Président du Conseil européen : un portrait robot made in US

Qui sera le prochain président du Conseil européen ? Avec la probable entrée en vigueur du traité de Lisbonne début 2010, les spéculations vont bon train à Bruxelles et dans les capitales pour savoir qui occupera le nouveau poste prévu par le traité réformateur. Des noms circulent ici ou . Mais il est aujourd’hui très difficile de donner l’identité du futur « chairman » européen.

Le processus de désignation pour une telle fonction résulte en effet d’une alchimie européenne très complexe : critère géographique (Nord/Sud) ; critère de taille (grand pays/petit pays) ; critère d’ancienneté (les nouveaux Etats membres/les Etats fondateurs)… Bref, de nombreuses considérations doivent être prises en compte pour dresser le portrait robot du futur président du Conseil. Et à ce jeu, nos confrères américains proposent leur « guide » pour s’y retrouver dans les coulisses de Bruxelles.

Foreign Policy, l’un des magazines américains de référence sur les affaires étrangères, a ainsi dressé un tableau répertoriant les candidats potentiels et leur « eurocompatibilité » avec ce que devrait être selon eux le futur « EU president ». Les critères déterminants sont les suivants :

« First, the president should be, well, boring — like Brussels itself. Politicians have knocked down candidates for being too controversial or too outspoken. Second, he should likely hold center-right or Christian Democratic political tendencies, given that Europe itself is headed that direction. Third, he should come from a country that uses the euro — showing full fealty to the concept of the union. Fourth, he should come from a small European country — anything other than Britain, France, Germany, and Italy, which normally dominate the union’s affairs. Finally, two wild-card characteristics: He should ideally speak French and have opposed the 2003 U.S. invasion of Iraq — if not at the time, then soon afterward. »

Voilà, pour récapituler, il faut que le président du Conseil européen soit un ancien opposant à la guerre d’Irak en 2003, qu’il soit « ennuyeux », de centre-droit, membre de la zone euro, issu d’un petit pays, et qu’il pratique idéalement la langue française. Ce qui disqualifie d’office Tony Blair – pour son côté pro-guerre, et hors zone euro – et favorise clairement le Bénélux. Selon le tableau de Foreign Policy, deux candidats se détachent nettement  du reste du lot : le Premier ministre hollandais, M. Balkenende, et le Premier ministre luxembourgeois, M. Junker.

Il manque cependant un critère très « made in EU » dans cette nomenclature US. Les Européens sont en effet attachés à ce que les « gender » (hommes/femmes) soient équitablement représentés au sommet de l’Union. Une femme pourrait ainsi venir troubler le jeu des négociations. On pense notamment à Mary Robinson, l’ancienne présidente de la République d’Irlande. 

Faites vos jeux !

1 Commentaire

  1. Merci de mentionner le critère de genre ! Vous vous démarquez ainsi de la masse des articles qu’on a pu lire jusqu’à maintenant qui citent à grande majorité, uniquement des noms d’hommes. La candidature possible de Mary Robinson a cela d’intéressant qu’elle a été portée non pas par les médias traditionnels ou par les chefs d’Etat mais sur Internet, par des groupes de citoyens qui croient vraiment qu’elle ferait une excellente candidate. Parfait exemple de la potentialité d’Internet à faire entendre sa (ses) voix.

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