Institutions européennes : le mercato a commencé !

Une semaine après les élections européennes, c’est une nouvelle campagne qui se prépare dans les coulisses de Bruxelles. A l’occasion du prochain Conseil européen des 18 et 19 juin, les 27 devraient décider d’entériner la candidature de José Manuel Barroso qui postule pour un second mandat à la tête de la Commission européenne.

Derrière cette décision très politique, c’est tout un « paquet » de postes que les capitales négocient. Les portefeuilles au sein du futur collège des commissaires et les prestigieuses responsabilités prévues par le traité de Lisbonne font en effet l’objet de toutes les attentions. Sur la Toile, le grand mercato de l’Union a déjà commencé.

La résolution de « l’équation Barroso » mobilise ces derniers jours tous les observateurs de la vie politique européenne. D’un côté, des paramètres maîtrisés, de l’autre, des incertitudes à lever.

Certaines données sont connues. Le Conseil européen soutiendra la candidature de l’actuel président de la Commission européenne. C’est logique pour Jean Quatremer. « La droite dirige 21 pays sur 27 et a gagné les élections européennes du 7 juin. Le Conseil européen des chefs d’État et de gouvernement ne peut donc choisir qu’un homme de droite, comme le prévoit le traité de Nice. LE PPE ayant apporté son soutien à l’actuel président de la Commission en avril dernier, tout comme l’ensemble des dirigeants européens de droite (…), la désignation de Barroso ne fait aucun doute. » Du côté du Conseil, il n’y aura donc pas de surprise.

Mais une inconnue de taille demeure et elle ne sera levée qu’en juillet. Il s’agit de la position du Parlement européen. José Manuel Barroso doit en effet obtenir l’aval des eurodéputés, nouvellement élus, pour décrocher définitivement un second mandat. Selon Jean Quatremer, « avec le traité de Nice, une majorité simple lui suffit : fort de 264 députés sur 736, le PPE, soutenu par une partie des 80 libéraux, pourrait donc emporter la décision. Avec le traité de Lisbonne, le jeu devient plus compliqué puisqu’il faudra alors réunir une majorité absolue des députés, soit 369 voix. »

Néanmoins, s’opposer à Barroso supposerait la constitution d’une coalition couvrant un large spectre politique allant de la gauche radicale de la GUE aux libéraux de l’ADLE. Il faudrait également se mettre d’accord sur le nom d’un concurrent. Le nom de Guy Verhofstadt, l’ancien premier ministre belge, a ainsi été avancé. Mais d’après les informations de Jean Quatremer, la délégation socialiste française refuserait, au sein du PSE, d’appuyer cette candidature.

Mau!e, sur Coulisses de Bruxelles, résume assez lucidement la situation : « l’équation Barroso a des inconnues mais elle semble devoir être résolue en faveur du sortant ». Dans le même temps, le PSE et le PPE pourraient finalement conclure un accord politique de cogestion comme lors de la précédente législature. C’est ce que pense Alain Lamassoure sur les Euros du village.

Pour cimenter cet accord, tout un paquet de postes serait actuellement négocié par les Etats. Selon Challenges, les postes nouvellement créés par le traité de Lisbonne pourraient ainsi revenir aux sociaux-démocrates du PSE et aux libéraux de l’ADLE. Felipe Gonzales, l’ancien premier ministre socialiste espagnol aurait le soutien de Nicolas Sarkozy pour la présidence du Conseil européen tandis que Guy Verhofstadt décrocherait le futur « département d’Etat » de l’Union.

Les capitales surveillent également de près la répartition des portefeuilles au sein de la prochaine Commission. Paris lorgnerait sur le marché intérieur, tandis que Berlin s’intéresserait aux affaires économiques et monétaires.

Beaucoup de conjectures, mais une certitude : les Etats ont repris la main sur la « mécanique » communautaire. A moins que le Parlement ne s’en mêle…

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