Omar Ba : conteur ou imposteur ?

Nous avions rencontré Omar Ba à l’occasion de la sortie de son deuxième livre « Je suis venu, j’ai vu, je n’y crois plus » (Ed. Max Milo, 2009), récit poignant dans lequel il témoigne de la dure condition d’immigré en Europe et de ses désillusions face au paradis imaginé.

L’auteur a depuis fait le tour des médias pour (vendre son livre et) délivrer son message aux Africains : « au lieu de risquer votre vie pour venir en Europe, rêvez d’Afrique ». Un discours qui interpelle à la fois les Européens, plus familiers de l’affrontement binaire entre maîtrise chiffrée des flux migratoires et ouverture des frontières, et les Africains, dont les espoirs se tournent vers l’Europe dès le plus jeune âge.

L’ennui, révèle aujourd’hui Le Monde en page 3, c’est que « tout ou presque est faux ».


Son premier témoignage, « Soif d’Europe. Témoignage d’un clandestin » (Editions du Cygne, 2008), est ainsi « truffé d’incohérences et d’anachronismes. Les descriptions des lieux, les noms des rues, les situations, en Libye, sur l’île italienne de Lampedusa, autour de l’enclave espagnole de Mellila, à Madrid, aux Canaries et ou à Paris ne collent pas ». Les nombreuses preuves avancées par Benoît Hopquin, l’auteur de l’article, appuyées par des aveux partiels du principal intéressé, laissent ainsi peu de doutes quant au bien-fondé de l’accusation.

Le journaliste conclut alors sur la réaction des deux maisons d’éditions. Bien que « surpris et troublé » par ces faits, l’éditeur Max Milo souhaite rester solidaire « de la cause et de l’analyse qu’Omar Ba défend dans son essai, parce qu’il n’y a pas de doute sur la tragédie de l’immigration clandestine ». Le directeur de collection aux Editions du Cygne défend un autre point de vue : « S’il a menti, cela fera du mal à la cause des clandestins qu’il prétend défendre ».

Voir la vidéo (07’01)



22 commentaires

  1. Je disais à un ami combien ce livre était fantastique, c’est alors qu’il m’a fait part de l’article du « Monde »… Evidemment je suis déçue car on a toujours tendance à idéaliser les artistes, à savoir confondre contenu et contenant… Il n’en reste pas moins que son livre est un témoignage criant de vérité, narré de manière très sobre. Ce n’est pas tant le voyage qu’il décrit, mais le fait d’être un étranger, la différence culturelle, les failles du modèle occidental… Je n’ai pas terminé ma lecture, et même si je ne suis pas sure que la personne me plaise, le livre lui me ravit.
    Nima

  2. J’admire le courage d’Omar! Ce n’est pas donné à tout le monde de dire haut et fort aux jeunes africains et à qui veut l’entendre que l’Europe n’est pas l’Eldorado que l’on croit en Afrique. Nous devons avant tout rêver pour l’Afrique. L’Afrique détient les ressources necessaires pour se reconstruire. La premiere ce sont ces jeunes, diplomés ou non…
    Quant à l’article du monde, cela ne m’etonne pas! Il s’agit d’un syteme de desinformation. Nous sommes en France voyons, ne croyez pas tout ce que racontent les journaux…la vérité dérange toujours…
    Bon Courage Omar

    Yves

  3. bonjour

    sans vouloir entrer dans la polémique sur la véracité ou non des propos, non seulement écrits mais également tenus en public et agrémentés de larmes et de tremblements d’émotion par Omar Ba, quelques rectifications tout de même sur cet article bien peu documenté.
    soif d’europe est le premier livre publié par Omar Ba au début 2008 dans lequel il fait le témoignage (fictif) de ce que peut être le périple d’un immigré africain clandestin vers l’Europe et invite ses jeunes frères africains à rever leur continent.
    “je suis venu, j’ai vu, je n’y crois plus” est le second ouvrage du sénégalais dans lequel il poursuit sa thèse sur les difficultés d’intégration en France.
    c’est bien soif d’europe qui est l’objet de critiques en ce moment.
    en effet après enquete il se trouve que de nombreux faits, endroits décrits prouvent que Omar Ba se situe bien dans la fiction. Pourtant pendant la période de promotion de son livre, l’étudiant Sénégalais ne s’est pas fait prier pour donner du JE et l’accompagner de larmes et autres tremblements. C’est bien cela qui lui est reproché. par ailleurs il est vrai qu’il est étonnant de voir que le monde a attendu le 7 juillet 2009 pour “sortir” ces infos dont on s’aperçoit très vite (une simple recherche sur internet le prouve) qu’elles étaient disponibles depuis la sortie du premier livre…
    travaillant en relation avec le monde de l’édition je m’étonne aussi que l’éditeur d’Omar Ba ait sciemment utilié ce périple pour faire la promotion d’un deuxième ouvrage qui est complètement “statique”. En effet le dossier de presse accompagnant le deuxième ouvrage s’appuie essentiellement sur le trajet pour le moins atroce décrit par monsieur Ba dans son premier ouvrage…
    l’édieteur s’attendait il a une telle polémique? a-t-il attendu/souhaité le buzz autour de ce mensonge connu ? est ce la conséquence de l’intrusion de plus en plus notoire du marketing dans l’édition en particulier et dans la culture en général?
    ces questions là importent mais beaucoup moins évidemment que le fond du propos, et c’est uniquement là que je vous rejoint…

  4. Pauline, vous posez de bonnes questions et remarques à la fin de votre commentaire. Petite précision cependant : notre étudiant sénégalais en est à son 4eme livre, les deux premiers l’un anti-Sénégal (‘pauvre Sénégal’), l’autre anti-France (‘La france, une république ?), ayant passé inaperçu, Ba a choisi l’angle victimaire et misérabiliste pour se faire remarquer par les médias (et rencontrer un « public »)… A méditer.

  5. Le livre d’Omar Ba est un témoignage poignant sur ce qu’il a vécu et sur ce que beaucoup d’Africains vivent en croyant venir trouver l’Eldorado en France. Mais l’Eldorado n’existe que dans l’imaginaire…
    Un autre monde est possible, avec des pays africains forts et conscients de leurs richesses (matérielles mais aussi et surtout humaines) et de tout ce qu’ils peuvent entreprendre…
    L’Europe ne sait plus qui elle est : elle ne croit plus en rien à part à l’argent, la crise financière et à toutes sortes d’idioties comme la consommation et que Dieu n’existe pas.
    L’Afrique doit croire en elle, ses jeunes doivent se battre pour leur continent, défendre ce qui fait sa force, et avec l’aide de Dieu, sera le continent exemplaire au siècle prochain.
    Bravo Monsieur Omar Ba pour ce livre ! Le Sénégal a besoin de vous pour les années qui viennent et demain, peut-être l’Afrique…

  6. Peut-être qu’il a menti… Mais c’est vrai – il faut que les jeunes africains arrêtent de se jeter à la mer pour rejoindre l’Europe – Les immigrés ne sont pas heureux en Europe, ils sont juste là pour travailler, et envoyer de l’argent pour faire vivre leur famille au pays! Ils sont dans un pays inconnu, loin de leur famille… pour certains se sont des années de galère… Je vois pas pourquoi on s’acharne sur OMAR BA! Même si il a pas personnellement vécu son histoire d’autres l’on vécu !

  7. MERCI MR BA. Il faudra malheureusement encore beaucoup d’autres témoignages par livres,films,pièces de théatre etc pour éviter des morts car même ceux qui n’ont pas faim et ne manquent de rien rêvent de partir : et ça fait mal.

  8. Omar a besoin de soutien, car il faut des gens comme lui pour faire remuer le couteau dans la plaie, donner espoir aux Africains que leur continent vaut mieux que d’autres, et qu’un nouvel etat d’esprit est de rigueur.Peu importe ce qu’Omar ecrit soit vrai ou faux, c’est le message qui compte pour reveiller L’Afrique, en esperant que d’autres Africains le suivent.Respect.

  9. cher ami je voulais juste te dire que tu t’es pris pour le messi de l’Afrique, le sujet de l’immigration est très complexe, je ne pense pas que tu es convaincu par tes affirmations a moins que tu montres l’exemple.
    ne te sert pas de ces milliers de gens qui aspirent a un monde meilleur.garde toi de donner des leçons.
    Tu n’as peut être pas réussi dans cette aventure,ça peut être le contraire pour d’autres.
    La vie humaine est sujette a un perpétuel mouvement. c’est comme ça depuis la nuit du temps.

  10. Je travaille en préfecture dans un service « étrangers ». Ces préfectures, surtout celle d’Ile-de France, ou des immigrés, en arrivant vers 4-5 h du matin, patientent plusieurs heures pour le renouvellement de leurs titres de séjour. Etant fonctionnaire, et témoin à l’intérieur de l’administration qui surveille,autorise,renouvelle,administre en fait les immigrés en France, je peux témoigner de la difficulté de plus en plus grande pour ces « étrangers » de vivre, ou survivre en France. Année après année, nous voyons l’affluence dans nos services augmenter. Nous devons chaque année de plus en plus de dossiers de renouvellement, la charge de travail augmente en conséquence…Et du côté politique et ministérielle, la priorité est à la réduction des effectifs de fonctionnaire, en particulier dans les services « étrangers », ces services, dixit une autorité prefectorale , « n’étant pas une priorité ».
    J’adhère totalzement aux propos du livre d’Omar Ba, l’ avenir des africains n’est pas forcément et fatalement en Europe.
    En espérant que ces paroles de bon sens fassent leurs chemins.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *