La Toile européenne soutient les femmes

« Nous aurions l’air un peu ridicules si nous ne parvenions pas à nommer une femme ». Ces propos tenus par Alexander Stubb, le ministre finlandais des Affaires étrangères, relaient un malaise grandissant en Europe : celui de ne voir aucune femme occuper le devant de la scène (européenne). Les dernières tendances donnent deux hommes gagnants pour le ticket « président du Conseil européen, Haut représentant », les deux nouveaux postes du traité de Lisbonne. A l’heure de la parité, ce tableau masculin passe mal dans certaines capitales et au Parlement européen.


On retrouve les mêmes inquiétudes à Bruxelles. José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, a publiquement appelé les Etats à proposer plus de femmes pour les postes de commissaires. Selon les dernières estimations, 18 pays seraient prêts à envoyer des hommes, 4 des femmes, les 5 derniers hésitant encore entre plusieurs candidatures. La nouvelle Commission pourrait alors ressembler à un gouvernement saoudien selon Jean Quatremer.

Pour tenter d’inverser la tendance, la société civile a décidé de se mobiliser sur le web afin de favoriser et de soutenir les candidatures féminines.

L’ancienne Présidente de la Lettonie, Vaira Vike-Freiberga, dispose ainsi d’un site entièrement dédié à sa candidature au poste de présidente du Conseil européen. On peut la soutenir en signant une pétition ou utiliser un module qui permet de contacter son propre gouvernement (Bernard Kouchner pour la France). On retrouve également tout un argumentaire sur les qualités et les atouts de Mme Vike-Freiberga pour exercer la fonction. Bref, un véritable site de campagne qui contraste avec les négociations secrètes menées par la présidence suédoise.

L’autre initiative concerne le futur Collège de la Commission européenne. Le site « Gender Balanced Commission » milite pour qu’au moins un tiers des commissaires soient des femmes. Mission impossible ? Pas si sûr. Le Parlement européen est aujourd’hui composé d’un tiers de députées toutes sensibilités politiques confondues. De quoi donner des sueurs froides à M. Barroso lors de l’audition des commissaires.

La Suède a en tout cas montré l’exemple aujourd’hui. Alors que les appels se multiplient pour féminiser Bruxelles, Stockholm a tranché en décidant d’envoyer sa jeune ministre des Affaires européennes, Cecilia Malmström, à la Commission.

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