Revue de Web : « le Parlement européen ne sait pas donner le spectacle de l’affrontement »

Faut-il se fier aux enquêtes d’opinion ? Question classique en période électorale, les sondages décortiquant les intentions de votes des citoyens n’échappent pas à l’examen attentif de la Toile à l’approche du scrutin du 7 juin prochain.

Pour le Blog Europe de la Tribune, la dernière enquête commandée par le Parlement européen semble indiquer un « renversement de tendance » alors que depuis trente ans, la participation électorale aux Européennes est en chute constante. Désormais, 49 % des citoyens européens sont certains d’aller voter contre 34 % lors de la précédente enquête d’opinion. Petit rappel : en 2004, la participation s’élevait à 45 %

Déjà, les réactions des internautes fusent sur le Blog de Jean Quatremer, pour contester cette enquête « institutionnelle » dont les résultats ne concordent pas vraiment avec ce qu’annoncent les instituts français. « Bizarre, s’interroge ainsi Léa sur Coulisses de Bruxelles, « à deux semaines du scrutin, l’institut Ipsos évoque une abstention supérieure à 60%. »

Et Thytan de renchérir : « J’avoue que j’ai un peu de mal à garder mon calme devant cette avalanche de sondages contradictoires. En France, on parlait d’un désintérêt vis-à-vis de l’Europe à 62% lors de l’émission d’hier soir d’Yves Calvi et aujourd’hui l’abstention ne serait plus qu’à 55%? C’est incompréhensible! J’invite les internautes à se méfier de tous ses sondages. »

Les tendances dégagées par ces enquêtes ne devraient pas pour autant perturber l’ordre d’arrivée au soir du 7 juin. L’abstention sera la grande gagnante de ces élections. Et Jules de Diner’s room de s’interroger à juste titre sur le caractère « congénital » de cette pathologie de la démocratie européenne. Pour le blogueur de la République des blogs, « le parlement européen ne sait pas donner le spectacle de l’affrontement » d’où le désintérêt des citoyens pour l’organe démocratique de l’Union.

Comment remédier dès lors à ce mal ? Pour la plupart des spécialistes ès affaires européennes, le problème réside dans le manque de sujets de débats réellement européens. La crise du lait pourrait peut être en devenir un. C’est tout du moins ce que suggère le Blog « Où sont passés les candidats ? » du Monde.fr. Mais certains commentateurs restent dubitatifs. Ainsi Papamalou : « ‘ le lait, un enjeu de campagne ? Moins de 100000 producteurs réels résiduels… cela fait longtemps que ce n’est plus une population qui pèse sur une élection, quelle qu’elle soit ! »

Certes, mais la colère des producteurs de lait pourrait tout de même fragiliser certaines candidatures comme celle de Michel Barnier. A l’origine des décisions prises par le Conseil dans ce domaine, en tant que ministre de l’agriculture, la tête de liste UMP en Ile-de-France doit aujourd’hui condamner une initiative de la Commission qu’il a pourtant initialement appuyée. Pour Marianne2, « c’est assurément le cocktail explosif d’une Europe en panne d’écoute à 15 jours des élections ».

2 commentaires

  1. Ce n’est pas le spectacle qui manque c’est l’engagement européen des politiciens nationaux. D’autre part le Parlement s’est trompé dans l’angle de communication sur les élections. Créer un enjeu pour les élections est important.Les vrais enjeux sont les thématiques qui nous concernent tous. L’avenir de la PAC, par exemple. Pourquoi le Parlement n’a pas sorti le débat intéressant de Strasbourg dans la rue (aujourd’hui la rue c’est plutôt la toile:) au lieu de nous bombarder avec des spots « aller voter » et « c’est vous qui décidez ». On décide, certes, mais quoi?
    http://hristo.blog.lemonde.fr/2009/

  2. Les médias et une partie de l’opinion ne s’intéresseraient qu’aux situations fortes, marquées par des affrontements spectaculaires ? Ce n’est pas nouveau. C’est même un trait caractéristique de « l’exception française », dans le champ du politique comme dans celui des rapports sociaux.
    On est loin de la méthode communautaire visant l’intérêt général et instaurée par Jean MONNET ; une démarche laborieuse et peu spectaculaire dans laquelle le système d’enjeux s’enrichit des multiples confrontations (plutôt qu’affrontements) que cela implique pour tirer l’Europe vers le haut.
    C’est ce que développe Monique BELTRAME dans son article « Faut-il mesurer les enjeux des élections européennes à l’aune des affrontements médiatiques ? » qu’elle vient de publier dans le blog des Mouvements européens du Sud-Est http://mesudest.blog.lemonde.fr/
    Lire son article : http://mesudest.blog.lemonde.fr/wp-

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