Grève à Cafebabel

Un communiqué signalant une grève de 24 heures au sein de l’association cafebabel.com nous est parvenu aujourd’hui. Les 7 employés signataires souhaitent « ainsi exprimer [leur] profonde inquiétude face à l’avenir de l’association pour laquelle [ils travaillent], suite aux départs consécutifs de cinq de [leurs] collègues depuis mai 2009 ».

« Nous avons l’impression de subir les conséquences de la grave crise budgétaire et humaine que traverse l’association. Ce constat est fait après plusieurs mois d’une réflexion collective intense et engagée de la part des salariés grévistes : cette grève est l’expression d’un profond malaise au sein de l’équipe de cafebabel.com », continue le communiqué.

Afin d’en savoir plus sur les difficultés de l’association, nous avons contacté son directeur de la communication, Alexandre Heully.


Ce dernier n’a pas souhaité réagir au communiqué. En revanche, il nous a fait part des difficultés de financement qui touchent les sites Internet d’information sur l’UE.

« Les grands médias en général sont en complète restructuration, notamment les médias papier qui effectuent une transition vers le Web », a-t-il rappelé. « Au même titre que Touteleurope, Cafebabel a l’avantage d’être un ‘pure player’, et d’ouvrir un peu la brèche de modèles économiques durables.

Pour les médias européens, notamment sur le Web, le défi va être de savoir si l’on peut dépendre uniquement de pouvoirs publics et de subventions ou d’appels à projets européens, ou si l’on va devoir se financer par la publicité. Mais dans les médias de niche, cela va être très difficile.

En ce qui nous concerne à Café Babel, il est aussi très important de sécuriser des financements pluriannuels, comme c’est le cas pour d’autres médias comme Euractiv, dans lequel l’Etat a un rôle à jouer. Le nouveau statut d’éditeur en ligne, qui est en cours d’adoption via la loi Hadopi, pourrait vraiment favoriser cette reconnaissance des médias sur le Web.

Les financements européens peuvent être très importants, mais ils sont difficiles à obtenir : ils demandent beaucoup d’expérience et de savoir faire dans ce domaine là. En ce qui nous concerne, la Commission européenne comme le Parlement européen sont des partenaires qui comptent, au même titre que la région Ile-de-France, les partenaires régionaux, l’Etat français… on arrive à trouver un équilibre entre les financements publics et les financements privés liés à des fondations. Mais l’année 2009 est difficile pour tout le monde, parce que certains financements publics ont été réduits (notamment au sein des affaires européennes), et aussi parce que beaucoup de fondations européennes ont été touchées par la crise, elles vont se recentrer sur des initiatives locales et laisser l’Europe de côté.

La problématique des financements se retrouve dans tous les pays européens. Tout le monde a été touché, même s’il semblerait que les Allemands s’en sortent un peu mieux. Dans le domaine de la philanthropie, le revers est assez généralisé. Cela va de -20 à -40% de dotations pour les grandes fondations européennes ».

L’ensemble de la presse européenne cherche son modèle. Nous souhaitons que Cafebabel, un magazine de référence sur les questions européennes, trouve le sien.

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