Copenhague : une leçon pour l’Union européenne

Quelques jours après la fin du sommet de Copenhague sur le réchauffement climatique, les commentaires négatifs sur l’Europe continuent à pleuvoir. Dans une tribune publiée par le Monde cet après-midi, l’eurodéputée Corinne Lepage n’hésite pas à qualifier Copenhague d' »échec humiliant pour l’Europe ». Jean Quatremer relevait récemment sur son blog la même propension des media à « basher » les représentants du Vieux continent, dépassés et marginalisés par le dialogue stratégique sino-américain. Ainsi une dépêche de Reuters : « l’Europe a perdu la bataille de Copenhague sur le climat ».

On aurait pourtant tort de railler à ce point l’Europe. C’est en effet elle qui a tenté pendant 10 jours de rallier, en vain, les gros pollueurs de la planète à l’idée d’un traité ambitieux et contraignant. C’est elle qui a également montré la voie dans les pays développés en adoptant le paquet Energie-Climat, objectifs chiffrés à l’appui. Cette législation européenne est – on l’oublie trop souvent – à la pointe des mesures visant à décarboner les économies. Ce volontarisme politique n’a malheureusement pas payé.

Les efforts des délégations européennes n’ont pas suffi à convaincre Pékin, Washington et New Dehli. Pour le ministre de l’Environnement suédois, Andreas Carlgren, actuellement à la présidence de l’Union européenne, la conférence de Copenhague sur le réchauffement climatique s’est finalement achevée sur un « désastre »

A ce stade, on peut légitimement incriminer l’Europe sur un point. L’unité de ces négociateurs. Une délégation représentant l’Union européenne plus vingt-sept délégations nationales, cela brouille le message européen. A l’avenir, il serait donc pertinent de confier à un commissaire européen, le soin de négocier les accords climatiques sur le modèle de ce qui se fait déjà à l’OMC lors des « rounds » : un mandat établi par le Conseil et le Parlement en amont, puis une seule et unique délégation portant un message clair lors des sommets.

Seul hic, la prochaine commissaire européenne en charge du climat, susceptible d’incarner plus fortement l’Europe dans ce domaine, n’est autre que Connie Hedegaard, la présidente danoise de la Cop15. Très contestée pendant les négociations, elle a du démissionné. Pourra t-elle reprendre le flambeau une fois à Bruxelles ? Difficile à dire. Il lui reste en effet à franchir l’obstacle de son audition par le Parlement européen. Prévu pour janvier, ce grand oral pourrait lui être fatal avec l’échec du sommet climatique qu’elle avait la charge de présider.

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