S.O.S. session fantôme

Mais que se passe-t-il au Parlement européen de Strasbourg en ce jour de session plénière ? Non contente de tenter de nous perdre (l’accueil de la presse a été déplacé pour cause de travaux) au sein d’un labyrinthe que nous avons mis des mois à apprivoiser, l’administration européenne semble avoir fait évacuer les lieux. Pas de panique ! Aucun feu ni épidémie en vue, tout ceci n’est que l’une des (innombrables) conséquences du réveil dans le sud de l’Islande d’un petit volcan qui, après avoir dépeuplé de chefs d’Etat l’enterrement du président polonais Kaczynski, et paralysé depuis une semaine l’ensemble du trafic aérien européen, vient d’empêcher les députés de se rendre au travail. Tout simplement. Alors, ça donne quoi le Parlement un jour d’école buissonnière généralisée ?

Car s’il est une semaine importante dans la vie de l’institution représentative des citoyens européens, c’est bien celle de la plénière de Strasbourg. Débats enflammés, invités VIP et surtout coup de projecteur assez exceptionnel de la part des médias … si les eurodéputés ne chôment pas le reste du mois à Bruxelles, ou dans leur circonscription locale, ils ne ratent qu’en cas de force majeure la plénière strasbourgeoise.

Or ce matin, les couloirs de l’immense bâtiment était bien vides. Point de file d’attente au bureau des accréditations, pas de bousculade aux alentours de l’hémicycle, pas une caméra de télé en vue … le calme (et la sérénité ?) règne dans les couloirs du Parlement.

Et pour cause : faute de liaisons aériennes, bon nombre de députés n’ont pu se rendre en ce début de semaine dans la capitale alsacienne. Faute de députés, le Parlement a décidé, certes de maintenir la session, mais d’ajourner et de reporter l’intégralité des votes.  Faute de votes, beaucoup de députés ont donc décidé de sécher les travaux parlementaires cette semaine. Et faute de vote ET de députés, les journalistes sont également restés chez eux. Bref, autant dire qu’il ne se passe pas grand chose en ce mardi matin dans l’antre de la démocratie européenne.

Le Président du Parlement prouve cependant que lorsqu’on veut, on peut : Jerzy Buzek est en effet bel et bien au poste ce matin … alors qu’il était à Cracovie dimanche pour rendre hommage à son compatriote Lech Kaczynski !

L’espace presse, d’habitude si animé, est donc lui aussi silencieux, comme vidé des multiples langues qui chaque mois se mélangent pour créer une cacophonie presque réconfortante. Autant dire qu’on ne traîne pas trop longtemps dans ces allées désertées. Même le célèbre desk du correspondant de Libération est vide. Jean Quatremer aurait-il lui aussi rebroussé chemin ? Direction le bar des journalistes, dans l’espoir de croiser quelques nos confrères. Peine perdue : cinq minutes pour se faire servir un café … se serait-on trompé de date ?

Non, nous le confirment les membres de l’administration bruxelloise, qui ont fait comme tous les mois le déplacement, en train ou en voiture, mais qui plieront bagage dès demain soir, alors qu’ils rentrent en général le jeudi.

Nous croisons tout de même dans la cour du bâtiment Louise Weiss le Secrétaire d’Etat aux Affaires européennes Pierre Lellouche qui semble avoir profité de l’accalmie pour venir à la rencontre du Forum des francophones. Attendu également par les eurodéputés, Bruno Le Maire, de son côté, n’a finalement pas fait le déplacement, faute de discussion maintenue sur le dossier de l’agriculture.

Les débats sur la PAC ne font décidément pas recette aujourd’hui. Fermement attendu pendant plus d’une demi-heure devant le studio d’enregistrement du Parlement, un député socialiste que nous avions cordialement invité à participer à notre émission ‘Touteleurope en débat’, nous a fait faux bond … même si sa présence dans l’hémicycle quelques minutes auparavant nous a été confirmée ! Remercions donc la Bulgare Mariya Nedelcheva de s’être tout de même exprimée, seule donc, sur la question de l’orientation future des aides de la PAC (en ligne demain sur Touteleurope.fr).

Nous ne repartons donc pas bredouille de Strasbourg mais un peu déçus de ne pas avoir vécu l’excitation, toujours promise, jamais manquée, d’une vraie session plénière strasbourgeoise. Et craignons déjà un peu la prochaine session, qui aura lieu le 5 mai à Bruxelles, et durant laquelle auront lieu tous les votes qui ne seront pas organisés cette semaine … en une seule journée !

Un report qui fait grincer les dents chez les Britanniques notamment qui devront choisir entre exercer leur mandat européen, ou participer à un vote non moins important pour eux : les élections législatives en Grande-Bretagne.

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