Le groupe de Visegrad agace Nicolas Sarkozy

Le Président de la République française, Nicolas Sarkozy, a peu apprécié la semaine dernière que la Hongrie, la Pologne, la République tchèque et la Slovaquie se réunissent en amont du Conseil européen pour accorder leurs positions sur les sujets prévus à l’ordre du jour de la rencontre entre les chefs d’Etat et de gouvernement. « S’ils devaient se réunir régulièrement avant chaque conseil, cela soulèverait des questions », a déclaré le chef d’Etat.

Depuis le début de l’année, les quatre pays de groupe de Visegrad se sont rencontrés à deux reprises. Une fois avant le sommet de mars – pour discuter des mesures à prendre face à la crise économique – et l’autre fois la semaine dernière – pour se pencher sur les questions climatiques et institutionnelles

Egalement dénommé le V4 ou triangle de Visegrad, ce groupe trouve son origine en 1335, lorsque les rois tchèque, polonais et hongrois se rencontrèrent dans la ville hongroise de Visegrad. Le triangle (Tchécoslovaquie, Hongrie, Pologne) s’est ensuite reconstitué au lendemain de la chute du système soviétique, pour faciliter l’intégration des trois anciennes républiques socialistes à l’OTAN puis l’Union européenne.

Le V4 incarne aujourd’hui une vision politique qui correspond aux spécificités de l’Europe centrale. Atlantistes convaincus, toujours méfiants à l’égard de Moscou, les quatre pays se distinguent également de leurs partenaires dans les domaines de l’environnement ou de l’énergie (la dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie est une de leurs principales préoccupations). La coordination au sein du groupe de Visegrad permet ainsi d’arriver au Conseil avec des positions plus fortes.

Un diplomate polonais n’a pas manqué de souligner l’aspect « deux poids, deux mesures » du reproche élyséen. La France et l’Allemagne sont les premières à se réunir avant les Conseils pour ajuster leurs arguments et leur donner plus de poids ensuite dans les négociations. Et le couple franco-allemand n’est pas le seul à harmoniser ses positions. La solidarité ibérique (Espagne, Portugal), l’alliance nordique (Suède, Finlande, Danemark) ou encore les déclarations communes du Benelux (Belgique, Pays-Bas, Luxembourg) sont des grands classiques de la diplomatie communautaire.

2 commentaires

  1. Monsieur le Président de la République Nicolas Sarkozy se sentirait-il en danger ? Considère-t’il les pays de l’Europe Centrale comme des petits (enfants) qu’il faudrait sans cesse surveiller ?
    Je trouve une déclaration de ce genre pour le moins irrespectueuse, voir même déplacée !
    Si nous voulons pouvoir travailler efficacement avec nos partenaires européens, il faut savoir respecter leur indépendance et leur libre arbitre, et donc le droit de se concerter entre eux avant de venir à la table de l’UE.
    Si nous avions besoin de « diviser pour mieux régner » (horreur !) je trouverais cela extrêmement gênant.
    Sarko se prend décidément trop pour un roi !

  2. Je suis tout à fair d’accord avec Florent.
    Sarkozy ne cesse d’afficher son mépris à l’égard des « petits pays » d’Europe centrale. Mais je crois que les citoyens de ces pays ne sont pas dupes et savent à quoi s’en tenir au sujet de son arrogance.
    C’est sans doute le roi du monde, que notre président rêverait d’être !

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