Sur le web, quelques pistes pour sortir de la crise institutionnelle

Passées les premières réactions au non irlandais, qui vont du coup de gueule (contre les dirigeants européens, contre les Irlandais, contre les « nonistes » de gauche) au coup de pompe, les militants de la cause européenne se remobilisent pour  proposer des solutions à la nouvelle crise institutionnelle qui frappe l’Union européenne.

Comme en 2005, des voix s’élèvent en faveur de l’organisation d’un référendum européen. Ainsi, Jean-Pierre Bobichon de Sauvons l’Europe propose d’envisager à terme « un référendum unique au sein des Etats membres de l’Union le même jour,  sur la même question en se mettant d’accord politiquement sur un seuil assez élevé de double majorité entre le nombre d’Etats membres et le nombre de citoyennes et citoyens qui se seraient exprimés et qui permettrait la validité de la consultation populaire. »

On trouve aussi des partisans d’un changement de méthode dans la réforme des traités, comme Allegro Vivace : « la Convention, en associant parlementaires nationaux et européens et représentants des gouvernements nationaux et de la Commission, avait innové en rompant avec les habituelles CIG (…) Il faut s’appuyer sur cette innovation ».

Mais il s’agit sans doute là d’échéances lointaines. Pour l’heure, Jean-Dominique Giuliani suggère « de donner aux Européens l’occasion de s’exprimer tous ensemble sur une même question politique » à l’occasion des élections européennes de juin 2009. Une manière de politiser ce scrutin serait de « personnaliser et d’européaniser l’élection en annonçant le choix d’un leader qui conduirait des listes nationales alliées et qui serait voué à présider la Commission en cas de victoire de ses listes ». Profiter des élections européennes pour « redéfinir le projet européen avec les citoyens », c’est aussi le message des Jeunes Européens France.

On trouve également des partisans d’une rupture avec l’unanimisme de l’Europe à 27, par la constitution d’un « noyau dur » : « la France, écrit Francis Rosenstiel sur Relatio, se doit, avec l’Allemagne et ceux, même peu nombreux qui voudront s’y joindre, de donner très rapidement le ‘la’ des orientations politiques nouvelles. L’idée d’une Europe à plusieurs vitesses (…) vaut mieux que les valses- hésitation, ou les ‘processions d’Echternach’ où l’on sautille d’avant en arrière (…) L’Europe politique requiert un « esprit commando » une exemplarité motrice, clairement énoncée et affichée ».

Une fausse bonne idée pour Robert Toulemon : « certains rêvent d’une Europe des projets qui se substituerait à celle des institutions, comme si les projets pouvaient se passer d’un cadre institutionnel légitime et efficace. D’autres rêvent d’une avant-garde fédérale dont s’excluraient les sceptiques. Mais où est la volonté politique extrêmement forte sans laquelle un tel projet ne pourrait surmonter les oppositions de tous ceux qui refusent une Europe forte et plus encore si elle devait s’organiser sans eux ? »

Réalistes ou utopiques, les propositions pour sortir du marasme ne manquent pas, résumées en sept points par Jean Quatremer : rendre l’Europe plus attentive aux problèmes quotidiens, renforcer la légitimité du Parlement européen, démocratiser la nomination des dirigeants européens, impliquer davantage les parlements nationaux, démocratiser le fonctionnement du Conseil européen des chefs d’État et de gouvernement, permettre une Europe à plusieurs vitesses et organiser un référendum européen sur les objectifs de l’Union. Le journaliste de Libération écarte en revanche l’idée, fort prisée par certains électeurs français, d’une renégociation des traités ou de la convocation d’une assemblée constituante européenne.

Enfin, pour permettre aux pro-européens de garder le sourire, Rue 89 relaie dix propositions d’internautes pour se « réconcilier » avec l’Europe. « A la différence de celle de 2005, la crise de confiance due au non irlandais fait émerger des idées nouvelles », constate David Servenay. Et si finalement le non irlandais s’avérait salutaire pour l’Europe ?

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