« Tous Irlandais », les nonistes français célèbrent le rejet du traité de Lisbonne

Sur le web, les opposants à la Constitution européenne, qui estimaient les Français floués par l’absence de référendum sur le nouveau traité, saluent unanimement le résultat du vote irlandais. Tous en savent gré aux Irlandais d’avoir voté « par procuration » (comme l’écrit le député Nicolas Dupont-Aignan) à la place de ceux qui n’en avaient pas la possibilité. Mais, à l’image de ce qui s’était passé en 2005, ils ne tirent pas forcément les mêmes enseignements de ce résultat.

Chez les tenants du « non de gauche », on salue une victoire du « peuple », le mot qui revient le plus souvent dans les principales déclarations. Pour Yves Salesse, de la Fondation Copernic, « il est temps de comprendre que l’Union européenne menée sans l’avis des peuples ou contre l’avis des peuples est une impasse ». Même son de cloche chez ATTAC : « Quand le peuple est consulté, il répond. Écoutons-le ! »

On polémiquera longtemps sur le motif principal d’un « non » qui vient clôturer  une campagne aux enjeux multiples. Pour Raoul-Marc Jennar, « le peuple a exprimé son rejet non pas de l’union des peuples d’Europe, mais d’une Union européenne qui détruit les avancées démocratiques et les acquis sociaux ». L’ancien député communiste Jean-Claude Lefort confirme sur Bellaciao : « contrairement aux propos haineux entendus contre le peuple irlandais, les raisons du succès du non sont certes multiples mais aussi dominées par la question sociale. Plus les quartiers qui votaient étaient populaires et plus le non l’a emporté ».

Michel Soudais, du journal Politis, écarte à sa manière l’argument selon lequel un petit nombre d’Irlandais ne peut décider du sort de l’Europe : « les parlementaires qui ont déjà ratifié le traité de Lisbonne, ou qui s’apprêtent à le faire, seront toujours moins nombreux que les 862 415 électeurs irlandais qui ont dit no ».

Tout aussi réjoui mais inquiet pour la suite, Jean-Luc Mélenchon sonne l’alerte : « les grandes manoeuvres vont commencer pour essayer de contourner le vote des Irlandais. Un nouveau combat commence donc pour faire respecter ce Non ». Raoul-Marc Jennar exprime les mêmes craintes et conclut son commentaire sur un ton martial : « L’Union européenne ? La forme moderne du despotisme. La Commission européenne ? Une Bastille à prendre ».

A l’autre bout du spectre politique, la victoire de la souveraineté populaire se transforme en triomphe de la souveraineté nationale. « Ce vote sonne comme un rejet massif de la dérive anti-nationale et anti-démocratique de l’Europe de Bruxelles », indique Philippe de Villiers, qui confesse avoir bu « du mousseux irlandais dans son bureau du Conseil général de Vendée » à l’annonce des résultats.

« Alléluia ! s’exclame Jean-Marie Le Pen dans une vidéo publiée sur le site du Front National, dans laquelle un trèfle à quatre feuilles apparaît à l’arrière-plan. Le chef frontiste y va lui aussi de ses remerciements : « nous devons dire un grand merci à ce petit peuple qui avait déjà joué un grand rôle dans l’évangélisation de l’Europe (…). Ceci est une indication de la volonté de la promouvoir une Europe des nations, souveraines, unies entre elles par des intérêts communs ».

Non à l’Europe libérale, non à l’Europe bureaucratique, non à l’Europe supranationale… Si le non irlandais est multiforme, son interprétation par les anti/alter-européens français l’est tout autant.

3 commentaires

  1. A lire aussi la réaction des vrais gaullistes et des républicains de l’UNION DU PEUPLE FRANCAIS suite à ce choix de nos amis Irlandais en cliquant sur le lien ci-joint.

    Cordialement,

  2. Ils se foutent vraiment de nous. A part Le Pen je ne vois pas bien lesquels de ces individus peut vraiment revendiquer un lien idéologique avec le non réactionnaire de jeudi dernier.

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