Référendum sur le traité de Lisbonne : dites-lui « yes »

L’Europe retient son souffle. Demain, à la même heure, le continent connaîtra le verdict irlandais sur le traité de Lisbonne aussi appelé traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. L’UE sera alors fixée sur son sort institutionnel pour les années à venir.

Enfin. Car ces 10 années de discussions techniques menées par les diplomates et les juristes, auront fini par épuiser une opinion publique européenne bien plus préoccupée aujourd’hui par les effets de la crise sur l’emploi et l’économie que par les questions institutionnelles. A raison.

Comment fédérer des peuples autour d’un acte juridique de droit international ? Le patriotisme constitutionnel, cher à Jürgen Habermas, trouve ses limites. On ne rassemble pas 500 millions d’Européens sur des protocoles ou des stipulations. L’Union doit agir, intervenir là où elle est attendue, montrer son utilité dans un monde globalisé qui se recentre sur l’Asie, cette grande dame du XXIe siècle.

Mais pour cela, il faut des règles permettant d’organiser l’action et si possible de la faciliter. C’est ce que permet le traité de Lisbonne en simplifiant notamment le processus décisionnel. La nouvelle architecture décisionnelle répond à une critique majeure, son manque de légitimité, en associant davantage le Parlement européen aux décisions et en incluant les parlements nationaux dans la discussion.

Ce que l’on demande à l’Union, c’est également d’être autre chose qu’un simple gendarme du marché intérieur. L’Europe, si elle veut rester dans l’Histoire, doit en effet se doter de nouveaux instruments : une politique étrangère, une politique de défense, une politique énergétique. Si elle veut se rapprocher de ses habitants, elle doit appliquer d’autres règles que celles de la libre concurrence. De nombreux chantiers sont à explorer ou à approfondir telles que la politique sociale, la politique du sport ou la politique industrielle.  

Parce qu’il avance dans tous ces domaines de nouvelles pistes, le traité de Lisbonne mérite un « yes » irlandais. Il est nécessaire pour relancer ce grand projet politique voulu par les survivants de deux guerres mondiales. Et relever les défis de notre temps.

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