Commissaires européens : les dernières tendances

Alors que José Manuel Barroso prépare son grand oral devant le Parlement européen, les chancelleries nationales s’activent en coulisses pour négocier les portefeuilles de leurs futurs commissaires. Chaque Etat désigne en effet son « champion » qui, après une audition devant les eurodéputés, siège au sein du Collège, la véritable instance exécutive de l’UE.

Les maroquins les plus prisés sont les portefeuilles économiques (concurrence, marché intérieur, affaires économiques et monétaires). Mais le nouveau poste régalien prévu par le traité de Lisbonne – le Haut représentant pour les Affaires étrangères – attise également les convoitises des Etats membres.

Allemagne : tout dépendra des résultats des élections nationales de septembre. Du côté de la CDU, l’actuel ministre de l’intérieur, Wolfgang Schäuble, tiendrait la corde. Côté SPD les noms de Martin Schulz, le patron des socialistes européens et de Peer Steinbrück, l’actuel ministre fédéral des Finances, reviennent souvent.

Autriche : La coalition au pouvoir socialiste/chrétienne démocrate (SPO/OVP) n’a pas encore arrêté son choix. On parle de l’ancien chancelier Alfred Gusenbauer (PSE) pour le SPO ou d’Ursula Plassnik ou de Wolfang Schüssel pour l’OVP.

Belgique : Karel de Gucht (ADLE). Homme politique flamand et ancien ministre des affaires étrangères, il a remplacé, selon le principe de rotation linguistique, le francophone Lous Michel au poste de commissaire européen au développement et à l’aide humanitaire. Il pourrait changer de portefeuille avec le renouvellement complet du Collège.

Bulgarie : Meglena Kuneva ne sera pas reconduite. Le nouveau gouvernement en place à Sofia penserait à Roumiana Jeleva (PPE), une sociologue actuellement membre du Parlement européen.

Chypre : l’actuelle commissaire à la Santé, Androulla Vassiliou (ADLE), veut être renouvelée. Mais le gouvernement (PSE) pourrait lui préférer un autre candidat.

Danemark : Mme Fischer Boel (ADLE) pourrait être renouvelée. Mais d’autres noms circulent à Copenhague. Eva Kjer Hansen (ministre de l’agriculture) ou encore Bertel Haarder (ministre de l’éducation) seraient intéressés par le poste.

Espagne : Joaquin Almunia (PSE) est le candidat de Madrid et devrait normalement être reconduit pour un second mandat après avoir occupé le « département » des affaires économiques et monétaires.

Estonie: Siim Kallas (ADLE). Commissaire actuel à l’Administration et à la lutte anti-fraude, Siim Kallas devrait rester, son gouvernement l’appuyant. Son principal fait d’armes, le registre « Kallas », qui répertorie les lobbyistes habilités à pénétrer l’enceinte du Berlaymont.

Finlande : Olli Rehn, (ADLE) devrait rempiler à nouveau. Il a réalisé un très bon travail à la tête du département « Elargissement » et, cerise sur le gâteau, la Slovénie pourrait lever son blocage au processus d’adhésion de la Croatie à l’Union européenne. Il ambitionnerait de devenir le prochain « ministre des affaires étrangères » de l’UE.

France : Michel Barnier (PPE). Ancien commissaire européen à la politique régionale (1999-2004), Michel Barnier a été élu député européen en juin dernier. Le président de la République a laissé entendre à plusieurs reprises qu’il faisait partie de la « short list » des candidats français. D’autres noms ont circulé dont celui de Christine Lagarde pour occuper éventuellement un gros portefeuille économique (concurrence, marché intérieur).

Grèce : Stavros Dimas, unanimement reconnu par ses pairs pour sa grande maîtrise des questions environnementales, ne devrait finalement pas être reconduit par Athènes. Dora Bakoyannis, l’actuelle ministre des affaires étrangères, serait intéressée par le poste de Haut représentant.

Hongrie : le commissaire actuel à la fiscalité, Laszlo Kovacs (PSE), pourrait être remplacé par l’actuel ministre des Affaires étrangères, Péter Balázs (PSE).

Irlande : Pat Cox (ADLE). L’ancien président du Parlement européen, qui mène actuellement campagne en faveur du oui pour le traité de Lisbonne, serait à nouveau tenté par Bruxelles. Mais la candidate la plus sérieuse pourrait être Mary Harney, l’actuelle ministre de la santé.

Italie : Antonio Tajani (PPE), un proche de Berlusconi, est l’actuel commissaire aux transports. Il pourrait être maintenu à ce poste. Néanmoins, l’Italie lorgnerait le poste de Haut représentant de l’UE. Dans ce cas, Franco Frattini ou Mario Mauro pourraient occuper le poste.

Lettonie: Le commissaire actuel à l’Energie, Andris Piebalgs, pourrait rester en poste à Bruxelles.

Lituanie : Algirdas Šemeta, qui vient juste de remplacer Mme. Grybauskaite, devait être un commissaire temporaire. Il pourrait garder son poste.

Luxembourg : Viviane Reding (PPE). L’actuelle commissaire en charge de la société de l’information et des nouveaux médias a été élue députée européenne en juin dernier mais a décidé de ne pas exercer son mandat. Elle pourrait rester commissaire dans le prochain Collège et occuper un nouveau portefeuille.

Malte : Le commissaire en charge de la Pêche, Joe Borg (PPE), est candidat à sa reconduction.

Pays-Bas : Frans Timmermans (PES), l’actuel ministre hollandais aux Affaires européennes, pourrait succéder à Neelie Kroes. Peuvent être candidats également Piet-Hein Donner (ministre des Affaires sociales) ou Cees Veerman (ancien ministre de l’agriculture, déjà candidat en 2004).

Pologne : Janusz Lewandowski (PPE). Ancien président de la commission parlementaire « Budget » au Parlement européen, M. Lewandowski a été choisi par le Premier ministre Donald Tusk pour remplacer Pawel Samecki, l’actuel commissaire à la Politique régionale. Varsovie viserait un poste économique de première importance (affaires économiques et monétaires, le marché intérieur ou les entreprises et l’industrie).

Portugal : José Manuel Barroso (PPE). Ancien premier ministre du Portugal et actuel président de la Commission européenne, le Parlement européen doit se prononcer le 16 septembre prochain sur sa reconduction à la tête de l’exécutif bruxellois. C’est la seule candidature officielle à ce poste.=

République tchèque : il faudra attendre le résultat des élections législatives anticipées (octobre) pour y voir plus clair.  Parmi les candidats potentiels, l’actuel commissaire européen à l’Emploi, Vladimir Spidla (PSE) qui souhaiterait rester à Bruxelles. L’ancien Premier ministre Mirek Topolanek (ECR) se verrait bien revenir également sur le devant de la scène

Roumanie : pas de candidat déclaré mais un portefeuille visé officiellement : l’agriculture. La Roumanie – « Etat agricole » – souhaite en effet obtenir le poste de commissaire à l’Agriculture au sein de la nouvelle Commission européenne. Elle est déjà soutenue par la France, autre « Etat agricole ». Entré dans l’UE en janvier 2007, Bucarest dispose actuellement d’un commissaire au Multilinguisme, un poste qui, selon les analystes, ne reflète pas le vrai poids politique de ce pays de 22 millions d’habitants.

Royaume-Uni : Shriti Vadera, (PSE). Catherine Asthon, l’actuelle commissaire britannique devrait être remplacée par Mme. Vadera. Gordon Brown préférerait voir la ministre de la Compétitivité économique et des Petites entreprises occuper ce poste plutôt qu’envoyer à Bruxelles un poids lourd comme Lord Patten.

Slovaquie : Deux candidats sont en lice. L’ancien ministre des affaires étrangères, Jan Kubis (PSE), ou l’actuel, Miroslav Lajcak, qui était il y encore peu haut représentant de l’UE en Bosnie-Herzégovine.

Slovénie : Janez Potočnik (ADLE) devrait rester en poste au Berlaymont. La seule alternative sérieuse pourrait être l’ancien Premier ministre, Anton Rop.

Suède : Carl Bildt, (PPE). L’actuel ministre des affaires étrangères suédois fait figure de favori pour le poste de Haut représentant. Mais Paris s’opposerait à cette candidature jugée trop « pro-Turquie » aux yeux de Paris.

3 commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *