L’alternance semantique au Royaume Uni

Le discours prononcé hier par la Reine Elizabeth II permet d’y voir plus clair sur les réformes que prépare le nouveau gouvernement de coalition britannique. Un agenda mariant mesures de rigueur (d’inspiration Tory et contestées par les libéraux-démocrates) et aspects « progressistes » (réclamés par le parti de Nick Clegg et faisant grincer les conservateurs).

D’importantes réformes institutionnelles sont au programme, touchant aux fondements du régime britannique : le mode de scrutin devrait faire l’objet d’un référendum, appelé de ses vœux par le vice-premier ministre. En effet, en vertu du système électoral actuel, les Lib-Dem ont remporté 23% des voix mais seulement 9% des sièges à la Chambre des communes, tandis que 29% des voix permettent aux travaillistes d’en récolter 39%.

Les politiques britanniques vont s’infléchir dans le sens d’une implication plus forte du secteur privé dans le service public, par le biais d’importantes réformes libérales concernant notamment les écoles, le système de sécurité sociale (NHS) et la Poste Royal Mail. Les libertés civiles devraient être accentuées, le gouvernement prônant également un recul de l’implication de l’Etat dans les vies de ses citoyens.

Concernant l’Union européenne, grande absente de ce discours (il suffit pour s’en convaincre de comparer ces deux « wordle » du Guardian représentant les discours de 1997 et 2010), la Reine a seulement annoncé la tenue d’un référendum sur le transfert de souveraineté.


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