L’analyse de Thierry Chopin sur les élections européennes de 2009

Thierry Chopin enseigne les questions européennes au Collège d’Europe et à Sciences Po. Il revient pour Touteleurope.fr, sur les résultats des dernières élections européennes. Nouvel équilibre politique du Parlement, malaise de la social-démocratie, le directeur des études de la Fondation Robert Schuman tire les leçons de ce scrutin mal-aimé. Extraits.

Touteleurope : Quel bilan tirez-vous du scrutin de juin 2009 ?

Thierry Chopin : Il convient de dire d’abord un mot sur la question de la faiblesse de la participation. Sur ce point, les dernières élections européennes de juin 2009 ont été caractérisées en effet à nouveau par une forte abstention (43% en moyenne au sein de l’Union européenne). Au risque de surprendre, si ce niveau de participation n’est certes pas satisfaisant, il n’est pas catastrophique.

D’abord, il se situe dans la moyenne des élections à double niveau qui ont lieu dans les systèmes politiques fédéraux : à titre d’exemple, le taux de participation lors des élections de mid-term au Congrès américain en 2006 a été de 36,8% !

Ensuite, cette relative faiblesse de la participation est somme toute assez logique pour des élections où les enjeux politiques ne sont pas aisés à percevoir : ces élections ne décident pas encore clairement du choix de l’exécutif mais de choix législatifs ; par ailleurs, ces derniers sont obtenus dans 2 cas sur 3 dans le cadre de larges consensus trans-partisans, même si des clivages politiques s’expriment de plus en plus nettement sur certains enjeux (par exemple socio-économiques). Autrement dit, sans visages ni clivages clairs, il devient difficile de susciter un intérêt civique important pour ce scrutin.

Enfin, et de manière plus conjoncturelle, la crise économique et financière a sans doute eu pour conséquence de reléguer au second plan l’intérêt pour les élections européennes au profit d’enjeux nationaux (le niveau national étant jugé, à tort ou à raison, plus protecteur et en tout cas rassurant). La crise a eu aussi pour conséquence de mettre en avant davantage les institutions de l’UE qui ont été en première ligne pour y apporter des réponses. Il y a eu vraisemblablement une « prime aux décideurs » qui a relégué au second plan les institutions « délibératives » comme le Parlement européen, qui n’était pas dans le « bon tempo », si l’on peut dire, par rapport à la Banque centrale européenne, aux Etats membres (réunis au sein du Conseil européen) et aussi à la Commission mais dans une moindre mesure.

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