La Turquie dans l’Union européenne : yes, we can ?

Ces derniers jours, les blogueurs avaient les claviers tournés vers l’Est.

Prague dimanche, Ankara lundi et Istanbul mardi. Dans chacune de ces villes,  le président américain a été très clair : il souhaite voir la Turquie rejoindre l’Union européenne.

Londres et Bruxelles ont applaudi. Berlin et Paris ont par contre signifié poliment mais rapidement aux Américains que cette question se règlerait … sans eux.

Les blogs politiques ont réagi aussi rapidement qu’Angela Merkel et Nicolas Sarkozy. Et aux questions débattues en ce moment  sur le web – Quelle régulation pour le capitalisme ? Quelle stratégie pour l’OTAN ? – s’en est ajoutée une autre sur le blog de Jean Quatremer : « le Mexique, 51e État des États-Unis d’Amérique ? »

Le journaliste de Libération a ainsi imaginé  « Angela Merkel, présidente de l’Union européenne, nouvellement élue, soutenant lors de son voyage au Mexique, l’adhésion de ce pays aux Etats-Unis ». Bref, une transposition fictive de la situation européenne outre atlantique.

Cet exercice de politique fiction salué dans les nombreux commentaires est amusant à première vue mais il révèle aussi un certain malaise dans les relations euro américaines au lendemain de la tournée d’Obama, censée marquer un nouveau départ entre les deux rives de l’Atlantique.

Pour Jean Quatremer, comme pour le Chafouin, sur Pensées d’outre politique, le problème n’est pas tant la candidature de la Turquie que l’ingérence de la Maison Blanche dans les affaires intérieures de l’Union.

D’autres commentaires, plus rares, se montrent plus compréhensifs : après tout,  Obama n’impose rien, il ne fait que soutenir. « Combien de fois des dirigeants européens se permettent de dire aux Américains, aux Africains, aux Chinois etc. ce qu’ils doivent faire ».

Ingérence ou pas, la blogosphère n’a pas tardé à aborder l’autre question, celle qui fâche et divise les Européens eux-mêmes : pour ou contre l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne ?

Le Chafouin est catégorique : « une adhésion turque (…) tuerait dans l’oeuf les velléités de construire cette Europe politique ». Les commentaires sur son blog abondent en ce sens : « L’adhésion de la Turquie ne se conçoit que si l’on abandonne toute tentative d’Europe politique, pour se limiter à une simple zone de libre échange ».

Koztoujours partage la même analyse que Quatremer : l’Union Européenne est bien autre chose qu’une simple zone de libre-échange de type ALENA. Et c’est sûrement cet aspect que le président américain a ignoré ou voulu ignorer.

Mais à quelles fins ? Des commentateurs perçoivent dans les propos de M. Obama, la volonté de voir l’Union devenir un simple grand marché dénué des attributs classiques de la puissance : une armée et un système politique intégré.

D’autres, comme Pierre Rousselin sur son blog Géopolitique, ne voient dans l’attitude du chef d’Etat américain que l’antienne traditionnelle de la politique étrangère américaine : la.

La Turquie est dans le camp « occidental » et la meilleure manière de maintenir ces liens privilégiés, c’est qu’elle entre dans l’Union.

Sur un ton presque sérieux, Koztoujours propose une nouvelle piste :  » l’intégration de la Turquie aux Etats-Unis. »

Pas sûr que cette pirouette sémantique suffise à désamorcer cette nouvelle polémique sur l’adhésion de la Turquie, à deux mois des élections européennes.

9 commentaires

  1. en d’autres temps(sommet europen de copenhague), un certain colin powell avait déjà téléphoné pour donner ses directives afin que les trvaux du sommet correspondent uax intérêts américains – donc rien de bien nouveau sous le soleil! du reste, faut-il rappeler à tous ces obamaniaques que dans son discour d’investiture – qui doit poter aussi sur lafuture politique étrangère – obama n’a jamais prononcé le mot « europe »! ce qui montre tout l’intérêt qu’il nous porte! il est vrai que si nous avions une vraie politique étrangère unitaire, les choses seraient différentes! on peut toujours réver! au fait la turquie est bien une démocratie? problème kurde, pratique de la torture, non égalité de l’homme et de la femme, non reconnaissance de la partie « grecque » de chypre(qui fait partie de l’ue!!!) pour ne citer que celà!

  2. La Turquie est bien sûr une démocratie.Malgré qu’il y a des efforts à faire.Les Turcs ont dit oui pour la réunification de chyptre, la partie turque est restée en dehors de l’Europe et la partie grecque est en Europe.Voilà l’Europe.Quel pays voudra que son pays soit divisé est-ce que la France acceptera un Alsace, un Corse,une Bretagne…indépendant.

  3. 99,5 pour cent de musulmans…. il n y a aucun racisme derriere cette affirmation juste l expression d un mécontentemen de l acceptation de ce pays dans une europe chrétienne!! les extremistes religieux de ce pays ne se comptent plus et l instabilité politique est trop grande !! se souvient on du genocide arménien?

  4. Le problème n’est pas tant les musulmans que le fait que la Turquie qui représente 20% de la population européenne n’apportera que 2% du PIB européen et les sièges européens sont attribués en fonction du poids démographique même si aujourd’hui cela est biaisé. Que feront nous en cas de crise avec un pays musulmans amis de la Turquie? De plus, la pauvreté turque poussera les populations à venir vers l’ouest, et cela génèrera un certain problème niveau emploi..vive la suppression des frontières..
    Ajoutez à cela une frontière commune avec l’Iran et on a tout gagné.

    Bref, très très mauvaise idée cette entrée turque

  5. Pour ou contre l’entrée de la Turquie ? Il s’agit certainement d’une question importante et difficile. Elle ne me parait par pour autant urgente. Il y a, du reste, je crois, à ce sujet un calendrier dont je ne vois pas pourquoi il ne serait pas respecté. Si nous voulons une Europe politique, il ne me semble pas utile de complexifier un contexte qui l’est déjà suffisamment. Nous avons surtout besoin de trouver les voies de la construction de cette Europe politique, et surtout d’identifier le projet autour duquel elle peut s’édifier. Qu’est-ce qui spécifie la culture Européenne ? Quelles sont les valeurs qui la caractérisent, et qui peuvent exercer un pouvoir d’attraction pour lui redonner un nouveau souffle, et la rendre crédible auprès de la majorité de ses « citoyens » !

  6. @ Neron: On a déjà le problème de la migration vers l’ouest avec les peuples des Balcans et de l’ancienne Union Sovietique, et puis on a tous des communautés musulmanes intégrées dans nos pays de l’UE, donc, je ne vois comment votre argument peut faire du sens dans ce contexte.

  7. union europeenne :
    tous les pays membres de cette union sont en eurpoe
    on peut tout dire mais IL Y A UN FAIT IMPORTANT ET VITAL la turquie N EST PAS EN EUROPE

    ou alors changeons de nom et union de tous les pays

    le suis fier d’etre citoyen

  8. La Turquie est un pays de 70 millions d’habitants, en plein développement, qui est un marché inouï. L’adhésion de la Turquie à l’Europe ouvre des perspectives à nos entreprises même si cela ouvre des perspectives aussi à la Turquie, dont les entreprises exporteraient plus chez nous. Une augmentation, dans les deux sens, des marchés commerciaux, est une bonne chose pour les deux. En terme d’emplois, en termes de développement, en termes de formation des hommes et des femmes engagés dans ce processus, tout le monde progresse.
    Deuxièmement, concernant les affaires intérieures de la Turquie. La Turquie est un pays à l’immense destinée, 2000 ans d’histoire. Les peuples turcs ont régné quasiment de Vienne à Pékin. Territorialement, la Turquie est le pays le plus humilié du monde dans la restriction que les faits de guerre ont posé à son territoire et à sa grandeur, la guerre de 14-18 en premier lieu. Elle s’en souvient. C’est en plus un pays à la force de tradition militaire. Elle sait se battre. Au long de cette longue histoire, il y a une vraie expérience. Depuis 25-30 ans maintenant, elle est le seul pays au monde qui a réussi à garder une diplomatie active et de confiance, avec les Arabes d’un côté, notamment les Palestiniens, et aussi Israël. Elle a une alliance stratégique et militaire avec Israël. Il y a des manœuvres communes d’aviation, d’entraînements etc. Elle est aussi membre de l’organisation des Etats islamiques et complice des réflexions du monde musulman tout autour. C’est un point formidable à une diplomatie européenne qui voudrait aussi être non partisane mais qui n’a pas d’armée et la Turquie apporte la deuxième armée la plus forte de tout le Moyen-Orient, sinon la première. Ce sont des points considérables

    De plus, la Turquie est située dans un certain endroit du monde, entre les ressources pétrolières du Moyen-Orient et celles du Caucase. Les conditions géographiques font que la Turquie est l’endroit central de circulation des pipelines de gaz ou de pétrole, qui amènerait le gaz ou le pétrole en Europe sans passer par la Russie. Or monsieur Poutine a décidé de faire du gaz une arme de contrôle diplomatique à l’encontre des récepteurs de ce gaz. La Turquie devient l’enjeu central d’une autonomie ou d’une défense devant tout ça. Je ne comprends pas pourquoi l’Europe n’arrive pas à se mettre d’accord sur le fait qu’il y a une urgence absolue à passer un bel et un bon accord de franchise et de loyauté sur le fait que la Turquie est européenne comme elle le montre bien.

  9. 95 % DE LA POPULATION EN FRANCE, sont tous, soit des immigrés, des étranger ..

    Est ce qu’il y a des pures francais ?

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