Europe is wasting its « Obama Moment »

Les Européens sont en train de perdre Obama. C’est ce qui ressort des conclusions d’un rapport intitulé « Towards a post-American Europe : A Power Audit of EU-US Relations » publié, lundi dernier, par le think tank « The European Council on Foreign Relations ». Les deux auteurs du document n’y vont pas par quatre chemins. Selon le Britannique Nick Witney, ancien directeur de l’Agence européenne de défense, et l’Américain Jeremy Shapiro, chercheur à la Brookings institution, les Européens se dispersent inutilement à Washington et entretiennent une relation « fétichiste et infantile » à l’égard des Etats-Unis. Une attitude qui exaspère l’Oncle Sam à l’heure où les Etats-Unis cherchent à s’appuyer sur des alliés crédibles.

Tout semblait indiquer pourtant le début d’une nouvelle ère avec l’élection de Barack Obama. Une ère marquée par la compréhension, la coopération et l’action coordonnée. Pendant huit ans, les relations US-UE avaient profondément souffert de la politique étrangère menée par l’administration Bush, l’épisode le plus douloureux restant la division spectaculaire des Etats membres lors de l’intervention militaire américaine en Irak. Il était donc temps de tourner la page et de relancer le partenariat euro-américain.

Mais un an après son élection, Barack Obama a perdu patience. Partisan d’une « strong European Union », le président américain est déçu par l’esquive des responsabilités pratiquée par certains Etats membres. En particulier dans le domaine de la sécurité. Afghanistan, Russie, conflit au Proche-Orient, Washington constate, mois après mois, le manque de crédibilité stratégique des Européens sur ces dossiers. Exceptés le Royaume-Uni et la France, les autres pays s’en remettent d’ailleurs au parapluie militaire américain pour assurer leur propre sécurité et refusent d’augmenter les crédits de leurs budgets « défense ». Pour reprendre les termes du néo-conservateur Robert Kagan, Mars ne comprend plus Venus.

C’est dans ce contexte que les conclusions du rapport sonnent comme un avertissement. Selon M. Witney et M. Shapiro, les Européens doivent cesser de déployer des stratégies d’influence divergentes. Les chercheurs rappellent qu’Obama cherche avant tout à s’adresser à un partenaire unique doté d’une doctrine d’action cohérente et intelligible. Dans ce monde post-américain où les pouvoirs se redistribuent en faveur d’Etats émergents, Washington adapte sa diplomatie de manière pragmatique. Il devient donc urgent pour les Européens de bâtir des positions communes susceptibles d’être entendue et prise en compte par la Maison Blanche.

Le temps presse. Hier, alors que se tenait le sommet euro-américain, M. Obama a préféré envoyé son vice-président, Joe Biden, pour le déjeuner de travail avec M. Barroso, le président de la Commission européenne et M. Reinfeldt, le Premier ministre suédois qui assure actuellement la présidence tournante du Conseil européen. Un signe qui ne trompe pas.

3 commentaires

  1. Cette étude semble avoir trouvé le point faible de l’Europe.En effet,à force de parler en désordre,aucune vraie décision ne peut s’appliquer et le Président Obama, avec la meilleure volonté ne peut savoir quelle seront les réactions des européens,donc il n’en tient pas compte ,ce qui est tout-à -fait logique.C’est de notre faute.Appliquons le traité de Lisbonne au plus vite !

  2. L’Europe va se doter d’une présidence stable et d’un haut représentant aux affaires étrangères. Ce sera sans doute un plus.
    Mais il n’existe pas encore de sentiment de la citoyenneté européenne (même si je l’appelle de mes vœux les plus fervents). Il faut faire avec !
    On fonctionne certes dans un monde ouvert et mondialisé, il n’en reste pas moins que les peuples des différentes nations européennes se sentent encore peu voir pas du tout unis les uns aux autres !
    Même si ce serait pratique d’un point de vue politico-fonctionnel, il faut faire avec ce manque d’unité, car ce serait manquer de respect aux peuples européens et donc au peuple européen que de mépriser ce poly-nationalisme.

  3. Bien sûr, les Américains profitent toujours de notre pusillanisme (il « faut faire avec, etc… »).D’accord avec Wackenheim, noe élites politiques portent une lourde responsabilité.(cf la baisse actuelle d’Erasmus et le puissant esprit européen de nos systèmes scolaires…).

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