Régionales : l’Italie … aussi !

En France, on ne parle que de ça. Les élections régionales, dont le second tour aura lieu dimanche, sont au coeur de l’attention médiatique. Mais le hasard du calendrier faisant bien les choses, nous ne parlerons pas ici de l’Alsace, de la Bretagne ou encore de la Corse, mais de la Vénétie, du Latium et de la Lombardie. En effet, les 28 et 29 mars prochains certains nos voisins transalpins éliront également leurs présidents de région. Retour, à une semaine du scrutin, sur les événements d’une campagne italienne haute en couleurs.

Girls, girls, girls …

On devrait s’y être habitué, mais Silvio Berlusconi ne cessera de nous surprendre. Amateur de jolies femmes (sa réputation n’est plus à faire sur ce point), le Président du Conseil italien aime être bien entouré. Et les listes que présente son parti, le Peuple de la Liberté (PDL), sont une nouvelle fois à son image.

Les candidates sont, à l’instar de la ministre de l’Environnement Stefania Prestigiacomo, plutôt bien faites de leur personne. Certes, mais elles ont un autre point commun : un curriculum vitae pour le moins original dans le monde de la politique.

En effet, si Madame Prestigiacomo affiche une jolie carrière dans le monde des affaires, les autres candidates sont plus connues pour leurs prestations à la télévision italienne !

Quelques exemples ? Mara Carfagna, sixième au concours de Miss Italie en 1997, showgirl à l’émission « La domenica del villaggio », co-présentatrice du programme « Piazza grande » et … ministre de l’Égalité des chances dans le gouvernement de Silvio Berlusconi. Lequel, toujours aussi gentleman, a même déclaré que si elle n’était pas mariée il l’épouserait sur le champ, provoquant l’ire de sa propre épouse.

Et la liste ne s’arrête pas là. Déjà en juin dernier, certaines candidates italiennes aux élections européennes semblaient plus prêtes à embarquer pour l’Ile de la tentation qu’à siéger dans l’hémicycle. Les nouveaux visages proposés par Silvio Berlusconi pour les régionales ne devraient pas dépareiller.

Pourraient ainsi être élues Graziana Capone, 24 ans, une jeune starlette de télé, ou encore Nicole Minetti, 28 ans. La lecture du cv de cette dernière laisse particulièrement pantois puisqu’elle était jusqu’à présent assistante dentaire. Candidate en Lombardie, elle a rencontré Il Cavaliere, selon le Daily Telegraph, le soir où ce dernier s’est fait agresser par un déséquilibré. Il faut croire que ses soins ont été particulièrement efficaces.

On prend la loi, et on la change

Mais au-delà des allures de pom-pom girls de certaines candidates, ce sont les scandales autour de la composition de certaines listes régionales du Peuple de la Liberté qui entachent réellement ces élections.

En effet, tout commence le 27 février, lorsque le mandataire du PDL entre dans les bureaux de la commission électorale de Rome pour y déposer une liste de soutien à Renata Polverini, la candidate du parti de Silvio Berlusconi dans la région du Latium. Il est presque midi, heure limite de dépôt, et le mandataire ressort pour « manger un sandwich » … et revenir quelques minutes plus tard, mais trop tard.

La candidature de Madame Polverini est donc rejetée, ce qui est loin de convenir au Président du Conseil. Et les bévues continuent quelques jours plus tard lorsque Roberto Formigoni (PDL), gouverneur sortant de Lombardie pratiquement assuré d’obtenir un quatrième mandat, se voit également exclu de la campagne au motif qu’il n’a pas réuni le nombre suffisant de parrainages.

Un nouvel obstacle infranchissable pour Silvio Berlusconi ? Il en faudrait plus que ça. L’omnipotent chef du gouvernement italien a décidé d’adapter la loi électorale aux circonstances. Ainsi, si Renata Polverini, suite à une décision de justice, est désormais hors compétition, Roberto Formigoni pourra bien se présenter.

Un scandale pour l’opposition italienne, qui n’a pas manqué de le faire savoir par une vaste manifestation le week-end dernier, qui a réuni plus de 200 000 personnes à Rome. Et des sondages de plus en plus défavorables pour le PDL qui vise pourtant 6 régions sur 13.

Mais Silvio Berlusconi n’est pas homme à se laisser abattre et n’aime pas beaucoup qu’on critique sa politique. Il répondra donc demain, samedi 20 mars, à ces opposants par une grande manifestation qui attend plus d’un million de participants. Et le leader du PDL se donne les moyens de ses ambitions : 3.000 autocars, 3 trains spéciaux, un ferry desservant la Sardaigne et des vols charters seraient mobilisés.

On ne pourra pas dire que les élections italiennes manquent de piment.

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