Etats Unis – Europe : Vu du Bureau ovale

A l’heure où Nicolas Sarkozy se trouve à New York, la prophétie du think tank ECFR de semble se réaliser. En novembre dernier, l’EFCR avait publié un bilan très sévère de l’état des relations euro-américaines. En relayant les critiques de l’administration américaine sur le temps perdu dans des mondanités protocolaires et le manque de discussions de fond lors des rencontres officielles de ce côté-ci de l’Atlantique, l’EFCR avait épinglé le comportement quelque peu obséquieux des européens vis-à-vis des Etats Unis.

Selon cette étude, chaque pays européen chercherait désespérément ses cinq secondes de gloire aux côtés du Chef de l’Etat américain, le temps d’une photo officielle pour la presse nationale, au point d’exaspérer profondément l’intéressé. Alors qu’eux-mêmes recherchent depuis des années une plus grande implication des pays européens dans les actions de l’OTAN et dans la guerre en Afghanistan ou encore récemment sur le nucléaire iranien.

Ainsi a-t-on appris ces derniers jours sur EUobserver que le Président des Etats-Unis souhaite tenir des sommets euro-atlantiques uniquement quand l’agenda politique l’exige. Quelle drôle d’idée pour un agenda politique rythmé de rencontres officielles… Finies les sempiternelles valses diplomatiques des sommets réguliers.

Ironie du sort, il aurait fallu que l’administration américaine rappelle les nouvelles règles du Traité de Lisbonne à la Présidence espagnole qui, si désireuse d’accueillir M. Obama à Madrid, avait tenté de voler la vedette au nouveau Président du Conseil européen. Dorénavant, les sommets seront présidés par M. Van Rompuy que cela plaise ou non aux dirigeants européens, dépouillés depuis peu de certaines de leurs anciennes responsabilités.

Même la « relation spéciale » explique-t-on dans le Guardian est en train de pâtir sérieusement de la nouvelle présidence. Fils d’un Kenyan et élevé en partie en Indonésie, le Président Obama ne nourrit pas une nostalgie pour le vieux continent. Sa conception des relations internationales est trop mondialisée et multilatérale pour se restreindre à une relation si exclusive.  Selon un ancien Ambassadeur britannique cité dans le quotidien britannique, « si on veut jouer les coudes et être entendu, il faut avoir quelque chose d’important à dire ». Bref, il faut avoir une approche plus stratégique et une attitude de Realpolitik dans les nouvelles relations avec les Etats-Unis. « L’image de caniche héritée de la guerre irakienne dessert les intérêts et la réputation du Royaume Uni », explique l’ex-ambassadeur.

Plus optimiste, Notre Europe suggère dans une étude récente, inspirée des réflexions d’éminentes personnalités européennes (Delors, Prodi et Fischer, Buzek…), que les Etats-Unis et l’Europe adoptent en urgence une doctrine commune pour la maîtrise de la mondialisation pour ne pas réitérer l’échec des négociations à Copenhague, de sorte de permettre à l’Europe de peser sur la régulation internationale. On sent que le dénouement danois, lorsque Obama a laissé de côté les Européens pour conclure un accord avec les pays émergents, n’a toujours pas été digéré de ce côté-ci de la « grande flaque ».

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