Extrême-droite européenne : l’alerte hongroise ?

L’Europe va-t-elle prochainement virer du bleu au brun ? Entré au Parlement européen en juin 2009 le parti d’extrême-droite hongrois, qui porte le doux nom de parti Jobbik, soit à la fois « le plus à droite » et « le meilleur » en hongrois, a recueilli 17 % des suffrages lors des élections législatives du week-end dernier. Longtemps minoritaire et tapie dans l’ombre des hémicycles, l’extrême-droite serait-elle en train de gagner du terrain en Europe ?

Car l’Alliance des Jeunes de Droite-Mouvement pour une meilleure Hongrie, autre appellation du parti Jobbik, n’est pas la seule à faire planer l’ombre du populisme sur les élections des Etats membres de l’Union.

Dernière alerte en date, avant les élections hongroises, les régionales en Italie qui ont suivi de près celles organisées en France. En effet, nous ne partageons pas que le mois d’organisation des élections avec nos voisins transalpins (le mois de mars). Ni le fort taux d’abstention. Mais également la tendance de l’électorat qui se déplace dans certaines régions à voter très à droite. Ainsi le Front national de Jean-Marie Le Pen a fait un très bon score en Provence-Alpes-Côte d’Azur (plus de 26 % des voix), ou encore dans le Nord-Pas-de-Calais (plus de 20 % des voix). Et la Ligue du Nord italienne, qui n’a récolté que 12,7% des voix au niveau national, en cumule 31% en Vénétie – où elle s’impose devant le parti de Berlusconi – et 17% au Piémont (voir le billet).

Le parti Jobbik franchit donc une étape supplémentaire en prenant plus d’un siège au Parlement hongrois. 17 % des voix pour une élection nationale, c’est ce qu’on appelle un beau score. Et s’il ne décroche que la troisième place de ces élections, il monte tout de même sur le podium.

Insécurité, chômage, racisme et surtout stigmatisation d’une communauté à l’origine de tous les maux nationaux, en l’occurrence les Roms : le parti Jobbik reprend sans se fouler les bons filons d’un populisme qui trouve écho dans des sociétés frappées par la crise économique.

Et le signal envoyé par ses victoires électorales ne doit pas être pris à la légère. L’extrême-droite pourrait bien, un jour, quitter son rôle de contestataire peu ou non-représenté pour devenir une véritable force d’opposition. Et non, ça ne se passe pas que dans les nouveaux pays de l’Union. La preuve : l’Italie … ou les Pays-Bas.

En effet bien plus inquiétante encore est la menace représentée par le Néerlandais Geert Wilders, populiste et islamophobe, qui ambitionne de battre un record le 9 juin 2010 aux Pays-Bas : son Parti de la liberté (PVV) vise la première place à l’issue des élections législatives néerlandaises, après sa démonstration de force lors des municipales de mars 2009. Le PVV y a engrangé 17 % des voix, devenant la deuxième force politique du pays.

Alors qu’elle célébrera le 9 mai prochain les 60 ans de la déclaration qui l’a vue naître, l’Europe ne devrait pas oublier qu’elle s’est constituée avant tout pour préserver la paix sur son territoire. Et ne devrait pas laisser les bons vieux relents de nationalisme, dignes du ‘plus jamais ça’, envahir à nouveau son atmosphère.

1 Commentaire

  1. Mais il ne faut pas oublier non plus que c’est l’Europe « DES NATIONS » qui a permis la paix et non pas l’Europe d’aujourd’hui simplement et purement économique se foutant du peuple et de ce qu’il peut ressentir… et apparemment ici aussi

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