L’extrême droite a le vent en poupe… de l’autre côté des Alpes

L’appel des urnes n’est plus particulièrement attractif pour les
Italiens qui ont pris l’habitude  de bouder les élections. Les élections
régionales de ce week-end ont confirmé la tendance qui se poursuit
depuis les élections européennes de juin 2009.

Avec un taux de participation de 63,6% (en baisse de 8% par rapport au scrutin précédent de 2005), le peuple italien s’éloigne de plus en plus de la vie politique et de ses dirigeants. Résultat d’une campagne électorale riche en polémiques et pauvre en contenu ? C’est fort probable.
 
Cependant les élus ne veulent ni entendre, ni comprendre le message clair et incontestable envoyé par les abstentionnistes. Ils préfèrent interpréter les résultats électoraux pour avancer la thèse de la grande
victoire.
 
L’Italie a assisté à ce spectacle désolant en juin 2009, elle y assiste à nouveau en mars 2010. De droite à gauche, tous les représentants politiques ont le sentiment d’avoir gagné le match. La gauche s’enorgueillit de s’être emparée de 7 régions sur 13, tandis que la droite revendique sa victoire dans les régions les plus peuplées. Rien n’est faux en communication politique… mais pour rétablir une certaine objectivité, il convient de relativiser les chiffres fournis.
 
En effet, avant le scrutin des 27 et 28 mars, la gauche détenait 11 des 13 fiefs en jeu, ce qui se traduit de facto par une débâcle de l’ensemble des petits partis de gauche qui rivalisent entre eux plutôt
que d’établir des alliances solides.
 
Parallèlement, le succès du PDL (Peuples des Libertés), le parti du président Berlusconi, est tempéré par le résultat de la Ligue du Nord, vraie gagnante de ces élections régionales. Pour la première fois, le parti du « Senatur » (Umberto Bossi, leader de la Ligue du Nord) remporte la présidence de deux grandes régions, la Vénétie et le Piémont.
 
Signe que la politique de terrain menée depuis des années dans les régions septentrionales commence à payer; la Ligue du Nord y réalise d’excellents scores. Elle comptabilise 12,7% des voix au niveau national, mais 31% en Vénétie – où la Ligue s’impose devant le PDL – et 17% au Piémont. Le chiffre le plus significatif est enregistré en Emilie-Romagne, région rouge par excellence, où la Ligue du Nord a tout de même remporté 13% des voix.
 
Peur des immigrés, du chômage, de la globalisation et réaffirmation d’une forte identité locale sont les arguments utilisés au cours des dernières années pour parvenir à un résultat si spectaculaire.
 
Dès aujourd’hui, les représentants de la Ligue du Nord peuvent siéger à plein titre parmi les dirigeants politiques qui comptent. Et peu importe si cette montée en puissance s’inscrit dans une logique anti-européenne de fermeture des frontières et de protection des identités régionales.

1 Commentaire

  1. Il est très regrettable de voir la « résurrection » des ces mouvements prônant le replis au lieu de l’ouverture européenne…

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