Opération séduction pour José Manuel Barroso

Attaqué de toutes parts en France, traité de zombie par François Bayrou, d’ultra-libéral par à peu près tout le monde, le Président de la Commission européenne sort de son silence à deux semaines des élections européennes pour défendre son bilan et préparer les esprits à sa reconduction annoncée.

Dans la foulée de son entretien accordé à plusieurs journaux européens, dont le Monde, José Manuel Barroso a répondu aux questions des internautes de Touteleurope.fr et des lecteurs de Metro International :

Solennel, le Président de la Commission adresse en ce moment sur son « vidéblog » un message d’incitation au vote à ses « compatriotes européens ». C’est moins sexy que la campagne du PEJ, mais cela permet de constater une nouvelle fois que le chef de l’exécutif européen s’exprime dans un Français parfait. Un détail apparemment insuffisant pour redresser sa cote de popularité dans l’Hexagone.

Jean Quatremer souligne l’insistance de Barroso a être nommé rapidement, en vertu des règles du Traité de Nice. « On peut comprendre son impatience : avec le traité de Lisbonne, il devra obtenir une majorité absolue des membres du Parlement alors qu’une majorité relative des votants suffit avec Nice. Or, après cinq ans de règne, les eurodéputés savent à quoi s’attendre (…) Homme du libre marché il est, homme du libre marché il restera. »

Entre deux éditos, sur un trottoir parisien, Christophe Barbier, de l’Express, trouve le temps de commenter la « campagne » de Barroso et s’énerve des discussions concernant la probable reconduction du Portugais : « Que tout cela est compliqué. On nous monte encore une usine à gaz. Résultat : les Européens, en particulier les Français, vont s’éloigner encore plus du sentiment européen (…) Droite et gauche font n’importe quoi ».

Barroso serait-il le mal aimé du web européen ? Plusieurs groupes Facebook ont vu le jour pour protester contre un second mandat. En outre, trois des blogueurs les plus actifs sur les questions européennes, Valéry-Xavier Lentz, Jan Seifert et Jon Worth, sont à l’origine à l’automne dernier du lancement de la campagne de lobbying online Anyone But Barroso. Mais leur pétition est actuellement inaccessible « à cause d’un taux anormal de connexions depuis des adresses IP enregistrées au Portugal ». Mouvement collectif de Lusitaniens en colère ou action coordonnée de fans de Barroso pour faire « planter » le site ?

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