La campagne des européennes se jouera-t-elle sur Twitter ?

C’est la question (légèrement ironique) qu’on pourrait se poser au vu du buzz suscité par cet outil de microblogging crée en 2006, qui semble désormais dépasser le cercle des geeks. L’utilisation efficace de Twitter par l’équipe de campagne de Barack Obama n’est certainement pas pour rien dans l’engouement suscité par cette nouvelle martingale du web social.

Quelques députés européens ou candidats s’y sont mis, à l’instar du Britannique Graham Watson (qui « utilise Twitter pour tenir au courant ses électeurs de la façon dont il travaille pour [eux] ») ou Michel Barnier (dont on apprend que le 30 janvier dernier, il a « déjeuné avec Rachida dans un petit restaurant qu'[il] connaît bien »). Les blogueurs européens les plus fameux y sont également depuis un certain temps (citons Kosmopolit, Jon Worth ou encore Stefan Happer).

Mais voilà. Comme à chaque fois qu’un nouvel outil de communication s’impose sur la toile, se pose immédiatement la question de son utilité. Dans un billet daté de mi-janvier, Eurojunkie s’interrogeait : « Twitter sert-il à quelque chose ? ». A le lire, pas vraiment en matière de communication politique, « ni Margot Wallström ni la Présidence Tchèque, (…) ni Bruno Le Maire n’ayant de présence ». On peut en revanche y glaner des informations et des liens intéressants auprès de journalistes et blogueurs qui suivent de près les affaires européennes.

Citizen Europe racontait récemment comment il avait fini par apprivoiser la bête, après bien des tâtonnements. Réunir des informations, promouvoir son travail et entretenir son réseau : tels sont pour lui les trois avantages offerts par Twitter. Plus un quatrième apport potentiel : « avoir un accès permanent à des représentants démocratiquement élus qui répondraient directement aux questions des citoyens concernés, sans un attaché de presse qui les prenne par la main ».  Un rêve (ou un cauchemar, c’est selon) de transparence démocratique qui suppose que les politiques jouent le jeu.

Dans un billet consacré au sujet, Julien Frisch y voyait pour sa part un exemple de « la nature auto correctrice des petits groupes (la blogosphère européenne étant certainement un petit groupe) ».

Alors, Twitter : un gadget pour happy few ou le nouvel eldorado de la politique en ligne ? Des chercheurs du Centre d’ Études Comparées en Communication Politique et Publique promettent d’en faire le bilan lors d’un séminaire programmé le 19 juin prochain, à l’issue des élections européennes.

Sans attendre leurs conclusions, Touteleurope.fr a décidé de se lancer dans le bain en ouvrant un compte sur Twitter. Nous tâcherons de partager avec ceux qui veulent bien nous suivre des liens, des découvertes, des coups de cœur, mais aussi d’y révéler quelques pans de la vie de la rédaction. Avis aux amateurs…

[Touteleurope sur Twitter]

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