PS : les listes de la discorde

La publication, le 28 février dernier, des listes du Parti socialiste pour les élections européennes a donné lieu à de nombreux commentaires sur le web, dont la teneur est bien résumée par Eurojunkie et Jean Quatremer.

Principale critique adressée au parti d’opposition : dans la nomination de ses candidats éligibles, le PS a privilégié la représentation équitable de ses courants, au détriment des députés européens sortants considérés comme les plus compétents.

Le site Rue 89 risque fort de relancer la polémique en publiant aujourd’hui une enquête au titre sans équivoque : « le Parti socialiste récompense les fainéants ». Evoquant d’entrée la « fronde » menée par le Maire de Lyon Gérard Collomb (notamment depuis son blog, où il appelle à un remaniement des listes), le journaliste Julien Martin explique qu’il a cherché à départager les protagonistes de cette nouvelle bataille interne en réalisant un « classement des députés européens socialistes sortants ».

Ce palmarès a été réalisé en fonction de leur présence à Strasbourg et à Bruxelles, mais aussi de leur activité de parlementaire (nombre de rapports rédigés, de questions posées, d’interventions en plénière…). Le résultat confortera les déçus au sein du parti de Martine Aubry : « nombre de députés européens les plus travailleurs ne sont pas sur ces listes (ou en position non éligible pour Béatrice Patrie). Et inversement: ceux qui se sont le moins investis les cinq dernières années sont en mesure de postuler pour un nouveau mandat ».

Une simple querelle politicienne, sans incidence sur le cours de la construction européenne ? Pas vraiment, quand on connaît le fonctionnement du Parlement européen et l’importance d’y envoyer des députés expérimentés. Comme l’explique Nicolas Gros-Verheyde, correspondant à Bruxelles du quotidien Ouest-France, « cela permet d’influer sur les votes, les amendements, les textes. Et d’obtenir les rapports importants. Ceux-ci, explique un habitué des travées, sont souvent répartis ‘entre anciens' ».

L’eurodéputé sortant Gilles Savary, relégué à une position non éligible alors que son travail semble faire l’unanimité, l’exprimait à sa façon sur son blog, dans un billet au ton désabusé : « un autre enseignement que je livre à l’attention des futurs députés européens socialistes, c’est qu’à de très rares exceptions près, on ne peut pas être un Parlementaire européen conséquent et prétendre durer. Tout simplement parce que l’un dépend de la présence en Commissions Parlementaires à Bruxelles, et l’autre d’un incessant grenouillage au siège du Parti ».

A contre-courant des réactions offusquées des principaux commentateurs de la vie européenne, on trouve cette position originale de Gus, sur Publius : « le PS français me semble acter de sa prise de conscience du rôle réel des institutions en n’affectant qu’un minimum de ses réels moyens aux débats sans enjeux du Parlement Européen. Ce qui, à mes yeux du moins, est un signe de pragmatisme et de maturité politique ».

1 Commentaire

  1. La crise est trop grave pour que le PS perde les européennes !

    Le projet PS n’est toujours pas audible du grand public, les derniers sondages le prouvent.

    Un appel à la direction du PS a donc été lancé pour frapper beaucoup plus fort :

    http://www.plusloinplusvite.fr
    (déjà 3200 signatures de toutes tendances, dont de nombreux élus, membres du CN/BN, 1ers secrétaires fédéraux…)

    L’objectif par exemple, mentionné dans cet appel, de créer 2 millions d’emplois en CDI est tout-à-fait réalisable avec des solutions actuellement expérimentées avec succès en France.

    Encore faut-il que la direction du PS daigne prendre ses responsabilités face à la gravité de cette crise…

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