François Fillon, président de la Commission européenne ? (suite)

C’était au début de l’été. Alors que M. Barroso se voyait opposer une fin de non-recevoir pour sa reconduction estivale, Daniel Cohn-Bendit lançait l’idée d’une candidature alternative, celle du Premier ministre français, François Fillon. Jugée peu probable alors, elle avait tout de même suscité une réaction « intriguante » de l’ambassadeur suédois à Paris, Gunnar Lund :

« La position de la présidence suédoise est simple, c’est M. Barroso qui a été choisi par le Conseil européen, nous souhaitons sa reconduction. Si jamais on se trouve dans une situation où il faut lancer une autre candidature donc d’autres noms, François Fillon apparait comme un homme de très grande qualité qui pourrait être un président de la Commission européenne très impressionnant ».

Sommes-nous arrivés dans cette « situation » ?


Et bien selon les dernières informations du Monde, nous pourrions nous en approcher à grands pas. D’après le quotidien du soir, « François Fillon, entend se poser en recours pour diriger la Commission européenne si le président sortant, José Manuel Barroso, ne parvient pas à rassembler une majorité d’eurodéputés sur son nom d’ici à fin septembre, ou si un second non irlandais, lors du référendum du 2 octobre sur le traité de Lisbonne, crée une telle tempête qu’il faudra changer de tête pour l’Europe. »

L’on savait les socialistes, les verts et les libéraux déjà réticents à l’idée de reconduire M. Barroso pour un second mandat à la tête du Berlaymont. Cette fois-ci, avec l’option d’une candidature d’un poids lourd de la démocratie chrétienne européenne, certains députés PPE – les Français notamment  – pourraient être tentés par la dissidence et fragiliser la position unitaire du parti populaire européen.

Le Monde rappelle que M. Fillon dispose de « discrets soutiens au sein de la formation conservatrice, qu’il fréquente assidûment et qui veut absolument que le président de la Commission soit issu de ses rangs. » De quoi inquiéter sérieusement José Manuel Barroso qui jusqu’à présent ne voyait aucune autre candidature se dresser sur son chemin.

3 commentaires

  1. C’est intéressant comme spéculation, même comme information, mais malheureusement il y a eu trop de présidents français/francophones au long de l’histoire de la Commission. Après Barroso, la logique institutionnelle (équilibre géographique) dit que ça devrait être au tour d’un nordique, même un anglophone…

  2. Je ne crois pas à la possibilité de M Fillon d’ être élu en qualité de Président de la Commission, pour des raisons qui sont d’ ailleurs esquissées dans l’ article du Monde.

    Mais, il n’ y a jamais de fumée sans feu, aussi je pense que derrière cette pseudo-candidature ( par ailleurs démentie) il y a certainement une inquiétude face à la possibilité d’un refus par le PE d’entériner la désignation de M. Barroso par le Parlement européen, …que cela soit de 16 septembre ou lors de la session d’ octobre !
    Cette fausse candidature venue d’un proche de Nicolas Sarkozy n’ aurait-elle pas pour but de donner le feu vert à une (ou plusieurs) autre candidature PPE, pouvant présenter une alternative crédible.
    Pour ce qui me concerne, je pense que 5 années à ce niveau de responsabilité devraient suffire à un seule homme. L’ Europe mérite régulièrement du « sang neuf » !

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