Bureau du Parlement européen : où sont les Français ?

Les 736 eurodéputés étaient à Strasbourg cette semaine pour assister à la session inaugurale du nouveau Parlement européen. L’élection symbolique de l’ancien premier ministre polonais, Jerzy Buzek, au poste de Président du Parlement européen a attiré toutes les attentions mais dans les coulisses de Strasbourg, d’autres fonctions influentes ont été mises aux voix.

Les 14 Vice-présidents et les 5 questeurs, tous membres du Bureau, ont ainsi été désignés. Parmi eux, aucun député de l’Hexagone. Dans cet organe chargé de toutes les grandes décisions administratives relatives au fonctionnement du PE, les Français ne seront pas représentés. Une première.

Dans les rouages de l’Europarlement, le Bureau occupe une place stratégique. Il prend toutes les décisions relatives aux affaires courantes de l’assemblée. L’élaboration du règlement intérieur ou encore la politique immobilière sont par exemple de la compétence de cet organe. Autant dire qu’un dossier aussi sensible que le maintien du siège du PE à Strasbourg échappera dorénavant aux Français.

Dans la mandature précédente le député Vert Gérard Onesta avait pourtant montrer l’utilité d’une présence française en obtenant l’une des vice-présidences : en charge des affaires immobilières du Parlement européen, M. Onesta avait su négocier au mieux des intérêts de la capitale alsacienne la crise provoquée par l’effondrement d’une partie du plafond de l’hémicycle, le 6 août 2008.

Pourquoi dès lors avoir abandonné la gestion quotidienne de l’assemblée ? Michel Barnier, le chef de la délégation française au sein du PPE, a expliqué cette absence par un choix tactique. La répartition des postes d’influence obéit en effet à une obscure règle, dite de Hondt. Cette formule mathématique proportionnelle complexe pondère le poids des différentes forces politiques au Parlement. Dès lors il fallait faire des choix, chaque poste « coûtant » un certain nombre de points.

Sur le blog de Jean Quatremer, Joseph Daul a explicité le deal négocié par sa formation politique : « la délégation française du PPE s’en sort très bien, puisqu’elle obtient la présidence de la commission du budget et celle de la sous-commission de la défense. Nous ne pouvions à la fois avoir ces postes et une vice-présidence. Nous avons donc sacrifié la vice-présidence ».

Les autres grandes délégations n’ont pas suivi le même raisonnement : trois Britanniques, trois Allemands, deux Italiens et deux Espagnols sont membres du Bureau. La stratégie française reste ainsi isolée dans une institution où l’on sait très bien que l’intendance compte tout autant que la tribune politique.

1 Commentaire

  1. La défense de Strasbourg est d’une désuétude totale. Trouverait-on ça logique de déplacer régulièrement notre parlement de Paris à Marseille, histoire de contenter les français du Nord et du Sud ?
    Arrêtons de chercher à ne vexer personne et agissons !

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