L’Union européenne mal notée par les blogueurs sur la crise grecque

La crise grecque et l’aide accordée par l’Union européenne soutenue par le FMI fait débat. Sur la blogosphère, plusieurs tendances apparaissent :

– l’attitude de l’Allemagne est jugée plutôt négativement ;
– une vision critique du fonctionnement actuel de l’Union européenne ;
– l’espoir d’un rebond.

L’attitude de l’Allemagne est jugée plutôt négativement

Pour le journaliste de Libération Jean Quatremer, « l’attentisme d’Angela Merkel a des conséquences économiques pour la zone euro : les tergiversations allemandes, dictées par des considérations de politique intérieure, ont finalement coûté très cher à la zone euro : un langage ferme et uni dès le départ aurait permis de ne pas débourser le moindre kopek, les marchés détestant l’incertitude ». Sur le Taurillon, Pascal Malosse estime qu’il y a en Allemagne « une réaction « nationaliste » de l’opinion publique [qui] est suivie par quasiment tous les partis politiques. Les verts, die Linke, le SPD, la CDU-CSU et surtout le FDP, personne n’ose dire qu’il faut aider immédiatement la Grèce ».

Une vision critique du fonctionnement actuel de l’Union européenne

L’éditorialiste sur les questions européennes de The Economist, Charlemagne, pointe qu’il faut « oublier les bonds en avant [institutionnels] pour le moment. Simplement conserver l’euro sur de bons rails dans les prochains mois sera déjà une tâche des plus effrayantes ». Charles Wyplosz sur Telos rappelle que « chaque pays étant souverain, la politique budgétaire est de sa responsabilité pleine et entière. […] L’union monétaire crée l’illusion d’une protection ». Du côté de La lettre volée, la conclusion appelle à… un retour au franc : « tant qu’à avoir une monnaie de deuxième rang, autant avoir une monnaie dont on contrôle le taux d’intérêt au sein d’une zone économique cohérente (euh, oui, le franc…) ».

Tous les blogueurs ne sont pas aussi tranchants sur l’avenir de la monnaie commune. Cependant, même l’ancienne Secrétaire d’Etat aux Affaires européennes Noëlle Lenoir s’interroge dans sa chronique vidéo sur « la capacité des Etats européens à prendre leurs responsabilités face aux défaillances d’un partenaire et l’avenir de la zone euro ». Selon la présidente du Cercle des Européens, « cette crise est autant une crise institutionnelle, qu’une crise morale, car c’est l’idée même de l’Europe qui est aujourd’hui en jeu ».

Le volcanique eurodéputé du Parti de Gauche, Jean-Luc Mélenchon, pense que « la spéculation ne peut être stoppée rapidement. Au contraire elle peut disposer des fonds mis à sa disposition par la BCE ! Un comble ! Cependant il existe dans le traité des dispositions pour les cas de crise majeure. Ces mécanismes se situent dans la partie du TFUE qui traite de la politique économique et monétaire. Il s’agit des aides exceptionnelles à un État membre de la zone euro » (article 122 alinéas 2 du TFUE). Robert Toulemon, ancien fonctionnaire à la Commission européenne, pointe l’inadaptation du pacte de stabilité : « trop laxiste en période de haute conjoncture, trop restrictif en période de croissance molle. […] La crise grecque comme celle du cafouillage dans la gestion de l’espace aérien signe l’échec de l’Europe des États ».

Plus léger, Julien Frisch, éditeur de bloggingportal.eu, s’en prend à la communication de la présidence européenne qui a notamment eu le tort d’agrémenter son communiqué de presse sur l’aide à la Grèce d’une photographie trop souriante : faîtes-vous votre avis.

L’occasion de rebondir ?

Certains profitent de la crise grecque pour former le vœu d’un rebond. Un rebond dans la gestion financière des Etats. Ainsi, sur Fenêtre sur l’Europe, Patrick-Martin Genier espère que la situation fera « prendre conscience aux Etats que l’on ne peut pas vivre éternellement au-dessus de ses moyens, reporter constamment la dette publique sur les générations futures, enfin rappeler à leurs mémoires qu’il existe des règles du traité qui imposent une gestion stricte des finances publiques. Alors que lors de ces dernières années, le respect des critères de Maastricht n’étaient plus, si l’on a bien compris, la priorité des Etats. En ce sens, dans l’histoire de l’Europe, il y aura un « avant » et un « après » la crise grecque ».

Rebond dans la solidarité européenne : pour D-mocrat (blogueur dans la galaxie Modem), « les grecs sont des Européens comme nous, il ne faut pas les abandonner aux caprices du marché. Les marchés ont perdu beaucoup d’argent avec la crise ils essayent de se refaire en attaquant les Etats ». Jean Quatremer conclue quant à lui : « ceux qui doutaient de la mise en œuvre de la solidarité proclamée depuis le 11 février dernier en sont pour leurs frais avec l’annonce de l’aide de 110 millions d’Euros à la Grèce par le Conseil européen ».

Les inquiétudes cependant restent sur le possible effet domino de la crise grecque à certains autres pays de la zone euro. Nous ne pouvons que vous inviter à lire l’interview sur Touteleurope.fr d’Ana Navarro Pedro, journaliste pour l’hebdomadaire portugais Visão, pour qui : « Le Portugal n’est pas la Grèce, mais ses perspectives restent sombres ».

A lire également : [Un retour au franc, vraiment ?]

1 Commentaire

  1. Este artículo se centra demasiado en blogs franceses. Sería interesante ver qué dicen algunos blogs de otros países de la UE.

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