ou le président de la république française sous la IIIème république : il a très peu de pouvoirs.

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